Essai et avis Peugeot 407 HDi
Avec ses deux petits turbos identiques, une première mondiale, le Peugeot 407 HDi 2.2 170 ch offre des accélérations immédiates dès 1 000 tr/min. Un filtre à particules nouvelle génération, efficace jusqu'à 180 000 km, complète cette fiche technique.
À première vue, pousser un HDi 2,2 litres à 170 ch et 370 Nm à 1500 tr/min n'a rien d'exceptionnel : le Renault dCi 2 litres n'offre-t-il pas 175 ch et 360 Nm à 1750 tr/min ? Pourtant PSA est particulièrement fier de son petit dernier, doté en série d'un filtre à particules de nouvelle génération, efficace jusqu'à 180 000 km, mais surtout parce qu'il innove, en première mondiale, avec deux petits turbos identiques pour la suralimentation. Pourquoi pas un seul gros turbo à géométrie variable, comme ses rivaux ?
Léger, le petit turbo a peu d'inertie, donc pas de retard au démarrage, et monte ensuite plus vite en régime. Voilà le secret des accélérations immédiates dès 1000 tr/min. Mais alors, à quoi sert le second turbo ? Il n'entre en service qu'après 2600 tr/min et fait alors suffisamment entrer d'air dans le moteur pour obtenir 170 ch.
On l'a compris, ce HDi 2.2 pourrait être bien plus performant encore, mais il a été volontairement assagi pour limiter les consommations et doper la qualité des reprises, si douces grâce à une excellente boîte 6 qu'il faut l'aide du compteur pour découvrir qu'on accélère très fort ! Les deux turbos faisant « fonderie commune », leur volume total dépasse à peine celui d'un gros turbo, mais comme l'ancien 2.2 HDi plafonnait à 130 ch, il a fallu sérieusement renforcer bloc et culasse. On y gagne en fiabilité et en niveau de bruit, très bas, au top de la catégorie.
La 407 adapte ses suspensions au poids du HDi bi-turbo, les jantes passent en 17 pouces, alors que le prix s'établit à 2000 € au-dessus de la version HDi 136 ch et 2500 € en dessous de la HDi V6 204 ch, à peine plus performante.
La conclusion s'impose d'elle-même : en ce moment, la 170 ch est la meilleure 407 diesel, et elle domine aussi la concurrence. Mais cela ne durera pas, puisque les Citroën C5 et la future Mondeo seront, elles aussi, dotées du HDi 170 !
Parmi les points forts, on retient la douceur des reprises, l'absence de retard à l'accélération, le silence, l'absence de vibrations au ralenti, une boîte 6 manuelle maniable et bien étagée, ainsi que la tenue de route. Les points faibles concernent l'absence de boîte automatique, la consommation à allure soutenue et le prix.
Côté fiche technique : traction, berline ou break SW, 5 places, 4 portes. Longueur 4,676 m (SW : 4,763 m), largeur 1,811 m, hauteur 1,455 m (1,486 m pour le SW). Coffre de 407 litres (SW de 448 à 1365 litres), réservoir de 66 litres. Moteur diesel HDi 2.2 16V FAP : 4 cylindres, 2 arbres d'équilibrage dans le bloc, 16 soupapes, 2 turbos Honeywell, 2179 cm³, 10 CV, 170 ch à 4000 tr/min, couple de 370 Nm à 1500 tr/min (200 Nm dès 1000 tr/min). Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Consommations normalisées en l/100 km (urbaine, extra-urbaine, mixte) et CO2 : berline, 8,1/5,0/6,1, 160 g/km ; SW, 8,2/5,1/6,2, 165 g/km.
Face à elle, la Citroën C5 HDi 173 FAP II (à partir de 30 150 €) affiche étonnamment 173 ch, soit 3 de plus, pour son HDi 2.2 16V, alors que sa puissance officielle, 125 kW, est la même que celle de la 407. Basée sur la même plateforme, elle offre des consommations absolument identiques, en berline comme en break, mais des prestations assez différentes du fait de sa suspension hydropneumatique. La Volkswagen Passat 2.0 TDI 170 (à partir de 30 150 €), enfin sexy dans sa sixième génération, reçoit le 2 litres TDI 170 ch, également offert aux Golf et Touran, ces derniers bénéficiant en plus du filtre à particules. Proposé en seulement 2 finitions, Sport et Carat, mais sur berline et break, ce TDI 170 ch reprend la philosophie Renault d'un petit 2 litres qui privilégie la puissance plutôt que la souplesse.