Suivez nous sur les réseaux :
Trouvez votre véhicule d'occasion sur zoomcar.fr
Actualites

Prix du carburants : pourquoi ils battent des records malgré un pétrole moins cher qu’au printemps ?

Le plein coûte à nouveau très cher aux automobilistes français. Mais cette flambée ne s’explique pas seulement par le pétrole brut : le raffinage est devenu l’un des principaux points de tension.

Hausse des prix du carburant en septembre 2026

Faire le plein est redevenu une dépense particulièrement lourde. Le 9 septembre, le gazole s’affiche autour de 2,29 € le litre en moyenne en France, tandis que le SP95-E10 avoisine 2,12 € et le SP98 2,21 €. En seulement une semaine, le diesel a pris environ 6 à 7 centimes et l’E10 près de 5 centimes.

Une situation qui peut sembler étonnante : le pétrole brut n’a pas retrouvé son plus haut niveau de l’année.

Un baril à 100 dollars, mais des carburants au sommet

Le Brent, référence européenne du pétrole brut, évoluait autour de 100,65 dollars le baril le 9 septembre. C’est élevé, mais encore nettement inférieur aux quelque 126 dollars atteints au printemps.

Pourquoi cette différence ? Parce que le prix payé à la station-service ne dépend pas uniquement du prix du pétrole brut.

Entre le baril et votre réservoir interviennent le raffinage, le transport, le stockage, la distribution, les marges, le taux de change euro/dollar et, bien entendu, la fiscalité.

Et c’est actuellement l’étape du raffinage qui pose particulièrement problème.

Le raffinage fait grimper la facture

Les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine ont perturbé plusieurs installations de raffinage et les exportations de produits pétroliers. Le blocage du détroit d’Ormuz complique également fortement les échanges internationaux.

Résultat : avoir du pétrole brut disponible ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir le transformer en essence et surtout en gazole.

Une partie du pétrole doit désormais parcourir davantage de kilomètres pour rejoindre d'autres centres de raffinage, notamment en Chine, en Inde ou aux États-Unis. Cela augmente les coûts de transport alors que les capacités de raffinage disponibles sont déjà très sollicitées. En France, les six raffineries fonctionnent à plein régime selon les éléments rapportés par le HuffPost.

Pourquoi le gazole est particulièrement touché

La situation est d’autant plus sensible pour les automobilistes roulant au diesel. L’Europe consomme beaucoup de gazole mais dépend en partie des importations pour satisfaire ses besoins. Lorsque l'offre mondiale de produits raffinés se contracte, elle se retrouve donc rapidement exposée à une hausse des prix.

Le phénomène dépasse d'ailleurs largement la France et touche aussi des pays producteurs de pétrole.

Pour les automobilistes français, cela signifie surtout qu’une éventuelle baisse du baril ne garantit plus une baisse immédiate et proportionnelle des prix affichés à la pompe. Tant que les capacités de raffinage et les circuits d’approvisionnement resteront sous tension, essence et diesel pourraient rester chers même sans nouveau record du pétrole brut.

À la pompe, la colère monte… mais aucune nouvelle aide ne se profile

Pour les automobilistes, les explications sur le pétrole et le raffinage ne rendent pas la facture plus facile à accepter. Avec un gazole autour de 2,29 € le litre et un SP95-E10 proche de 2,12 €, remplir un réservoir de 50 litres représente respectivement près de 115 € et 106 €.

Une dépense difficilement compressible pour les Français qui doivent prendre leur voiture quotidiennement pour travailler, faire leurs courses ou accompagner leurs enfants. Dans les territoires ruraux et périurbains, où les alternatives à la voiture sont souvent moins nombreuses, chaque hausse de quelques centimes finit par peser lourd sur le budget mensuel.

L’incompréhension est d’autant plus forte que le pétrole brut reste sous son pic du printemps. Mais une autre source de crispation s'ajoute à la flambée des prix : les automobilistes ne doivent pas compter, à ce stade, sur une nouvelle aide généralisée de l'État.

Lors de la précédente envolée des prix en mars, plusieurs pistes avaient été évoquées pour soulager les ménages. Le gouvernement avait cependant écarté aussi bien un blocage des prix qu'une baisse de la TVA sur les carburants à 5,5 %, notamment en raison de leur coût pour les finances publiques.

Le gouvernement n'aurait plus d'argent...

Une position également défendue à l'époque par François Villeroy de Galhau. Interrogé sur RTL le 11 mars, le gouverneur de la Banque de France avait résumé la situation par une formule particulièrement marquante : « Nous n'avons plus d'argent ». Selon lui, financer de nouvelles aides en creusant davantage le déficit et la dette risquerait notamment de faire monter les taux d'intérêt à long terme, avec des répercussions sur les crédits immobiliers des ménages et les investissements des entreprises.

Il plaidait plutôt pour une réponse de long terme fondée sur l'indépendance énergétique, le nucléaire et les énergies renouvelables, estimant préférable d'investir dans la transition plutôt que de multiplier les dispositifs ponctuels de protection.

Pour les automobilistes confrontés immédiatement au passage à la pompe, cette perspective de long terme risque toutefois d'être difficile à entendre. Quand un plein dépasse les 100 €, la question du pouvoir d'achat redevient très concrète, en particulier pour ceux qui n'ont tout simplement pas la possibilité de moins utiliser leur voiture.

Tags article