Essai Dacia Spring 2026 : l’électrique pas chère change enfin de dimension
La Dacia Spring change presque tout, sauf sa recette : faire de l’électrique sans faire exploser la facture. Plus moderne, plus puissante et désormais fabriquée en Europe, cette deuxième génération est disponible à partir de 17 900 €.
Il ne reste finalement plus grand-chose de la première Dacia Spring. Et ce n’est probablement pas une mauvaise nouvelle. Lancée en Europe en 2021, la petite électrique avait réussi son pari : démocratiser la voiture électrique avec une recette simple, légère et surtout abordable. Plus de 210 000 exemplaires ont été vendus dans plus de quarante pays. Mais avec l’arrivée de la Citroën ë-C3, de la Leapmotor T03 et désormais de la Renault Twingo E-Tech électrique, la petite Dacia ne pouvait plus simplement jouer la carte du prix.
Voici donc la deuxième génération, dévoilée en septembre 2026. Nouvelle plateforme RGEV small, nouveau moteur, nouvelle batterie, nouvelle silhouette et, changement hautement stratégique, nouvelle usine : la Spring quitte la Chine pour Novo Mesto, en Slovénie. Cette production européenne lui permet surtout de retrouver l’accès aux aides françaises à l’achat.
Nous avons retenu la finition Expression, affichée à 17 900 € hors aides. Sous le capot ? Ou plutôt sous le plancher : une batterie LFP de 27,5 kWh utiles alimentant un moteur électrique de 60 kW, soit 80 ch. L’autonomie annoncée grimpe jusqu’à 250 km WLTP. Sur le papier, la Spring n’a jamais paru aussi sérieuse.
Reste une question : en devenant une voiture plus mature, la Spring est-elle toujours aussi Dacia ?
Notre avis pendant l'essai de la nouvelle Dacia Spring
Cette deuxième Spring change surtout de statut. La première ressemblait parfois à une voiture électrique conçue avec une calculatrice à la main : légère, rustique et sans fioritures. La nouvelle paraît beaucoup plus proche d’une véritable citadine moderne.
Dacia ne tombe pourtant pas dans le piège de la surenchère. La batterie reste petite, la puissance raisonnable et l’équipement de l’Expression va à l’essentiel. C’est précisément ce qui rend la proposition cohérente.
Le coup de maître est ailleurs : en rapatriant sa production en Europe, Dacia rend sa Spring éligible aux aides tout en maintenant son tarif catalogue sous les 18 000 €. À 17 900 € avant aides et potentiellement 11 720 € avec la prime Coup de pouce maximale actuellement annoncée, elle retrouve un argument qu’elle avait perdu : être réellement bon marché.
Elle donne quoi, cette nouvelle Dacia Spring ?
Parler de restylage serait franchement réducteur. La nouvelle Spring repose sur la plateforme RGEV small de Renault Group et change profondément de proportions. Sa largeur augmente notamment de 18 cm, ce qui doit profiter autant à son assise visuelle qu’à l’espace intérieur.
Le changement est d’autant plus intéressant que Dacia n’a pas cherché à fabriquer une petite Twingo avec un autre logo. La philosophie est différente : là où la Renault joue la carte sympathique et néo-rétro, la Spring préfère les formes géométriques, les surfaces robustes et les artifices de petit SUV.
Cette deuxième génération devient donc moins frêle, plus posée et surtout beaucoup plus cohérente avec les Duster et Bigster actuels.
Design : fini le côté voiturette
C’était probablement l’un des principaux défauts de la première Spring : ses proportions très étroites et ses petites roues trahissaient immédiatement son positionnement économique.
La nouvelle corrige largement le tir. La face avant est désormais structurée autour d’un bandeau noir reliant les projecteurs, avec une signature lumineuse inspirée du logo Dacia Link. Le même principe est repris à l’arrière. Les ailes plus marquées et les surfaces très verticales donnent davantage de carrure à l’ensemble.
Dacia reste toutefois fidèle à sa politique du « juste nécessaire ». Quatre couleurs seulement sont proposées : Agave, Gris Schiste, Noir Étoilé et Blanc Glacier. Pas besoin d’un nuancier de peintre en bâtiment pour configurer sa Spring.
Le résultat est convaincant : elle ressemble enfin à une petite Dacia à part entière plutôt qu’à une citadine économique vaguement transformée en SUV. Et pour une voiture dont le prix reste l’un des principaux arguments, l’effort stylistique mérite d’être souligné.
Conduite : 80 ch, et c’est largement suffisant
Il faudra attendre un essai dynamique complet pour juger précisément l’amortissement, la direction et l’insonorisation de cette deuxième génération. En revanche, sa fiche technique donne déjà quelques indications intéressantes.
Le moteur développe 60 kW, soit 80 ch, et 175 Nm de couple. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 12,1 secondes et la vitesse maximale atteint 130 km/h. On reste très loin d’une sportive électrique, évidemment, mais personne n’a besoin d’une Spring GTI pour aller chercher le pain.
