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Essai du Hyundai Ioniq 9 Executive : le paquebot électrique qui tutoie le premium

Essai auto du Hyundai Ioniq 9

Quand Hyundai a lancé la famille Ioniq, l’idée était claire : ne plus faire de l’électrique un simple dérivé, mais une gamme à part entière, pensée dès le départ pour bousculer les codes. Après les Ioniq 5 et Ioniq 6, au design fort et à la personnalité bien trempée, la marque coréenne s’attaque désormais à un exercice autrement plus ambitieux : le grand SUV familial 100 % électrique. Avec ses 5,06 mètres de long, ses trois rangées de sièges, sa batterie géante de 110,3 kWh et sa plateforme E-GMP en 800 V, le Hyundai Ioniq 9 ne vise pas la figuration. Il s’installe d’emblée dans la cour des Volvo EX90, Kia EV9 et Tesla Model X, mais avec un argument qui change tout : un tarif de départ nettement plus contenu sur le marché français.

Dans la version Executive HTRAC de 307 ch que vous ciblez, affichée à partir de 81 500 €, le Ioniq 9 cherche le point d’équilibre entre standing, puissance et usage familial. C’est probablement là que le modèle devient le plus intéressant : ni version d’appel un peu juste, ni variante haut de gamme totalement déraisonnable. Attention toutefois à un point important : les 620 km d’autonomie WLTP mis en avant par Hyundai correspondent à la version propulsion 218 ch chaussée en 19 pouces ; les versions à transmission intégrale comme cette Executive 307 ch sont annoncées en retrait, autour de 600 à 606 km selon les données communiquées en France.

L’avis de zoomcar.fr sur le Hyundai Ioniq 9

Le Hyundai Ioniq 9 ne fait pas semblant. Dans cette version Executive 307 ch, il réussit quelque chose de rare : rendre crédible le très grand SUV électrique familial sans donner l’impression d’être un gadget pour CSP+ pressée de verdir son image. Il est spacieux, bien pensé, rapide à recharger et franchement cohérent dans sa proposition.

Son vrai talent, c’est de faire oublier son gabarit par la douceur de son fonctionnement et par la qualité de son accueil à bord. En revanche, ne comptez pas sur lui pour faire vibrer le conducteur amateur de légèreté. Avec plus de 2,6 tonnes sur la balance en version 307 ch, le Ioniq 9 reste un mastodonte très civilisé, pas un danseur étoile.

Qu’attendre de cette nouvelle version ?

Avec le Ioniq 9, Hyundai promet ni plus ni moins qu’un grand SUV électrique capable de concilier sept places, vraie autonomie, recharge ultra-rapide et ambiance premium. Sur le papier, la recette a de quoi séduire : batterie de 110,3 kWh, architecture 800 V, charge DC jusqu’à 350 kW, habitacle disponible en 6 ou 7 places, volume de coffre généreux et arsenal technologique très fourni.

Ce que les familles attendront surtout de cette version Executive, c’est sa capacité à faire les grands trajets sans transformer chaque départ en opération logistique. Ce que les amateurs de technologie surveilleront, c’est la qualité de l’interface et des aides à la conduite. Et ce que tout le monde regardera, évidemment, c’est la fameuse autonomie réelle d’un SUV aussi imposant. En clair, le Ioniq 9 n’a pas droit à l’approximation : à ce niveau de prix, il doit être bon partout, ou presque.

Design et allure

Le Ioniq 9 a un mérite immédiat : il ne ressemble pas à un simple gros SUV anonyme. Hyundai continue de cultiver une identité très à part, avec cette silhouette monovolume modernisée, ce profil tendu, ce toit incurvé et ce travail aérodynamique visible jusque dans les poignées affleurantes et le dessin des jantes. Le résultat est massif, mais pas pataud. On sent que les stylistes ont voulu éviter l’effet “boîte à chaussures premium”, ce qui n’était pas gagné avec un véhicule de plus de cinq mètres.

De face, la signature lumineuse paramétrique et les volumes très nets installent une présence presque conceptuelle. De profil, le Ioniq 9 évoque davantage un vaisseau familial qu’un SUV classique, ce qui lui donne une vraie personnalité. Et à l’arrière, la poupe verticale rappelle qu’ici, l’espace à bord passe avant les coquetteries de designer. C’est assumé, cohérent, et finalement assez élégant. Le genre de voiture qui ne cherche pas à paraître sportive alors qu’elle transporte potentiellement sept personnes et leurs valises. Une qualité, presque une politesse.

