Le prix du diesel est au plus haut depuis le mois de mars
Que se passe-t-il avec le diesel ? Tous les carburants ont connu une accalmie de leurs prix depuis un an : le litre de Sans-Plomb 95 a par exemple baissé de 1,8 centimes, celui du Sans-Plomb 98 de 1,3 centimes, voire -4,4 centimes pour le litre de GPL et – 5,2 centimes pour le Superéthanol E85, d’après Carbu.com.
Pour le Gazole B7, qui alimente les voitures diesel, c’est l’inverse qui s’observe : son prix au litre a pris +5,4 centimes depuis un an, + 7,7 centimes depuis un mois et +1,2 centimes depuis une semaine. Il y a un an, il coûtait 1,62€/ litre en station, contre 1,70€/litre aujourd’hui.
Au plus haut depuis le mois de mars
Cela faisait de longs mois que le Gazole n’avait pas été aussi cher à la pompe, depuis le mois de mars exactement, où il atteignant en moyenne 1,72€/litre à l’échelle nationale. C’est d’autant plus étonnant qu’il s’échangeait contre seulement 1,55€/litre il y a moins d’un mois, le 18 octobre ! Mais comment expliquer un tel écart ? D’après un rapport de la Commerzbank, la seconde plus grande banque d’Allemagne, cette flambée des prix est due à une demande mondiale de Gazole plus élevée qu’escomptée : "Les révisions à la hausse de la demande de gazole (notamment en raison des prix très bas jusqu’à l’été) se sont accumulées dans diverses régions", a déclaré Barbara Lambrecht, analyste des matières premières pour le compte de cette institution.
Une demande en hausse au niveau mondial
On ne peut pas dire que l’Europe soit à l’origine de cette hausse de la demande, puisque l’ACEA – l’Association européenne des constructeurs automobiles – fait état d’une baisse de 24,7% des ventes de voitures diesel au mois de septembre (les chiffres d’Octobre ne sont pas encore connus). Elles ne représentent plus que 9,3% de parts de marché dans l’UE ! Cette hausse de la demande est plutôt à trouver du côté des pays d’Amérique Latine, notamment le Brésil, ainsi que l’Inde et plusieurs marchés du Moyen-Orient, toujours d’après la Commerzbank. "L’augmentation de la demande s’accompagne d’un resserrement de l’offre, car les nombreuses sanctions et les pertes de production – en particulier du côté russe – provoquent des tensions." a ajouté Mme Lambrecht. Et plus la demande augmente, plus les prix augmentent aussi, ce qui explique ce bon des prix du diesel.
Du mieux en 2026
Mais la bonne nouvelle, c’est que cela devrait changer en 2026 : "Cependant, nous nous attendons toujours à ce que le marché se détende l’année prochaine : selon l’AIE, la croissance de la demande mondiale devrait diminuer de près de moitié, principalement en raison des pays de l’OCDE". Il y aura donc bien une accalmie l’année prochaine, mais les conflits géopolitiques et les sanctions internationales envers la Russie ou certains pays du Golfe, qui sont parmi les premiers exportateurs de pétrole brut au monde, font toujours peser une menace sur le marché…