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Quelle est la décote d’une voiture électrique ?

La décote d’une voiture électrique dépend du modèle, de son âge, de son kilométrage, mais aussi de l’évolution rapide du marché et des technologies.

Décote d’une voiture électrique

En résumé

La décote d’une voiture électrique varie fortement selon son âge, son modèle, son kilométrage et l’évolution du marché.

  • Décote récente : début 2026, une électrique de moins de 3 ans coûte en moyenne 15 % de moins qu’une électrique neuve hors aides.
  • Comparaison : sur la même période, l’écart atteint 17 % pour les voitures thermiques hors malus.
  • Facteurs clés : prix du neuf, autonomie, technologie, kilométrage et état de la batterie influencent sa valeur.
  • À retenir : une forte décote peut pénaliser le vendeur, mais rendre une voiture électrique d’occasion particulièrement intéressante à l’achat.

Acheter une voiture électrique neuve, c’est aussi se poser la question de sa valeur quelques années plus tard. Car, comme n’importe quel véhicule, une électrique perd de la valeur dès qu’elle arrive sur le marché de l’occasion. Et ces dernières années, la décote des voitures électriques a beaucoup fait parler d’elle.

Baisse du prix du neuf, progrès rapides en matière d’autonomie, arrivée de nouveaux modèles : le marché électrique évolue à grande vitesse. Résultat, certains véhicules ont effectivement subi de fortes baisses de valeur. Mais la situation évolue. Les données françaises les plus récentes montrent même que les électriques récentes ne décotent plus nécessairement davantage que leurs équivalents thermiques.

Alors, quelle est réellement la décote d’une voiture électrique ? Quels modèles sont les plus concernés et, surtout, comment préserver la valeur de votre véhicule ? Faisons le point.

Quelle est la décote moyenne d’une voiture électrique ?

Première chose à savoir : il n’existe pas de pourcentage universel permettant d’affirmer qu’une voiture électrique perd systématiquement 20, 30 ou 40 % de sa valeur après un certain nombre d’années. La décote dépend du modèle, mais également de l’évolution du marché.

Le baromètre publié en juillet 2026 par Mobilians et l’Avere-France, avec le support d’AAA Data, donne toutefois un bon aperçu de la situation. Entre janvier et mai 2026, le prix moyen d’une voiture électrique d’occasion de moins de trois ans s’établissait à 32 702 euros, contre 38 695 euros pour le neuf électrique hors aides, soit un écart de 15 %.

VéhiculePrix moyen occasionPrix neuf de référenceÉcart neuf/occasion
Électrique de moins de 3 ans32 702 €38 695 € hors aides-15 %
Électrique de moins de 3 ans32 702 €36 490 € aides intégrées*-10 %
Thermique de moins de 3 ans21 968 €Prix neuf hors malus-17 %
Thermique de moins de 3 ans21 968 €Prix neuf avec malus-21 %

*Selon les aides retenues dans le baromètre Mobilians/Avere-France.

Attention toutefois à l’interprétation de ces chiffres. Une décote de 15 % ne signifie pas qu’une voiture électrique perd précisément 15 % de sa valeur au bout de trois ans. L’étude compare le prix moyen des voitures électriques d’occasion âgées de moins de trois ans avec celui des électriques neuves. Elle permet donc surtout d’observer l’écart de prix entre neuf et occasion récente.

Toutes les voitures électriques décotent-elles autant ?

Non, et c’est justement ce qui rend les moyennes délicates à utiliser lors d’un achat. Deux voitures électriques du même âge peuvent connaître des évolutions de valeur très différentes.

Le kilométrage entre notamment en jeu. Les électriques de moins de trois ans étudiées début 2026 affichaient seulement 12 928 km en moyenne, contre 21 725 km pour leurs équivalents thermiques.
Mais il faut également regarder la génération du véhicule, son autonomie, sa technologie de recharge, sa popularité sur le marché de l’occasion ou encore son prix neuf actuel. Autrement dit, mieux vaut étudier la cote du modèle qui vous intéresse plutôt que de vous fier à un taux de décote général.

Pourquoi les voitures électriques décotent-elles ?

La voiture électrique rencontre une difficulté particulière : sa technologie progresse rapidement. Une nouvelle génération proposant davantage d’autonomie, une recharge plus rapide ou une batterie plus efficiente peut rendre la précédente moins attractive.

C’est particulièrement sensible pour les premières générations d’électriques, dont l’autonomie peut être nettement inférieure à celle des modèles récents. Sur le marché de l’occasion, l’autonomie réelle, les capacités de recharge et l’état de la batterie font donc partie des principaux critères à vérifier.

Le prix du neuf influence directement celui de l’occasion

C’est un phénomène parfois oublié. Si le prix d’une voiture neuve baisse, la valeur de ses exemplaires d’occasion doit généralement s’adapter.

