Trophées « Trop c'est Trop » 2025 : ce qui exaspère le plus les automobilistes !
Avant la fin de l'année, on vous propose un article qui change un peu !
Connaissez-vous les trophées "Trop c’est Trop " ? Organisés par la Ligue de Défense des Conducteurs (LDC) avec le soutien de l’Association des médias auto & moto (AM-AM), il s’agit d’un événement où plusieurs milliers de conducteurs français sont invités à élire les mesures qu’ils jugent comme les plus hostiles à l’usage de la voiture dans notre pays.
Les organisateurs avaient segmenté le panel des mesures en cinq catégories. Dans chacune, les internautes devaient choisir l’option qu’ils trouvaient la plus irritante, absurde ou punitive. Les thèmes ? De la surveillance à outrance aux lois perçues comme punitives, en passant par les "ralentisseurs anarchiques" ou encore le discours politique sur l’automobile.
Au fil des réponses recueillies entre fin novembre et début décembre, 12 000 conducteurs se sont penchés sur la question et l’exaspération est bien réelle !
Les aides à la conduite largement en tête
Au sommet des critiques, et de loin, trônent les "bips-bips", vous savez ces nombreuses aides à la conduite qui visent à détecter une perte d’attention du conducteur, une somnolence au volant, une sortie de ligne ou un supposé excès de vitesse à partir de la détection automatique des panneaux de signalisation.
79 % des automobilistes sondés en ont ras-le bol, les pointant du doigt pour leur ingérence systématique lorsqu’ils sont au volant et les jugeant dangereuses. Un paradoxe, alors qu’elles sont censées renforcer la sécurité, et que l’Union européenne prévoit d’en rendre de nouvelles obligatoires à partir de 2026 !
Surveillance généralisée : Big Brother au volant
En tête du palmarès, la surveillance des trajets par des dispositifs embarqués dans les voitures a cristallisé l’hostilité des répondants, avec près de 80 % de votes dans cette catégorie. Autant dire que l’idée d’être « observé » à chaque kilomètre ne passe pas.
Juste derrière, viennent les radars "multifonctions", ceux qui sont censés repérer un maximum d’infractions, et les nouveaux radars urbains installés dans de nombreuses villes, technologies que beaucoup jugent trop intrusives.
Propositions de loi : contrôle technique et taxes dans le viseur
Dans la catégorie des lois anti-voitures proposées, c’est l’idée d’un contrôle technique annuel obligatoire pour les véhicules de plus de 10 ans qui a suscité le plus de mécontentement (majoritairement rejetée par les conducteurs), même si elle a peu de chances d’être adoptée à court terme.
D’autres propositions comme une hausse des taxes sur certains carburants ou une augmentation du taux de TVA sur les voitures haut de gamme ont aussi été lourdement critiquées, renforçant l’impression d’une réglementation punitive.
Infos anxiogènes : remise en cause du permis à vie
L’un des autres gros points de tension relevés par le sondage est la réforme du permis de conduire, avec la fin annoncée du permis à vie et l’instauration possible d’une visite médicale pour le renouvellement. Une perspective anxiogène pour 59 % des conducteurs interrogés.
L'Argus
ZFE et incertitudes réglementaires
Le casse-tête des Zones à Faibles Émissions (ZFE), avec des règles différentes selon les agglomérations et des critiques continues sur leur mise en œuvre, arrive également en bonne place dans les motifs de mécontentement. L’incertitude qui entoure aussi l’avenir des voitures thermiques (notamment autour de leur commercialisation après 2035) alimente le débat.
Ralentisseurs et “infractions routières”
Côté infrastructures, c’est le ralentisseur géant de Vallauris Golfe-Juan qui remporte les suffrages comme l’aménagement routier le plus malvenu de l’année, signe que certains choix d’aménagement peuvent frôler l’absurde quand ils tournent au casse-train avant même d’être efficaces.
L'Argus
Politique et déclarations
Enfin, dans la catégorie réservée au discours politique sur l’automobile, une citation d’Agnès Pannier-Runacher, interprétée par beaucoup comme une attaque contre les automobilistes modestes, a été élue la plus irritante : "Alors, d’abord, les moins riches n’ont pas de voiture ; ce sont ceux qui sont le moins équipés en voitures." Elle devance des déclarations aussi tranchantes que celle d’un élu parisien promettant de “terminer de libérer Paris de la voiture”. L'ancien Ministre Bruno Lemaire avait raflé la palme en 2024 avec : "Pour garder notre industrie automobile, nous n’aurons pas d’autre choix que de faire venir des constructeurs chinois en France. Mais ils doivent venir à nos conditions."
Un baromètre sans filtre de l’état de l’automobiliste français
Au final, ces Trophées ne font pas que lister des mesures impopulaires : ils dressent un portrait sans concession du ras-le-bol automobile en 2025, entre contrôle accru, incertitudes réglementaires et ressentiment face à des dispositifs perçus comme déconnectés du quotidien des conducteurs.