Voitures d'occasion : en importe-t-on plus qu'on en exporte ?
Le cabinet CarVertical a mené une enquête auprès de 61 concessionnaires de voitures d’occasion en France, pour comprendre comment ils s’approvisionnent en véhicules, et comment ils les écoulent. Voici les principaux enseignements à tirer.
Commençons par quelques statistiques intéressantes. L’âge moyen d’une voiture d’occasion vendue en France est de 6,3 ans, ce qui est à peu près similaire aux chiffres de nos voisins européens : 5,8 ans en moyenne en Italie, ou 6,1 en Pologne. En revanche, les voitures d’occasion françaises coûtent bien plus cher (pouvoir d’achat oblige) puisque les concessionnaires réclament en moyenne 30 000 € dans l’Hexagone, contre 21 300 € en Pologne voire 17 400 € en Italie ! Nos commerçants mettent aussi plus de temps à vendre une voiture : elle passe en moyenne 5,6 semaines en showroom, contre 5,3 semaines en Italie et 4,9 semaines en Pologne. Là aussi et malgré leurs opérations commerciales (ristournes, remises, promotions), le prix de vente justifie ce délai rallongé par rapport à nos voisins.
Comment s’approvisionnent-ils ?
Pour la très grande majorité d’entre eux, les véhicules qu’ils revendent proviennent de clients particuliers ou d’entreprises (59%) ou directement de sites de vente en ligne (43%). Si les enchères en ligne sont plutôt assez fréquentes (38% y ont recours), les enchères physiques sont quant à elles quasiment nulles (5% seulement !). La plupart des voitures viennent de France, bien sûr, mais pas que. En effet, 80% des concessionnaires français importent des véhicules de l’étranger, majoritairement d’Allemagne (72%), de Belgique (49%), des Pays-Bas (36%), de Suède (28%) et d’Italie (25%).
Le parc automobile ne cesse de croître
Au contraire, seulement 43% d’entre eux en exportent, là aussi majoritairement vers l’Allemagne (16%) et la Belgique (15%). On importe donc beaucoup plus de voitures d’occasion en France qu’on en exporte, si bien que notre parc automobile (le nombre de voiture et utilitaires légers en circulation) est excédentaire. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 44,2 millions de voitures et VUL en circulation en 2021, nous sommes passés à 45 millions en 2022 et 45,3 millions en 2023. Cette augmentation est toutefois contrebalancée par la prime à la conversion ou à la casse puisqu'à l’inverse, énormément de véhicules sont mis au rebut chaque année, via la filière hors d’usage (VHU).