La priorité est clairement donnée à la ville. Son rayon de braquage de seulement 4,95 m devrait en faire une redoutable machine à demi-tours et créneaux. Dacia annonce également un poids à partir de 1 212 kg, ce qui reste contenu pour une électrique moderne.
L’autre bonne nouvelle vient de la consommation homologuée : 12,9 kWh/100 km pour l’Expression. Une valeur particulièrement basse qui explique comment Dacia parvient à annoncer jusqu’à 250 km d’autonomie avec seulement 27,5 kWh utiles.
Sur autoroute, en revanche, cette petite batterie imposera forcément davantage d’anticipation. La Spring reste une citadine avant d’être une voyageuse.
Batterie et recharge : attention à l’Expression
C’est ici que notre finition commence à montrer ses limites.
La batterie LFP de 27,5 kWh utiles est commune à toute la gamme. En série, la Spring reçoit un chargeur AC de 6,6 kW. Dacia annonce 2 h 55 pour passer de 15 à 80 % sur une wallbox 7 kW, 5 h 40 sur prise renforcée et 9 heures sur prise domestique. Pour une voiture utilisée quotidiennement et rechargée la nuit, c’est parfaitement cohérent.
Mais la charge rapide DC à 50 kW n’est pas proposée de la même manière sur toute la gamme : l’offre permettant d’ajouter le 11 kW AC et la charge DC 50 kW est réservée au haut de gamme Journey. Avec elle, Dacia annonce 28 minutes pour passer de 15 à 80 %.
Voilà le vrai défaut de notre Expression. Pour une seconde voiture qui dort chaque soir devant une prise, aucun problème. Pour celui qui envisage régulièrement 300 ou 400 km dans la journée, le choix devient beaucoup moins évident.
Technologies : le smartphone fait encore partie de l’équipement
À 17 900 €, Dacia n’allait évidemment pas installer une dalle panoramique digne d’une berline allemande. Et tant mieux.
La Spring Expression reçoit une instrumentation numérique de 7 pouces, mais fait l’impasse sur le grand écran central de la Journey. Elle adopte Media Control : le téléphone vient prendre place sur son support et l’application Dacia transforme le smartphone en interface multimédia. Les commandes au volant permettent de gérer les fonctions essentielles.
C’est basique, mais assez intelligent. Pourquoi facturer au client un écran qu’il possède déjà dans sa poche ?
La Journey reçoit, elle, Media Nav Live avec écran tactile 10,1 pouces, Apple CarPlay et Android Auto sans fil ainsi qu’une navigation connectée.
Notre Expression conserve tout de même la climatisation manuelle, les vitres avant électriques, le radar de recul, le frein de stationnement électrique et la banquette rabattable 50/50. Le bouton My Safety permet par ailleurs de rappeler rapidement une configuration personnalisée des aides à la conduite.
Vie à bord : petite dehors, nettement moins étriquée dedans
L’élargissement de la voiture devrait être l’une des évolutions les plus appréciables au quotidien. La première Spring pouvait accueillir quatre personnes, mais elle leur rappelait assez régulièrement qu’elles étaient quatre.
La nouvelle conserve quatre places et profite d’une présentation intérieure beaucoup plus horizontale. Dacia annonce aussi un coffre pouvant atteindre 337 litres selon configuration, une valeur intéressante pour une citadine électrique de cette catégorie.
On retrouve surtout la philosophie maison : des rangements, des points de fixation YouClip et une banquette arrière rabattable 50/50 dès l’Expression. Le conducteur gagne également un siège réglable en hauteur ainsi qu’un volant réglable en hauteur et en profondeur.
Ne vous attendez pas à des plastiques moussés ou à une ambiance lounge. Ce serait passer complètement à côté du sujet. La vraie progression semble plutôt venir de l’ergonomie et de l’espace disponible. Pour le jugement sur le confort des sièges et l’insonorisation, rendez-vous après les premiers vrais kilomètres.
Quel prix pour la Dacia Spring 2026 ?
Dacia fait simple : deux finitions, une seule batterie et un seul moteur.
L’Expression 80 ch est affichée à 17 900 €, tandis que la Journey grimpe à 19 400 €. La production slovène permet à la nouvelle Spring d’être éligible au Coup de pouce CEE. En septembre 2026, Dacia communique ainsi sur un prix pouvant descendre à 11 720 € pour l’Expression après déduction d’une aide maximale de 6 180 €, sous conditions d’éligibilité. Le montant dépend donc du foyer et ne doit pas être confondu avec le prix catalogue.
À ce tarif, l’Expression paraît presque provocante : 80 ch, climatisation, instrumentation numérique, radar arrière et 250 km WLTP pour moins de 18 000 € hors aides.
