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Après BP et Esso, Shell s’apprête à tirer le rideau en France

Une station service Shell

Frappés par les taxes et menacés par l’échéance 2035 de l’Union européenne, les groupes pétroliers distributeurs de carburants peinent à rester rentables sur le marché français. Après BP et Esso, Shell jette l’éponge à son tour. Mais les habitudes de consommation des Français y sont aussi pour beaucoup.

Que se passe-t-il en France chez les distributeurs de carburant ? Après le départ du groupe britannique BP (British Petroleum) en 2023, puis celui de l’Américain ExxonMobil en 2025, qui distribuait du carburant sous l’enseigne Esso (il a, depuis, vendu les droits sur sa filiale française au Canadien North Atlantic), un autre groupe britannique s’apprête à faire ses valises dans les tous prochains mois : Shell. Son départ fera alors de TotalEnergies (France) et ENI (Italie) les deux dernières compagnies pétrolières présentes en France qui extraient, raffinent et vendent encore leurs propres carburants.

Des normes et des taxes de plus en plus contraignantes

Si Shell arrête le tir, et vous vous en doutez, c’est pour une affaire de rentabilité. À l’instar de ses concurrents, l’enseigne britannique est confrontée à des normes environnementales de plus en plus contraignantes et à des taxes gouvernementales très importantes (notamment la TVA et la TICPE, ainsi que la TVA sur la TICPE !) qui représentent près de 60% du prix payé par les consommateurs à la pompe. D’après Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), au micro de nos confrères de TF1 : "La taxe sur les stocks pétroliers ou les taxes exceptionnelles sur les profits sont des événements qui peuvent, je dirais, précipiter la décision de la part d'une major pétrolière, soit de vendre, soit d'arrêter une activité".

Les Français préfèrent les enseignes de grande distribution

Autre explication : le calendrier fixé par Bruxelles. L’interdiction pour les constructeurs automobiles de vendre des véhicules thermiques à partir de 2035 au profit des seuls véhicules électriques (et une faible part laissée aux hybrides) va mécaniquement pousser vers la sortie la plupart des compagnies distribuant du carburant aux particuliers. L’échéance était connue depuis longtemps, mais certains, comme BP, Esso et Shell, donc, préfèrent se désengager en avance, et vendre progressivement leurs points de distribution, notamment français. Enfin, le coup de grâce viendrait des habitudes de consommation des Français, qui délaissent de plus en plus les enseignes pétrolières au profit des enseignes de grande distribution (Auchan, Carrefour, Intermarché, Leclerc) : environ deux pleins sur trois y sont aujourd’hui effectués dans leurs stations. CQFD.

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