Essence et Diesel séduisent toujours
Les ventes de diesel dépassent celles de l’électrique en Europe en janvier 2024, c'est l'étonnant constat de cette étude menée sur le parc automobile européen.
La fin des véhicules diesel a-t-elle vraiment sonné ?
Sur le marché automobile européen, certains indicateurs révèlent un intérêt continu pour les véhicules diesel. Longtemps omniprésent dans le parc automobile, le diesel est désormais sujet à des critiques croissantes en raison de son impact environnemental. Malgré cela, il continue de susciter l'intérêt, représentant encore 13,4% de la part de marché.
C'est ce que met en lumière une étude proposée par l'Association des Constructeurs Européens de l'Automobile (ACEA). Bien que les ventes de voitures diesel aient diminué de 4,9% en janvier par rapport à janvier 2023, le nombre de diesels immatriculés (114 415) dépasse celui des voitures électriques (92 741 immatriculations) sur le marché automobile européen.
La place du diesel en France
Cependant, des disparités entre les pays sont clairement perceptibles. En France, par exemple, les mesures gouvernementales visant à réduire le nombre de véhicules à fortes émissions de CO2 en faveur des voitures électriques ont conduit à une diminution significative des ventes de diesel. Avec une baisse de 23,4% observée en janvier, la France se positionne en tant que leader de ce déclin du diesel en Europe.
Alors que l'Espagne (-10,2%) et l'Italie (-8,7%) suivent cette tendance, l'Allemagne se distingue en enregistrant une progression notable de +4,3% des ventes de voitures diesel en janvier 2024.
Les voitures essence conservent le monopole
Bien que la voiture essence demeure actuellement la principale force du marché automobile européen, représentant 35,2% de celui-ci, sa part tend à diminuer en janvier (-2,7%) par rapport à janvier 2023.
Toutefois, il est intéressant de souligner que l'Italie (+26,7%) et l'Allemagne (+16,9%) enregistrent une forte croissance des immatriculations de voitures essence.
La part belle aux hybrides et électriques
Les voitures hybrides représentent près de 29% de part de marché automobile européen avec plus de 245 000 immatriculations. Cette progression est principalement portée par la France, qui a enregistré près de 30% de ventes supplémentaires en un an, suivie de l'Espagne (+26,5%), de l'Allemagne (+24,3%) et de l'Italie (+14,2%).
Quant aux voitures hybrides rechargeables, elles représentent 7,8% du parc automobile en Europe.
En ce qui concerne les voitures électriques, bien que le volume des ventes soit plus limité qu'en janvier 2023 avec 92 741 immatriculations, on observe une belle progression de +28,9%, représentant ainsi 10,9% du parc automobile européen en janvier 2024.
Les enjeux de l'électrification
Le rebond du diesel en réaction à l'essor des voitures électriques peut sembler contre-intuitif à une époque où l'électrification est au centre des discussions. Cependant, cela met en lumière la complexité du marché automobile.
Malgré l'attrait des voitures électriques avec une promesse de mobilité durable, les véhicules à essence et diesel continuent de séduire de nombreux conducteurs, en partie en raison de plusieurs obstacles tels que le coût d'achat, les préoccupations liées à l'autonomie et à la recharge, ainsi que les défis posés par le recyclage des batteries.
La France et le diesel
En France, divers dispositifs d'incitation à l'achat de voitures électriques, tels que le bonus écologique, la prime à la conversion ou encore le leasing social, ont été mis en place pour encourager l'électrification du parc automobile.
Parallèlement, des mesures restrictives, telles que les zones de circulation restreintes (ZFE) dans les grandes métropoles et le Malus au poids, visent à décourager l'achat et l'utilisation des véhicules les plus polluants.
Des tendances à relativiser
Malgré une augmentation globale des ventes de voitures en Europe en janvier 2024 (+12,1% par rapport à janvier 2023), avec 851 690 véhicules vendus, cette amélioration doit être relativisée en raison du ralentissement du marché automobile ces dernières années, notamment en raison de la pénurie de composants électroniques et de stocks.
Les politiques et les constructeurs automobiles sont confrontés à de véritables défis environnementaux, avec des normes d'émissions de plus en plus strictes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique.
L'avenir des voitures thermiques en Europe est donc sujet à débat, en tenant compte des enjeux environnementaux, du pouvoir d'achat des consommateurs, des tendances actuelles et des progrès technologiques. La coexistence entre voitures thermiques et électriques continuera probablement à susciter des discussions dans les années à venir.