Reste la question de la Journey. Les 1 500 € supplémentaires apportent notamment l’écran 10,1 pouces, la caméra de recul et davantage de confort technologique. Surtout, c’est elle qui permet d’accéder à la recharge rapide DC. Pour qui compte sortir régulièrement de la ville, cette différence peut peser lourd.
Points forts
- Le prix de 17 900 € hors aides
- La production européenne et le retour de l’éligibilité aux aides
- Les 250 km WLTP avec seulement 27,5 kWh
- Le design beaucoup plus valorisant
- La simplicité de la gamme
- L’efficience annoncée à 12,9 kWh/100 km sur l’Expression
Points faibles
- La recharge rapide inaccessible sur l’Expression
- Seulement quatre places
- Une autonomie encore pensée avant tout pour les trajets quotidiens
- L’écran central réservé à la Journey
- Des qualités routières qui restent à confirmer lors d’un véritable essai dynamique
La Dacia Spring face aux Citroën ë-C3, Leapmotor T03 et Renault Twingo
Et c’est ici que l’histoire devient intéressante. Car contrairement à la première Spring, cette génération n’arrive plus seule sur le terrain de l’électrique abordable.
La Citroën ë-C3 joue dans une catégorie légèrement supérieure. Plus grande, cinq places et forte de 113 ch, elle peut désormais être commandée en version « autonomie urbaine » annoncée jusqu’à 205 km ou en « autonomie confort » dépassant les 300 km selon configuration. Son tarif catalogue démarre actuellement à 19 290 € pour la petite batterie. La Citroën est donc plus polyvalente par son gabarit et son habitabilité, mais la Spring conserve l’avantage de la légèreté et du prix catalogue.
La Leapmotor T03 attaque encore différemment. Cette petite chinoise a longtemps fait mal à la première Spring grâce à son équipement généreux, ses 109 ch et un prix agressif. Mais la nouvelle Dacia possède désormais une arme que la précédente n’avait plus en France : sa fabrication européenne et l’accès associé au dispositif d’aide. L’Argus relève d’ailleurs que la T03 démarre à 16 900 €, mais sans le Coup de pouce dont bénéficie désormais la Spring.
Et puis il y a la rivale la plus embarrassante : la Renault Twingo E-Tech électrique. Cousine technique de la Spring, elle utilise elle aussi une batterie de 27,5 kWh et un moteur de 60 kW/80 ch. Renault annonce jusqu’à 263 km WLTP et une consommation à partir de 12,2 kWh/100 km.
La Twingo mise toutefois davantage sur la modularité et la technologie, avec notamment ses sièges arrière indépendants coulissants et un écran central 10,1 pouces dès Evolution. En contrepartie, son tarif catalogue est supérieur : Renault affiche 19 490 € avant prise en compte de la prime maximale dans ses offres actuelles, contre 17 900 € pour la Spring Expression.
La bataille entre les deux cousines promet donc d’être particulièrement intéressante : la Renault joue davantage la carte de la citadine polyvalente et astucieuse, quand la Dacia pousse encore plus loin la logique du prix utile.
Pour conclure cet essai de la Dacia Spring
La première Spring avait une excuse formidable à presque tous ses défauts : son prix. La nouvelle semble vouloir faire mieux. Elle conserve le prix comme argument majeur, mais ne veut plus qu’il serve d’excuse.
Plus large, nettement plus moderne, mieux présentée et désormais construite sur une plateforme récente, cette deuxième génération donne surtout l’impression que Dacia a compris que l’électrique accessible ne pouvait plus se contenter d’être simplement « pas chère ».
La batterie de 27,5 kWh peut paraître minuscule à l'heure où certains SUV électriques dépassent 80 kWh. Mais c’est précisément là que la Spring reste intéressante. Pourquoi transporter chaque jour plusieurs centaines de kilos de batterie lorsque les utilisateurs de la précédente génération parcouraient, selon les données Dacia, environ 34 km quotidiennement ? Avec jusqu’à 250 km WLTP et une consommation homologuée de 12,9 kWh/100 km sur l’Expression, la réponse de Dacia est pragmatique.
Tout n’est pas parfait. L’absence de recharge rapide sur cette finition réduit franchement son intérêt pour les longs déplacements, les quatre places limiteront certains usages familiaux et il faudra surtout prendre le volant pour savoir si les progrès techniques se traduisent par un véritable bond en confort et en comportement.
Mais le chiffre à retenir reste 17 900 € avant aides, ou potentiellement 11 720 € pour les ménages pouvant bénéficier du Coup de pouce maximal actuellement proposé.
À ce niveau de prix, la nouvelle Spring ne cherche pas à être une petite voiture électrique capable de tout faire. Elle cherche plutôt à faire correctement ce dont la majorité de ses propriétaires ont réellement besoin.
Et finalement, c’est peut-être la définition la plus fidèle d’une Dacia.