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Essai Peugeot 308 Hybrid 180 GT : faut-il brancher le lion pour en profiter ?

La Peugeot 308 Hybrid 180 GT soigne le plaisir de conduite autant que les trajets du quotidien en électrique. Mais pour profiter de cette compacte hybride rechargeable de 2022, mieux vaut avoir une prise à portée de main.

Essai Peugeot 308 Hybrid 180 GT

La Peugeot 308 n’entre pas timidement dans le paysage. Son museau plongeant, ses crocs lumineux et son arrière ramassé annoncent une compacte qui veut attirer le regard. La finition GT en rajoute juste assez pour que l’on se retourne une seconde fois en quittant la voiture. Puis on ouvre la porte : petit volant, instrumentation haut perchée, planche de bord dessinée au cordeau. Peugeot a manifestement décidé que conduire une compacte ne devait pas ressembler à une corvée raisonnable.

Sous cette carrosserie, la 308 Hybrid 180 ch de 2022 associe un moteur essence à un moteur électrique et à une batterie rechargeable. La promesse est connue : les petits trajets sans essence, les longs trajets sans inquiétude. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui se passe entre les deux. Est-ce encore une 308 plaisante quand elle embarque sa batterie ? Les 180 ch suffisent-ils à lui donner du répondant ? Et que devient cette belle idée lorsque la recharge ne suit plus ?

La réponse tient en deux impressions qui cohabitent plutôt bien : cette 308 donne envie de conduire, mais elle demande aussi de prendre l’habitude de la brancher.

Notre avis pendant l'essai Peugeot 308 Hybrid 180 GT

Cette 308 a du tempérament sans faire de cinéma. Elle se faufile avec légèreté dans ses réactions, s’installe confortablement sur l'autoroute et répond franchement quand on lui demande de relancer. Son habitacle a cette qualité rare : il donne envie de s’asseoir au volant avant même d’avoir une destination.

Notre réserve tient en un geste quotidien. Pour profiter pleinement de la version Hybrid 180, il faut la recharger souvent. Faute de quoi, on transporte une batterie, on cède une partie du coffre et l’on consomme sensiblement plus d’essence. La 308 GT reste alors agréable, mais son argument principal perd de sa force. C’est une belle compacte hybride rechargeable, à condition que la prise fasse vraiment partie de votre routine.

Qu’attendre de la version hybride rechargeable de la Peugeot 308 ?

Sur le papier, tout semble à sa place. La puissance cumulée atteint 180 ch ; la boîte automatique compte huit rapports ; la batterie de 12,4 kWh promet jusqu’à 60 km en électrique selon le cycle WLTP. De quoi envisager les courses, le bureau et les petits détours sans démarrer le moteur essence, puis prendre la route des vacances sans calculer chaque arrêt.

La question est de savoir si cette double personnalité se fait oublier. Une bonne hybride rechargeable ne doit pas donner l’impression de conduire deux voitures mal raccordées. Ici, le passage entre l’électrique et l’essence se montre doux. Mais l’harmonie se fissure au freinage, là où la récupération d’énergie et les freins classiques ne travaillent pas toujours avec la même délicatesse.

Design et allure : difficile de la perdre dans un parking

Il y a des voitures dont on doit lire le badge pour retrouver le modèle. Avec la 308, l’exercice est plus simple. Les feux de jour dessinent deux crocs de part et d’autre de la face avant, la calandre occupe le terrain et l’arrière paraît solidement campé sur ses roues. En GT, l’ensemble dégage une assurance presque insolente pour une berline compacte.

Peugeot pousse parfois le trait un peu loin. Les fausses sorties d’échappement, par exemple, auraient pu rester dans le tiroir des stylistes. Mais la silhouette fonctionne : basse, tendue, plus expressive que celle de nombre de concurrentes. Elle offre aussi une autre façon de rouler en famille que le passage obligé par le SUV.

À bord, l’effet se prolonge. On descend dans la voiture plutôt qu’on n’y grimpe ; on se retrouve face à un poste de conduite enveloppant. Cela participe au plaisir, même si cette carrosserie basse facilite moins l’accès qu’un modèle surélevé.

Conduite : elle n’a pas oublié d’être une Peugeot

À faible allure, la propulsion électrique convient bien au caractère de la 308. Les départs sont souples, les manœuvres se font sans agitation et l’habitacle reste paisible. Lorsque le moteur essence rejoint la partie, la transition est discrète. On profite alors des 180 ch pour dépasser ou s’insérer sans devoir arracher chaque reprise à la boîte automatique. Celle-ci privilégie la douceur, quitte à hésiter un instant avant de rétrograder.

C’est sur une route qui tourne que la 308 donne le plus de raisons de la préférer à une voiture simplement confortable. Sa direction permet de placer le train avant avec précision. La suspension absorbe correctement les irrégularités tout en maintenant la caisse lorsque le rythme augmente. La batterie ajoute du poids, mais elle n’efface pas ce sentiment d’équilibre. Sur autoroute, le ton change : la compacte se cale sur sa trajectoire et laisse les kilomètres défiler dans le calme.

Puis arrive le premier freinage un peu appuyé. La pédale ne rend pas toujours la décélération attendue avec naturel : la transition entre récupération d’énergie et freins classiques peut devenir brusque. C’est le défaut que l’on risque de remarquer le plus souvent, précisément parce que le reste de la conduite est si fluide.

Technologies : séduisantes à regarder, parfois moins à commander

Le petit volant et les écrans donnent à la 308 un air de voiture plus chère. La présentation est soignée, les matériaux valorisants et le système multimédia se montre plus agréable à utiliser que celui de la génération précédente. On comprend l’effet recherché : faire de l’habitacle un endroit dans lequel on a envie de passer du temps.

