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Essais

Alfa Romeo Junior, la compacte sport en mode électrique

Essai de l'Alfa Romeo Junior

Il fut un temps où chaque nouvelle Alfa Romeo déclenchait une petite tempête dans le monde de l’automobile. Lignes sensuelles, moteurs chantants, comportement joueur… Et puis l’ère moderne est arrivée, plus pragmatique, moins passionnelle. Mais Alfa veut revenir dans le jeu, cette fois avec un virage à 180° : une citadine électrique compacte, pensée pour séduire une nouvelle génération, tout en caressant l’héritage sportif de la marque.

Son nom ? D’abord Milano, puis Junior, pour cause de polémique politico-industrielle. Mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs : est-ce une vraie Alfa Romeo ? Et surtout, est-ce une bonne voiture électrique ? Réponse dans cet essai.

L’avis de zoomcar.fr sur l’Alfa Romeo Junior

La Junior, c’est l’art de marcher sur une ligne fine entre image de marque et réalités industrielles. Basée sur la même plateforme que les Peugeot e-2008 et Jeep Avenger, elle réussit pourtant à dégager une personnalité propre, plus affirmée, plus élégante, plus Alfa tout simplement.

Esthétiquement, c’est un sans-faute. Techniquement, elle fait jeu égal avec ses cousines du groupe Stellantis. Et à la conduite, elle surprend même par une agilité bienvenue. Loin d’être une révolution, la Junior s’impose comme une Alfa Romeo des temps modernes : plus sage, plus connectée, mais encore capable de faire battre un peu le cœur.

Qu’attendre de cette Alfa Romeo Junior électrique ?

C’est une première : Alfa Romeo se lance dans le 100 % électrique avec un modèle compact. En clair, elle doit séduire de nouveaux clients, sans trahir les anciens. D’où une ligne dynamique, un châssis affûté, et une ambition claire : proposer une alternative plus latine, plus premium, plus émotionnelle que les électriques généralistes.

Mais ne nous y trompons pas : la Junior vise aussi le volume. Elle reprend l’architecture CMP du groupe, donc avec un cahier des charges technique contraint. À Alfa de faire mieux avec les mêmes outils.

Design : Milan dans les veines

On l’attendait sur ce terrain, et elle ne déçoit pas. L’Alfa Romeo Junior est une citadine crossover de 4,17 m de long, aux proportions tendues, musclées, tout sauf banales.

La face avant, avec son célèbre scudetto (la calandre en V), est acérée, encadrée par des optiques LED expressives. La poupe, ramassée, évoque presque la MiTo, avec un bandeau lumineux et un traitement très graphique des feux.

À bord, l’ambiance est sportive mais épurée. Petit volant à méplat, aérateurs ronds, combiné numérique en forme de "telescope", sellerie typée, inserts en Alcantara selon les versions… On sent que l’ADN Alfa n’a pas été dilué.

Conduite : plaisir urbain et rigueur italienne

Sur le papier, c’est du Stellantis pur jus : moteur électrique de 156 ch (115 kW), batterie de 54 kWh net, 260 Nm de couple, traction avant. Mais Alfa a retravaillé la direction, les lois de suspension, et la cartographie moteur pour offrir une expérience plus engageante.

Et ça se sent. La Junior est plus vive, plus directe, plus plaisante à emmener que ses cousines. Elle ne chasse pas les chronos, mais fait preuve d’une belle rigueur de châssis et d’un toucher de route plus ferme, plus précis.

L’autonomie annoncée est de 410 km WLTP, largement suffisante pour l’usage quotidien. En conduite mixte, on navigue entre 300 et 370 km sans stress.

Technologie embarquée

L’interface embarquée reprend les standards Stellantis, mais dans une version plus Alfa dans le style : affichage rouge/noir, typos sportives, widgets spécifiques.

Écran central de 10,25 pouces, combiné numérique de 10 pouces, compatibilité Apple CarPlay / Android Auto (sans fil), navigation TomTom connectée, mises à jour OTA… L’essentiel est là, sans superflu.

Les aides à la conduite sont nombreuses : régulateur adaptatif, maintien de voie, lecture des panneaux, freinage d’urgence, caméra 360° en option… La Junior se hisse au niveau des meilleures, avec un bon équilibre entre assistance et discrétion.

Vie à bord : compacte mais habitable

Avec 4,17 m de long et un empattement dans la moyenne, la Junior offre un espace suffisant pour quatre adultes, même si les grands gabarits préféreront la place avant.

Le coffre annonce 400 litres, un bon score pour la catégorie. La banquette arrière est rabattable en 2/3-1/3, mais ne coulisse pas. L’espace à bord est bien pensé, avec des rangements utiles et une ambiance plus valorisante que dans la 208 électrique, par exemple.

Mention spéciale pour les sièges baquets sur les finitions hautes, qui offrent un excellent maintien sans nuire au confort.

Budget : pas donné, mais assumé

Avec un prix d’appel autour de 38 000 € (hors bonus), l’Alfa Romeo Junior n’est clairement pas une électrique low-cost. Mais elle s’affiche avec un positionnement premium, assumant un tarif supérieur à celui des Opel Mokka Electric ou Peugeot e-2008.

La dotation est à la hauteur : jantes 18 pouces, clim bizone, sellerie spécifique, chargeur 11 kW, aide au stationnement avant/arrière dès le premier niveau.

Et en finition Veloce ou Speciale, l’équipement devient franchement complet, frôlant le semi-luxe pour une citadine. Reste à justifier le prix par le plaisir et l’image.

Points forts

  • Ligne vraiment réussie et identitaire
  • Comportement dynamique soigné
  • Interface technologique fluide
  • Bon niveau d’équipement
  • Fabrication sérieuse

Points faibles

  • Prix d’accès élevé
  • Recharge rapide plafonnée à 100 kW
  • Places arrière un peu justes pour les grands
  • Manque d’originalité technique sous le capot

l'Alfa Rome Junior face à la concurrence

La Junior affronte une palette d’électriques compactes déjà bien installées. La Peugeot e-2008 lui oppose un rapport prix/prestations solide, mais sans le charme latin. La MG4 écrase tout sur le plan tarifaire, mais reste en retrait côté finition.

La Mini Cooper E joue sur le même terrain émotionnel, mais avec une orientation plus "lifestyle" et une autonomie inférieure. Quant à la Renault Mégane E-Tech, elle est plus grande, plus techno, mais aussi plus chère.

La Junior se place donc comme une alternative de caractère, pour ceux qui veulent une électrique différente, avec un vrai blason et une vraie gueule.

Conclusion : une Alfa dans l’ère électrique

Elle ne hurle pas, elle ne fume pas, elle ne vibre pas. Mais l’Alfa Romeo Junior reste une Alfa, à sa manière. Elle charme par son look, elle rassure par sa technologie et elle surprend par sa rigueur de conduite.

Ce n’est pas un coupé GT à l’italienne, c’est une citadine du XXIe siècle. Mais une citadine avec une personnalité, une histoire, un style. Et dans l’univers parfois fade de l’électrique, c’est déjà beaucoup.

Oui, elle est chère. Oui, elle partage beaucoup avec d’autres modèles du groupe. Mais elle en fait plus, avec finesse. Pour Alfa Romeo, c’est peut-être bien un nouveau départ.

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