Imaginez une électrique proposée à 40 000 euros lors de son lancement. Si une nouvelle version mieux équipée apparaît quelques années plus tard à 35 000 euros, difficile de maintenir une cote élevée pour la première génération.

À cela s’ajoutent les dispositifs d’aide à l’achat. Ils réduisent le prix réellement supporté par certains acheteurs et compliquent donc la comparaison entre l’ancien tarif catalogue et la valeur du véhicule en seconde main. Le baromètre 2026 l’illustre : l’écart entre neuf et occasion électrique passe de 15 % hors aides à 10 % lorsque les aides retenues par l'étude sont prises en compte.

Un marché de l’occasion qui devient plus important

Autre évolution à surveiller : il y a tout simplement de plus en plus d’électriques disponibles en seconde main.

En juin 2026, 23 222 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, soit une progression de 73 % sur un an. Sur l’ensemble du premier semestre, le marché dépasse les 123 000 transactions.

Cette augmentation de l’offre donne davantage de choix aux acheteurs et participe progressivement à la construction d’un véritable marché de l’électrique d’occasion.

Une voiture électrique décote-t-elle plus qu’une essence ?

Pas systématiquement. Et c’est probablement l’une des idées reçues les plus intéressantes à nuancer.

Certains modèles électriques ont effectivement connu des décotes nettement supérieures à celles de véhicules thermiques comparables. AAA Data relevait par exemple en 2025 une dépréciation importante sur certaines électriques par rapport à leurs équivalents thermiques.

Mais le marché évolue rapidement. Début 2026, Mobilians et l’Avere-France constatent au contraire un écart moyen neuf/occasion de 15 % pour les électriques de moins de trois ans contre 17 % pour les thermiques, hors prise en compte des aides et du malus.

Électrique ou essence : laquelle décote le plus ?

Impossible aujourd’hui d’affirmer qu’une voiture électrique décote systématiquement plus vite qu’une essence. Certaines générations d’électriques ont subi de fortes pertes de valeur, notamment dans un contexte d’évolution rapide des technologies et des prix du neuf. Mais les dernières données françaises montrent un rapprochement, voire une inversion, de la tendance sur les voitures récentes.
Pour comparer deux modèles, regardez donc leur prix réellement payé neuf, leur âge, leur kilométrage et leur valeur actuelle sur le marché de l’occasion, plutôt que leur seule motorisation.

Comment limiter la décote de sa voiture électrique ?

Vous ne pouvez évidemment pas maîtriser l’évolution du marché. En revanche, quelques critères peuvent vous aider à préserver la valeur de votre électrique.

Premier point : la batterie. Elle constitue l'un des éléments centraux d’une voiture électrique d’occasion. Son état influence directement l’autonomie disponible et donc l’intérêt du véhicule pour son futur propriétaire.

Lorsque cela est possible, connaître son SoH (State of Health) permet d’évaluer sa capacité restante par rapport à son état initial. Pour une revente, disposer d’informations précises sur l’état de la batterie peut rassurer l’acheteur.

Pensez également à :

  • conserver les factures et l’historique d’entretien du véhicule ;
  • surveiller les conditions et la durée de garantie de la batterie ;
  • maintenir la voiture en bon état général ;
  • comparer régulièrement sa valeur avec les annonces de modèles équivalents ;
  • tenir compte du prix actuel du modèle neuf avant de déterminer votre prix de revente.

Enfin, l’autonomie et les performances de recharge prennent une importance particulière. Plus elles restent cohérentes avec les standards du marché au moment de la revente, plus le véhicule conserve des arguments face aux générations suivantes.

Acheter une voiture électrique qui a beaucoup décoté : bonne ou mauvaise idée ?

Une forte décote n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Tout dépend de quel côté de la transaction vous vous trouvez !

Pour le premier propriétaire, perdre une partie importante de la valeur du véhicule en quelques années est évidemment pénalisant. Pour l’acheteur d’occasion, c’est exactement l’inverse : cette baisse peut donner accès à une électrique récente pour beaucoup moins cher que son tarif neuf initial.
Le marché semble d’ailleurs attirer de plus en plus d’acheteurs. Plus de 123 000 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire au premier semestre 2026.

Reste à ne pas confondre prix attractif et bonne affaire. Avant d’acheter, vérifiez l’état et la capacité de la batterie, l’autonomie correspondant à votre usage, la puissance de recharge, le kilométrage, les garanties restantes et l’historique du véhicule. Ce sont ces critères qui permettent de déterminer si la décote constitue une véritable opportunité.

La décote d’une voiture électrique n’est donc plus aussi simple à résumer qu’il y a quelques années. Certains modèles peuvent perdre rapidement de la valeur tandis que d’autres résistent mieux. Et les dernières données montrent surtout un marché en train de gagner en maturité. Pour acheter comme pour revendre, mieux vaut désormais raisonner modèle par modèle plutôt que de considérer que toutes les électriques suivent la même trajectoire.

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