Conduite

Dans cette déclinaison HTRAC de 307 ch, le Ioniq 9 dispose de deux moteurs et d’une transmission intégrale pensée avant tout pour la motricité et la sérénité. Sur la route, il ne donne pas la sensation d’un engin nerveux au sens ludique du terme ; en revanche, il avance avec une force tranquille très convaincante. Les relances sont franches, les insertions ne posent jamais question et la disponibilité immédiate du couple colle parfaitement à la vocation routière du modèle.

Là où le Hyundai impressionne davantage, c’est dans sa capacité à gommer les kilomètres. L’insonorisation active, le silence naturel de l’électrique et l’assise de grand voyageur en font un excellent compagnon d’autoroute. Mais la physique finit toujours par reprendre ses droits : L’Argus a relevé un peu plus de 24 kWh/100 km sur routes vallonnées et 25,3 kWh/100 km à 130 km/h, ce qui laisse envisager environ 440 km au mieux sur autoroute dans de bonnes conditions. C’est très honorable pour un tel gabarit, mais cela rappelle que les 620 km WLTP relèvent d’un scénario bien plus favorable.

Le freinage régénératif réglable via les palettes au volant apporte une vraie souplesse d’usage, et Hyundai ajoute même un mode de gestion de motricité sur surfaces variées. Le Ioniq 9 ne fait pas semblant d’être un franchisseur, mais il sait sécuriser ses déplacements, ce qui est plus utile au quotidien qu’un folklore de brochure.

Technologies et équipements

Sur le terrain technologique, Hyundai arrive armé. Le Ioniq 9 reçoit un double affichage incurvé de 12,3 pouces, regroupant instrumentation et écran central, avec Android Auto et Apple CarPlay sans fil, navigation intégrée et planificateur d’itinéraire. L’ergonomie semble dans la continuité des dernières Hyundai : moderne, sérieuse, assez lisible, et moins “gadget” que chez certains concurrents qui confondent sophistication et surcharge visuelle.

L’équipement de sécurité est du même tonneau. Dix airbags, caméra 360°, affichage des angles morts dans l’instrumentation, assistance active sur autoroute de niveau 2, freinage d’urgence autonome, aide au stationnement à distance : le Ioniq 9 coche pratiquement toutes les cases du grand SUV électrique contemporain. Hyundai ajoute à cela une réduction active du bruit et, selon la finition, un système audio Bose à 14 haut-parleurs. Autrement dit, la dotation est copieuse, et la finition Executive a peu de raisons de frustrer hors lubie ultra-luxueuse.

La recharge reste évidemment un argument majeur. Grâce à l’architecture 800 V, le constructeur annonce une charge de 10 à 80 % en 24 minutes sur borne DC compatible jusqu’à 350 kW, avec jusqu’à 304 km récupérés en 15 minutes. À ce niveau, le Ioniq 9 se place clairement parmi les bons élèves du segment. Et dans la vraie vie, c’est souvent cela qui sépare un grand SUV électrique vivable d’un grand SUV électrique théorique.

Confort

C’est probablement ici que le Ioniq 9 marque le plus de points. Hyundai annonce l’un des habitacles les plus spacieux de la catégorie, avec un plancher plat, trois vraies rangées et un espace généreux pour les jambes comme pour la tête. Le coffre atteint 908 litres dans certaines configurations, 338 litres derrière la troisième rangée, et jusqu’à 2 494 litres une fois les sièges rabattus. En clair, on est très loin du troisième rang symbolique réservé aux enfants punis.

L’ambiance à bord joue la carte du lounge roulant. Sièges relaxants, configuration 6 ou 7 places, second rang pivotant sur certaines versions, climatisation trizone, nombreux rangements, îlot central coulissant : Hyundai a compris que le confort familial ne se limite pas à un bon moelleux de suspension. Il faut aussi de la vie à bord, de la modularité, de l’aisance. Et sur ce plan, le Ioniq 9 semble particulièrement bien né.

Reste le revers de la médaille : le format. Avec 5,06 m de long et près de 2 m de large, ce Hyundai ne sera pas le meilleur ami des parkings souterrains trop optimistes. Sur les grands axes, c’est un palace. En centre-ville ancien, c’est déjà un peu un paquebot.

Quel budget pour le Hyundai Ioniq 9 ?

Le Hyundai Ioniq 9 débute à 69 900 € en version propulsion 218 ch Creative, grimpe à 81 500 € dans cette version 110 kWh 307 ch HTRAC Executive, puis atteint 86 900 € en déclinaison 428 ch HTRAC Performance Calligraphy. Cette Executive se situe donc au cœur de la gamme française, avec un positionnement qui n’a rien de populaire au sens strict, mais qui reste agressif au regard du format, de la batterie embarquée et de l’équipement proposé.

