Essai et avis Seat Toledo Sur base Altea
Dérivée de l'Altea mais rhabillée en berline trois volumes, la Toledo hérite d'un arrière un peu lourd façon Vel Satis. Elle garde les qualités du groupe VW : bon espace intérieur, boîte DSG efficace et diesels TDI sobres, puissants mais bruyants.
Concevoir des produits différents à partir d'une même base nécessite un peu d'imagination. Les Catalans de Seat en ont à revendre ! Fidèles à leur nouvelle devise - « Auto emoción » - et à la vocation sportive de la marque, sur base Golf V, ils ont conçu un « monospace compact sportif », l'Altea. Pourquoi pas après tout, il est original même s'il n'offre qu'une banquette à l'arrière et donc une fonctionnalité réduite.
Tout se gâte lorsqu'on reprend le monospace Altea pour le transformer en berline. Voilà une Toledo affublée d'un arrière plutôt lourd, à la mode Vel Satis, paradoxalement plus longue de 17 cm que le monospace de base et de ce fait dotée d'un énorme coffre de plus de 500 litres.
Comme elle dispose de la même banquette arrière rabattable - toujours aussi chiche en largeur pour le passager central - voilà la berline plus fonctionnelle que le monospace, d'habitude c'est l'inverse ! Comme la base roulante, la tenue de route et les quatre motorisations sont rigoureusement celles de l'Altea, la familiale Toledo joue les sportives, comble son pilote avec un excellent comportement mais secoue fort les occupants sur mauvaise route.
On n'y comprend plus grand-chose : le précédent binôme Leon-Toledo incarnait mieux le couple « sportive-familiale », certes avec moins de performance mais plus de clarté. Dernier indice brouillant encore un peu plus les cartes : les prix. Disposant des mêmes niveaux d'équipement, la Toledo est plus chère que l'Altea de 1 420 € en Reference et 1 100 € en Stylance, une différence difficile à justifier par la ligne et le coffre.
On se demande alors laquelle des deux voitures est de trop dans la gamme Seat et on en vient à oublier qu'Altea et Toledo tiennent aussi la dragée haute à une concurrence nombreuse et plutôt relevée sur ce créneau. Quel gâchis !
Points forts
- Espace intérieur
- Agrément de conduite
- Tenue de route et freinage
- Rangements
- Coffre
- Boîte DSG
- Sobriété et punch des moteurs diesel TDI
Points faibles
- Diesels TDI bruyants
- Modularité minimale
- Place arrière centrale
- Consommation élevée des essence
- Matériaux de planche de bord
- Pas de roue de secours
Traction, 5 portes, 5 places. Longueur 4,458 m, largeur 1,768 m, hauteur 1,568 m. Coffre 500 / 620 / 1 007 / 1 440 litres selon configuration. Réservoir 55 litres. Moteurs essence : 1.6, 1 595 cm3, 7 CV, 102 ch ; 2.0 FSI (injection directe), 1 984 cm3, 9 CV, 150 ch. Diesels : 1.9 TDI, 1 896 cm3, 6 CV, 105 ch ; 2.0 TDI, 1 968 cm3, 8 CV, 140 ch. Boîtes de vitesses manuelle à 5 ou 6 rapports (2.0 FSI et 2.0 TDI), boîte automatique 6 rapports (2.0 FSI) et robotisée DSG à 6 rapports (2.0 TDI).
La Seat Toledo face à ses concurrentes
Seat Altea, à partir de 17 430 € : Comment ne pas opposer ces quasi-jumelles, le monospace compact Altea se révélant paradoxalement moins vaste que la berline ? Au point de vue sportivité les deux Seat se valent, on évitera les packs Sport qui les rendent inconfortables tant les suspensions sont dures. Enfin, l'écart de prix n'étant absolument pas justifié, l'Altea (plus jolie) passe devant.
Volkswagen Golf V 1.6 5P, à partir de 17 430 € : Bien plus que le gros, pataud et cher monospace compact Touran, la future Golf+ sera la vraie rivale des Altea-Toledo. En attendant, la Golf V offre à peu de choses près les mêmes prestations, une meilleure finition, des prix plus intéressants, une gamme encore plus vaste et une bien meilleure notoriété se traduisant par une plus grande facilité de revente.