Nissan : le Kicks vient prendre la place du Juke en Europe
Passé à la trappe en version hybride, le Nissan Juke a laissé un vide béant dans la gamme européenne de Nissan. Pour le combler, le constructeur japonais introduira prochainement un nouveau petit SUV : le Kicks.
Nissan Kicks. Ce nom ne vous dit rien ? C’est normal, puisque ce petit SUV au positionnement urbain, déjà commercialisé sur de nombreux marchés à travers le monde, notamment en Amérique du Nord et au Japon, n’est pas encore proposé chez nous. Mais il s’apprête enfin à débarquer en Europe !
Il viendra renforcer l'offre du constructeur japonais sur le segment des SUV compacts et urbains, où il se positionnera en quelque sorte en alter ego hybride du nouveau Nissan Juke qui, lui, doit faire le choix de la motorisation électrique. Le Juke thermique est mort, vive le Kicks !
Un nouveau petit SUV urbain et hybride
Le Kicks n’est pas vraiment un petit nouveau à l’échelle mondiale. Lancé il y a une dizaine d’années, il est entré dans une nouvelle génération en 2024 sur certains marchés. Mais son arrivée en Europe va s’accompagner d’une adaptation particulièrement importante : l'adoption de la technologie e-POWER.
La version européenne étrennera la troisième génération de cette motorisation, déjà utilisée sur le Qashqai. Une technologie hybride originale où les roues sont exclusivement entraînées par le moteur électrique. Le bloc essence n'est donc pas directement relié à la transmission : il sert de générateur afin de produire l'électricité nécessaire au fonctionnement du moteur électrique et à la recharge de la batterie.
Une architecture qui permet de conserver certains avantages d'une voiture électrique à l'usage, notamment une réponse immédiate à l'accélérateur et une conduite particulièrement douce, tout en supprimant la contrainte de la recharge sur une borne.
Kicks et Juke : Nissan va jouer sur deux tableaux
L'arrivée du Kicks ne signifie pas pour autant que le Juke va disparaître. Nissan prépare plutôt une nouvelle répartition des rôles dans sa gamme européenne.
D'un côté, le futur Juke doit basculer vers une motorisation entièrement électrique. De l'autre, le Kicks permettra au constructeur de conserver une proposition électrifiée fonctionnant uniquement avec du carburant. Nissan pourra ainsi continuer à s'adresser aux automobilistes qui souhaitent réduire leur consommation sans nécessairement franchir le pas du 100 % électrique.
Cette stratégie permet également au constructeur d'éviter de multiplier les motorisations sur un même modèle. Là où l'actuel Juke a coexisté en essence et en hybride, la prochaine génération devrait donc laisser davantage de place au Kicks pour couvrir le marché des véhicules non rechargeables.
Plus grand et plus familial que le Juke ?
Il reste encore à découvrir les caractéristiques exactes du Kicks destiné à l'Europe. Les modèles déjà commercialisés ailleurs permettent néanmoins d'avoir une première idée de son positionnement.
La nouvelle génération lancée en Amérique du Nord dépasse notamment les 4,30 m de longueur, quand le Juke actuel s'arrête à environ 4,21 m. Attention toutefois : Nissan pourrait adapter les caractéristiques du véhicule à son arrivée sur le Vieux Continent.
Ce gabarit laisse entrevoir un véhicule un peu moins atypique que le Juke et davantage tourné vers la polyvalence. Le Kicks pourrait notamment miser sur une meilleure habitabilité arrière et un coffre plus généreux pour séduire les petites familles, tout en restant suffisamment compact pour conserver une vocation urbaine.
À bord des versions étrangères, Nissan propose déjà une présentation nettement plus moderne, avec jusqu'à deux écrans de 12,3 pouces selon les marchés et les finitions. Là encore, l'équipement précis du Kicks européen reste à confirmer.
Une technologie e-POWER qui sort de l'ordinaire
C'est probablement sous le capot que le Kicks aura le plus à faire valoir. Le fonctionnement de l'e-POWER diffère en effet sensiblement des hybrides classiques proposés par une partie de ses concurrents.
Sur un Toyota Yaris Cross ou un Renault Captur E-Tech full hybrid, par exemple, le moteur thermique peut participer directement à l'entraînement des roues selon les conditions. Avec e-POWER, c'est toujours le moteur électrique qui assure la traction. Le moteur essence joue essentiellement le rôle de centrale électrique embarquée.
Résultat : le conducteur profite d'un comportement qui se rapproche davantage de celui d'un véhicule électrique, mais continue simplement à faire le plein d'essence. Le compromis peut notamment intéresser les automobilistes qui n'ont pas de solution de recharge à domicile.
La puissance, la capacité de la batterie, les consommations et les performances du futur Kicks européen n'ont cependant pas encore été détaillées. Les caractéristiques des versions commercialisées au Japon ou en Amérique ne permettent donc pas de préjuger de sa fiche technique définitive.
Un sacré embouteillage chez les SUV hybrides
Reste que Nissan ne débarquera pas franchement en terrain désert. Le marché européen des petits SUV est devenu l'un des plus disputés, avec une offre particulièrement abondante.
Le Kicks devra notamment se mesurer au Renault Captur E-Tech full hybrid et au Toyota Yaris Cross Hybrid, deux références déjà bien installées dans l'hybride. Mais sa taille pourrait aussi le rapprocher de SUV comme le Peugeot 2008, le Citroën C3 Aircross ou encore le Dacia Duster.
À cette concurrence historique s'ajoutent désormais les nouveaux constructeurs chinois, qui multiplient les modèles hybrides et électriques sur le marché européen. Le positionnement tarifaire du Kicks sera donc particulièrement important.
Et sur ce point, Nissan garde encore ses cartes en main. Aucun prix n'a été annoncé pour l'Europe. Le constructeur devra trouver le juste milieu entre un positionnement suffisamment agressif pour s'imposer sur le segment B-SUV et la technologie e-POWER, plus complexe qu'une simple motorisation essence électrifiée par un système 48 V.
Made in Europe, mais pas sur le continent
Le nouveau venu sera bel et bien assemblé en Europe… géographiquement parlant ! Sa production sera confiée à l'usine historique de Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, où Nissan produit déjà plusieurs de ses modèles destinés au marché européen.
Le constructeur prévoit d'investir 170 millions de livres, soit environ 200 millions d'euros, pour adapter les lignes et l'outillage à la production du Kicks. Il deviendra le dixième modèle assemblé à Sunderland depuis l'ouverture de l'usine en 1986.
Le site britannique occupe une place stratégique pour Nissan. Il a franchi le cap des douze millions de véhicules produits et demeure l'un des principaux piliers industriels du constructeur en Europe.
L'attribution du Kicks prend d'autant plus d'importance que Nissan mène parallèlement une vaste restructuration de ses activités mondiales. L'arrivée de ce nouveau modèle permet donc aussi de donner davantage de visibilité au site britannique pour les prochaines années.