Pourquoi 2026 risque de sonner la fin de la récréation pour les marques chinoises ?
Premier marché automobile du monde, la Chine a donné naissance à plus d’une centaine de constructeurs en à peine une décennie, qui ont multiplié les modèles et débarqué dans la plupart des pays du monde. Mais dès 2026 et sur décision de Pékin, tout cela pourrait fortement changer.
BYD, MG Motor, Aiways, XPeng ou plus récemment Omoda et Jaecoo : les constructeurs automobiles chinois ont fait une entrée remarquée sur le continent européen ces dernières années. Eux qui étaient encore inconnus du grand public il y a 10 ans commencent à avancer leurs pions dans la plupart des catégories : des citadines aux grands SUV, des berlines aux breaks, qu’il s’agisse de modèles thermiques, électriques ou hybrides.
L’année dernière, dans l’UE élargie (ce qui inclut aussi le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse), les constructeurs chinois ont vendu près de 402 000 voitures, d’après le cabinet Inonev. Un véritable raz de marée venu de l’Empire du Milieu, qui inquiète beaucoup les analystes quant à l’avenir de l’industrie automobile européenne.
Pékin et les 230 milliards d’euros de subvention
Mais tout n’est peut-être pas perdu, finalement. Car si les marques chinoises ont connu un tel développement et ont pu passer à l’offensive si rapidement à l’International, c’est en grande partie grâce à l’aide du gouvernement chinois. En 2009, conscient du retard de son pays dans le secteur, le président Hu Jinato avait lancé en effet un grand plan quinquennal visant à subventionner allègrement les entreprises chinoises pour les aider à développer ou à se lancer dans la production automobile. Et d’après le Center for Strategic and International Studies, Pékin aurait alloué 230,8 milliards d’euros de financements entre 2009 et 2024 pour accompagner le développement de cette industrie !
Le gouvernement fermera le robinet en 2026
Le problème aujourd’hui pour les quelque 200 marques automobiles chinoises, c’est que le gouvernement a décidé de fermer les robinets ! D’après l’agence de presse Reuters, le gouvernement central aurait supprimé le volet "Automobile" de son plan d’investissement des cinq prochaines années. En d’autres termes, dès 2026, les constructeurs chinois vont devoir se débrouiller tout seul, et assurer eux-mêmes leur développement.
Cela peut sembler facile pour les géants BYD, Geely, Dongfeng ou SAIC (MG, Maxus…), mais pour les petites marques indépendantes, cela risque de sonner la fin de la récréation. Et encore, même les grands groupes susmentionnés risquent d’en pâtir, car ils misaient beaucoup sur l’enveloppe de Pékin pour continuer à grandir. Pour l’heure, difficile de prédire précisément qui tombera et qui restera, mais il risque d’y avoir un sacré ménage. Le raz de marée chinois dont on nous parle tant aura-t-il finalement lieu ?