Essai et avis Peugeot Rifter
En reprenant la plateforme EMP2 du 3008, le Peugeot Rifter troque ses habits de simple utilitaire pour ceux d'un SUV polyvalent et modulaire. BlueHDi 130, boîte EAT8 et i-Cockpit : le ludospace monte clairement en gamme.
Dans sa version destinée aux particuliers, le constructeur a renforcé les codes des véhicules de loisirs tout en l'inscrivant davantage dans l'univers des SUV, grâce à sa polyvalence et une belle modularité. Ce positionnement engendre naturellement une inflation des tarifs, jusqu'à 2 500 €, par rapport à ses jumeaux que sont le Citroën Berlingo et l'Opel Combo Life.
Moteur BlueHDi 130, boîte EAT8, intégration du i-Cockpit, finition GT Line : le nouveau Peugeot Rifter profite d'une bonne partie des recettes à succès du 3008. Même son châssis a quelque chose de ce dernier, puisque les deux modèles sont bâtis sur la même plateforme EMP2. Avec son nom qui sonne et « déchire » comme un riff de guitare électrique, le Rifter fait donc prévaloir de solides arguments. Mais la vraie rupture avec son prédécesseur, c'est tout de même l'intégration de la fameuse planche de bord i-Cockpit, qui reprend le petit volant à double méplat, le combiné d'instruments en position haute et un grand écran tactile.
Construit sur la base de la plateforme EMP2, que l'on retrouve sur les nouveaux modèles de la gamme, le Rifter en reprend donc la partie avant pour l'implantation moteur/boîte, les trains roulants et le i-Cockpit, tandis que l'arrière se compose avec l'ancienne génération optimisée du Berlingo, pour une évidente question de modularité des sièges et du coffre. Ce dernier gagne ainsi 100 litres pour culminer, en version 5 places, à 775 litres.
Bien que conçu et développé conjointement chez PSA, les équipes de design ont su donner une vraie personnalité à ce nouveau 4x4 Rifter (4,40 m ou 4,75 m), toujours équipé de portes latérales coulissantes. Généreuses protections autour des roues et sur les bas de caisse, garde au sol plus importante, calandre verticale et optiques à la griffe lumineuse : ce ludospace à la silhouette de camionnette séduit par l'intelligence de son aménagement intérieur et sa praticité.
Pas de révolution en revanche au niveau de la mécanique, les disponibilités s'appuyant sur une version essence PureTech et sur un diesel BlueHDI, dont les puissances s'échelonnent respectivement de 110 à 130 ch et de 75 à 130 ch.
C'est au volant du 3 cylindres essence PureTech 110 que nous avons pu apprécier les progrès réalisés en matière de comportement routier. La première impression est l'excellent confort de roulement, en raison d'un amortissement revu plus ferme, malgré une inévitable prise de roulis due à un centre de gravité élevé et à sa hauteur. Ce bon voyageur renforce aussi de manière notable l'insonorisation, qui faisait défaut.
Avec le PureTech 110, l'agrément de conduite est très appréciable en ville, puisqu'il allie souplesse et vivacité à bas régime. Jamais à bout de souffle, ce bloc répond présent dans toutes les situations. On l'aura compris : la nouvelle arme du Lion pour les familles nombreuses est bien armée pour les trajets du quotidien comme pour les longs trajets, quel que soit le type de route.
Avec des prestations désormais quasi identiques à une vraie voiture, et un style extérieur comme intérieur affiné, le Rifter n'a pas non plus grand-chose à envier à certains SUV.
Parmi ses points forts : une mécanique douce, un design de caractère, de nombreux espaces de rangement, un bon confort de suspension, l'intégration du i-Cockpit et une belle habitabilité. Côté points faibles : la prise de roulis, une visibilité ¾ avant perfectible et un prix en hausse.
Sur la version essayée, la transmission agit sur les roues avant via une boîte manuelle à 6 rapports, pour une vitesse de pointe de 169 km/h et un 0 à 100 km/h en 11,7 secondes. La consommation s'établit à 5,7 l/100 km pour 121 g/km de CO2, avec un réservoir de 62 litres. La voiture mesure 4,75 m de long, 1,85 m de large et 1,87 m de haut, pour un empattement de 2,78 m, un poids à vide de 1 387 kg et un coffre de 775 à 3 000 litres. Son 3-cylindres essence de 1 199 cm3 développe 110 ch à 5 500 tr/min et 205 Nm de couple à 1 750 tr/min. Les tarifs vont de 23 130 à 26 700 € en PureTech 110, et de 26 050 à 31 300 € en BlueHDi 130, avec un malus de 53 €.
Face à lui, le Citroën Berlingo 1.2 PureTech, à partir de 21 850 €, est monté en gamme tout en restant proche de son prédécesseur dans sa philosophie et son gabarit ; cousin du Rifter, il affiche néanmoins des différences assez marquées, avec une architecture électronique permettant un équipement complet qui n'a rien à envier à une compacte ou un SUV. Il a clairement privilégié le confort au dynamisme, en ménageant ses occupants grâce à une bonne filtration des irrégularités de la route. L'Opel Combo Life, à partir de 21 300 €, autrefois produit 100 % allemand, évolue désormais sous la bannière de Peugeot : l'occasion de lancer un nouveau Combo étroitement dérivé des Peugeot Rifter et Citroën Berlingo. Décliné en deux longueurs de carrosserie, cette cinquième génération est toujours disponible en version 5 et 7 places ; ce ludospace franco-allemand, au comportement dynamique plutôt flatteur, ne se différencie de ses cousines françaises qu'au niveau de la face avant.