Reste le test indispensable du siège conducteur. Installez-vous, réglez le volant comme vous aimez conduire, puis regardez si vous voyez toute l’instrumentation. Le i-Cockpit divise depuis ses débuts, et aucune photographie d’annonce ne peut répondre à cette question à votre place.

L’autre petite contrariété vient de certaines fonctions logées dans l’écran. Quand il faut multiplier les manipulations pour régler une aide à la conduite, la modernité paraît soudain moins pratique. Une commande que l’on cherche longtemps finit par attirer davantage l’attention que la belle définition de l’affichage.

Confort : celle dans laquelle on accepte volontiers de prolonger le trajet

La 308 GT sait recevoir. Sa suspension ménage les occupants, l’insonorisation permet de converser sans hausser la voix et la stabilité sur voie rapide donne envie d’avaler les kilomètres. Elle ne transforme pas chaque raccord de chaussée en événement, ce qui est déjà une excellente nouvelle avec une finition à l’allure sportive.

À l’arrière, la place est correcte, sans miracle pour les grands passagers. Dans le coffre, la batterie présente la facture : 361 litres, contre 412 litres pour une 308 thermique. La perte reste contenue pour une hybride rechargeable, mais elle se voit quand il faut caser poussette, sacs et câbles. Ces derniers demandent aussi un peu d’organisation, faute de rangement dédié sous le plancher. Pour les départs très chargés, la carrosserie SW sera plus facile à vivre.

Autonomie et consommation : le verdict se joue à la recharge

Les 60 km électriques WLTP font envie, mais ils ne constituent pas une promesse pour tous les parcours. Des mesures réalisées sur des itinéraires mixtes situent l’autonomie autour de 43 à 44 km, notamment lorsque le trajet comporte de la voie rapide. En ville et à allure modérée, il est possible d’aller plus loin ; sur autoroute, la réserve fond plus vite. La température et le relief entrent aussi dans l’équation.

Quand la batterie atteint son niveau bas, le tableau change. Les consommations mesurées tournent autour de 6,4 à 6,8 l/100 km sur des parcours routiers ou variés et peuvent dépasser 7 l/100 km sur autoroute. Ces chiffres donnent des repères, pas une garantie pour chaque conducteur. Ils racontent toutefois la même chose : sans recharge régulière, cette 308 perd une bonne part de son intérêt économique.

Une charge complète prend environ sept heures sur une prise domestique. Le chargeur embarqué de 7,4 kW, proposé en option, permet de raccourcir l’attente sur une installation adaptée. Sur un exemplaire d’occasion, vérifiez sa présence plutôt que de la supposer parce que la voiture porte un badge GT.

Points forts

  • Une direction précise et un vrai plaisir sur route.
  • Des transitions douces entre les moteurs essence et électrique.
  • Un habitacle soigné, avec une forte personnalité.
  • Un confort et une insonorisation convaincants sur longue distance.

 

Points faibles

  • Une pédale de frein parfois difficile à doser.
  • Une consommation moins flatteuse sans recharges régulières.
  • Un coffre plus petit que sur la 308 thermique.
  • Une position de conduite qui ne conviendra pas à tous.

La Peugeot 308 Hybrid 180 GT face à ses concurrentes

Face à la Volkswagen Golf eHybrid de 204 ch, la 308 ne gagne pas la bataille des chiffres de puissance. Elle réplique avec une présentation plus expressive et un avantage très concret au moment de charger les bagages : 361 litres de coffre contre 273 litres pour la Golf eHybrid. La Volkswagen plaira à ceux qui préfèrent une compacte plus discrète. La Peugeot a davantage le goût de la mise en scène, jusque dans la façon dont on s’installe à son volant.

La Seat Leon e-Hybrid constitue une autre rivale sérieuse pour qui souhaite rouler en hybride rechargeable sans passer à un SUV. Proche techniquement de la Golf, elle oppose à la 308 une esthétique moins démonstrative. Là encore, les sensations feront la différence : il faut essayer les deux positions de conduite et observer la facilité avec laquelle on utilise les commandes au quotidien.

La Renault Mégane E-Tech Plug-in hybrid 160 apporte enfin une réponse française plus classique dans sa présentation. La 308 lui oppose 20 ch supplémentaires, un habitacle plus spectaculaire et un comportement routier qui constitue l’un de ses meilleurs arguments. En occasion, toutefois, une Mégane bien suivie et judicieusement tarifée peut être un meilleur achat qu’une 308 choisie uniquement pour son allure. À ce niveau, l’état de la voiture compte autant que le nom inscrit sur le hayon.

Pour conclure cet essai de la Peugeot 308 hybride GT

La Peugeot 308 Hybrid 180 GT de 2022 sait donner envie. On remarque sa silhouette en arrivant, on apprécie son habitacle en s’installant et l’on retrouve sur route cette précision de direction qui fait une bonne part du charme des compactes Peugeot. Elle sait aussi se faire calme : en électrique dans les trajets locaux, puis sur autoroute lorsque la conversation et les kilomètres prennent le dessus.

Ses défauts sont assez nets pour guider votre choix. Le freinage demande une période d’adaptation. Le coffre cède 51 litres à la batterie. Et les consommations relevées lorsque la charge est au plus bas rappellent qu’un hybride rechargeable se choisit avec une solution de recharge, pas seulement avec une envie de rouler électrique.

Si vous pouvez la brancher facilement et que vos trajets habituels tiennent souvent dans sa réserve électrique, cette 308 GT a beaucoup à offrir. Si la prise la plus proche se trouve à plusieurs rues de chez vous, essayez-la quand même pour le plaisir, mais faites vos comptes avant de signer.

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