Essai et avis Seat Ibiza Design Luc Donckerwolke
Dessinée par Luc Donckerwolke, ex-designer de Lamborghini, la 3e Ibiza troque la rondeur de sa devancière pour des lignes tendues qui tranchent avec les Clio, Fiesta ou 207. Un intérieur à l'avenant côté style, mais des matériaux encore ordinaires.
À chaque nouvelle Ibiza, Seat joue gros, puisqu'elle représente 45 à 50 % de ses ventes. La troisième génération était assez ronde et sage ; le designer Luc Donckerwolke (ex-Lamborghini, ça explique tout !) en a fait une voiture svelte et dynamique. Avec ses lignes tendues et un peu géométriques, l'Ibiza apporte du neuf dans le segment ; elle se démarque nettement de ses rivales du type Clio, Fiesta ou 207.
L'intérieur subit la même métamorphose : ses lignes modernes et agréables ne peuvent faire oublier des matériaux ordinaires. Il faudra attendre les Ibiza 3 portes (en septembre) et les hauts de gamme pour se faire une opinion définitive. En attendant, les ingénieurs ont réussi l'impossible : alléger l'Ibiza de 50 kg tout en la rallongeant de 10 cm (à 4,04 m) et en élargissant ses voies de 3 et 3,3 cm. Résultat logique, une habitabilité en hausse, un coffre de 292 litres (+25) et surtout un comportement vif et sûr, un régal qui sait préserver le confort.
Sur la route, le « auto emoción » de Seat prend tout son sens, la quatrième Ibiza récupérant aussi un équipement plus complet, avec ESP de série et quelques perles : assistance au démarrage en côte, phares bi-xénon, allumage des feux aux intersections, prédisposition pour installer une navigation portable, climatisation Climatronic, etc. Affûtés et dotés de boîtes 5 plus longues, les moteurs gagnent tous 0,4 l/100 km et baissent leurs émissions de CO2 sans rien retirer aux performances ni à l'agrément de conduite.
Reste l'énorme point noir du TDI 105 ch, qui récupère un filtre à particules mais conserve ses injecteurs-pompe : le punch est là, mais le bruit aussi, très gênant. Il faudra attendre les versions common rail pour que l'Ibiza n°4 soit parfaite, ce qui est d'autant plus dommage que la qualité globale a bien progressé et que les prix sont restés sages. Sachant que la prochaine Polo sera construite sur la même base, le match s'annonce intéressant.
Parmi les points forts relevés lors de cet essai : un style nouveau et agréable, l'habitabilité, la malle arrière, le comportement routier, le design de la planche de bord, la gamme de moteurs et les diesel avec bonus écologique. On regrettera en revanche le niveau sonore du TDI 105 ch, l'aspect des plastiques de la planche de bord, le peu de rangements, des rapports un peu longs en 5e et la lisibilité des compteurs.
Sur le plan technique, cette traction 5 portes et 5 places mesure 4,052 m de long, 1,693 m de large et 1,445 m de haut, pour un coffre de 292 litres et un réservoir de 45 litres. Les moteurs essence comptent un 1.2i 3 cylindres de 1 198 cm3 (70 ch), un 1.4i de 1 390 cm3 (5 CV, 85 ch) et un 1.6i de 1 598 cm3 (105 ch) ; les diesel, un 1.4 TDI FAP 3 cylindres de 1 198 cm3 (4 CV, 80 ch) et deux 1.9 TDI FAP de 1 896 cm3 (90 ch, puis 5 CV, 105 ch). Les boîtes de vitesses sont mécaniques à 5 rapports, avec une DSG 6 séquentielle à double embrayage possible sur le 1.6i essence 105 ch. Les consommations mixtes normalisées, avec les émissions de CO2 associées, s'établissent à 5,9 l/100 km et 139 g/km pour le 1.2i, 6,2 l/100 km et 149 g/km pour le 1.4i, 6,6 l/100 km et 157 g/km pour le 1.6i ; côté diesel, 4,5 l/100 km et 119 g/km pour le 1.4 TDI comme pour les deux 1.9 TDI.
Face à elle, deux rivales se distinguent. La Ford Fiesta 5 portes, à partir de 11 100 euros, bientôt totalement renouvelée, archétype de la voiture populaire, écrase l'Ibiza par la variété de ses versions et motorisations comme par ses prix, mais appartient clairement à l'ancienne génération pour l'habitabilité, puisqu'elle ne mesure que 3,92 m ; la future version, attendue en septembre, sera très différente et restera sous les 4 mètres. L'Opel Corsa 5 portes, également à partir de 11 100 euros, née d'une collaboration Fiat-GM aujourd'hui terminée, est sans doute la meilleure produite à Rüsselsheim : avec des carrosseries 3 et 5 portes, à 4 m de long, elle offre des prix et une habitabilité comparables à la catalane, et sa gamme de moteurs essence n'est pas malussée, sauf OPC et GSI ; avec un CDTI de 125 ch, c'est aussi le seul diesel du segment à disposer d'un filtre à particules.