C’est même là que Hyundai joue finement son coup. Car à prestations comparables, les grands SUV électriques familiaux flirtent vite avec des sommes à six chiffres, ou presque. En face, le Hyundai se présente comme une alternative haut de gamme rationnelle, ce qui n’est pas un oxymore dans un marché automobile devenu franchement déraisonnable. Il faudra bien sûr ajouter le coût d’usage électrique, le sujet de l’assurance et, selon profil, celui de l’installation de recharge à domicile. Mais sur le strict rapport prix-prestations, l’Ioniq 9 a des arguments solides.

Points forts

  • Habitabilité remarquable sur trois rangées
  • Recharge très rapide grâce au 800 V
  • Présentation moderne et ambiance haut de gamme
  • Dotation technologique très complète
  • Toit panoramique
  • Conduite souple et puissante malgré le gabarit

 

Points faibles

  • Gabarit encombrant au quotidien
  • Masse élevée, sensible dans le comportement
  • Autonomie réelle forcément moins flatteuse sur autoroute
  • 620 km WLTP qui ne concernent pas cette version 307 ch AWD
  • Ticket d’entrée élevé malgré tout

Le Hyundai Ioniq 9 face à ses concurrents

Le concurrent le plus évident, c’est le Kia EV9. Normal : les deux modèles partagent une base technique proche, une architecture 800 V et une philosophie commune de grand SUV électrique familial. Le Kia joue une carte plus démonstrative dans le style, avec une allure plus carrée et plus baroudeuse. Le Hyundai, lui, se montre plus fluide, plus élégant, presque plus apaisé dans sa manière d’occuper l’espace. En matière de tarif, Automobile Propre relevait un EV9 débutant à 78 000 € quand l’Ioniq 9 démarrait à 69 900 € en France, ce qui place le Hyundai dans une position très compétitive.

Face au Volvo EX90, le match change de registre. Le Suédois capitalise sur une image plus premium, une présentation plus nordique et une réputation de sécurité très forte. Mais il démarre nettement plus haut en prix, autour de 89 500 € selon les relevés de lancement du segment en France, et il n’offre pas forcément un avantage décisif en usage pur face au Hyundai. L’Ioniq 9 apparaît alors comme le choix du pragmatisme bien équipé, quand le Volvo joue davantage la partition statutaire.

Reste la Tesla Model X, référence historique du créneau des grands SUV électriques familiaux. Elle conserve l’image, les performances et l’écosystème Tesla, mais elle paraît aujourd’hui moins seule au monde. Le Hyundai oppose une proposition plus conventionnelle dans le bon sens du terme : meilleure lisibilité ergonomique, vraie ambiance familiale, recharge ultra-rapide, et prix mieux contenu. Pour beaucoup d’acheteurs européens, cela pèsera plus lourd qu’un gadget spectaculaire ou qu’une accélération absurde pour déposer la belle-famille à la gare.

Pour conclure cet essai du Hyundai Ioniq 9

Le Hyundai Ioniq 9 Executive 307 ch réussit une entrée très convaincante sur un segment encore rare, celui du très grand SUV électrique familial réellement utilisable. Son principal mérite, c’est la cohérence. Il ne promet pas de révolutionner la conduite, il ne surjoue pas le sport ou l’aventure, et il ne cherche pas à masquer sa vocation première : transporter beaucoup de monde, loin, vite, confortablement, avec un niveau de technologie digne de son époque. Et sur ce terrain, il fait mieux que bien.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Le poids reste élevé, le gabarit impose des concessions en ville, et l’autonomie réelle sur autoroute rappellera à tous les candidats à l’électrique qu’un grand SUV de 2,6 tonnes ne réécrit pas les lois de la physique. Mais Hyundai compense par une recharge de haut niveau, un habitacle remarquable et un positionnement tarifaire assez fin pour rendre l’ensemble crédible.

Au fond, ce Ioniq 9 s’adresse à une clientèle très précise : les familles nombreuses, les gros rouleurs organisés, les amateurs de véhicules spacieux qui veulent passer au tout-électrique sans descendre en gamme ni se ruiner totalement chez un constructeur premium. Pour eux, ce Hyundai a quelque chose d’assez rare aujourd’hui : il donne l’impression d’avoir été pensé pour l’usage avant d’avoir été pensé pour le discours. Et dans l’automobile moderne, c’est déjà beaucoup.

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