Essai et avis Seat Leon
La Leon partage l'essentiel de sa plateforme avec la Golf, la Bora, l'A3, la TT, l'Octavia ou la Toledo, un système qui réduit les coûts en grande série. De quoi offrir des prix plus serrés sans sacrifier la qualité mécanique du groupe Volkswagen.
Quel est le point commun des VW Golf, Bora et New Beetle, Audi A3 et TT, Skoda Octavia et Seat Toledo, berlines ou breaks ? Leur plateforme. VW entend par là le soubassement, les essieux, les freins, les moteurs, les boîtes de vitesses, mais aussi la climatisation, les sièges, les pare-soleils, les poignées et parfois même les vitrages ! Bien malin qui pourrait le deviner tant elles sont toutes différentes, sauf les breaks Bora et Golf, aussi bien par leur ligne que par leurs aménagements intérieurs.
Avantage du système : les composants produits en très grande série voient leur prix diminuer, et chaque marque peut attaquer une clientèle spécifique avec une qualité et des prix canon. Première entorse à ce génial meccano, la Seat Leon. Forte des mêmes mécaniques que la Golf, plutôt plus réussie quant à ses réglages de suspension, exclusivement 5 portes, elle est vendue à un prix très inférieur et séduit par une ligne plus agréable. La mission de Seat étant de concurrencer Alfa Romeo et BMW, elle emprunte la calandre en haricot de la bavaroise et une ligne latine qui aurait pu naître à Milan.
L'intérieur offre une parfaite ergonomie, une ambiance chaleureuse grâce à des lignes plus douces, autant d'équipements et trois niveaux de finition quasiment comparables à ceux de la Golf. Dans ces conditions, pourquoi acheter une Golf, sinon pour l'image mythique et statutaire qu'elle véhicule ? Il est vrai que Seat n'a pas encore la réputation de sa maison mère, mais la firme de Barcelone la fait grandir en participant au Championnat du monde des rallyes et en lançant une Leon turbo essence de 180 ch, un haut de gamme sportif qui disposera dès le mois de mai d'une version à quatre roues motrices. Les clients sont bien sûr gagnants, mais à force de rattraper leur maître et de vendre leurs clones moins cher, les élèves Seat et Skoda vont finir par lui causer quelques soucis.
Parmi les points forts relevés lors de cet essai : le style, le rapport prix-prestations, le confort et les qualités routières. On regrettera en revanche l'absence de carrosserie 3 portes, l'accessibilité du coffre et le manque de rangements à l'arrière.
Sur le plan technique, cette traction 5 portes et 5 places mesure 4,18 m de long, 1,74 m de large et 1,44 m de haut, pour un coffre de 340 litres, 656 litres banquette arrière rabattue, et un réservoir de 55 litres. Les moteurs, issus de la gamme Golf, comptent en essence un 1.4i (5 CV, 75 ch), un 1.6i (7 CV, 100 ch), un 1.8i 20V (8 CV, 125 ch) et un 1.8i 20VT (11 CV, 180 ch) ; en diesel, un 1.9 SDI (5 CV, 68 ch), un 1.9 TDI 90 (5 CV, 90 ch) et un 1.9 TDI 110 (6 CV, 110 ch). Les boîtes sont manuelles à 5 rapports, ou automatiques à 4 rapports sur le 1.6i 100 ch. Les consommations mixtes s'établissent à 6,6 l/100 km pour le 1.4i, 7,8 l/100 km pour le 1.6i, 8,6 l/100 km pour le 1.6i en boîte automatique, 8,5 l/100 km pour le 1.8i 20V et 8,6 l/100 km pour le 1.8i 20VT ; côté diesel, 5,3 l/100 km pour le 1.9 SDI et le TDI 90, et 5,2 l/100 km pour le 1.9 TDI 110.
Face à elle, deux rivales se distinguent. La Volkswagen Golf 5 portes, à partir de 14 528 euros, cède la place à la Leon grâce à son style, ses suspensions plus agréables et surtout le différentiel de prix : à niveau de finition équivalent, l'écart varie d'un minimum de 10 400 F pour les versions de base 1.4 à plus de 25 000 F pour les TDI 110, et même 40 000 F entre la VW GTI et la Leon VT ! La Volkswagen New Beetle, également à partir de 14 528 euros, quitte à rouler sur une plateforme Golf, autant qu'elle soit originale : c'est le cas de la New Beetle, qui offre depuis peu une version 1.6 au prix d'attaque de 109 900 F, seulement 3 000 F plus cher que la Leon Signo 1.6, mais l'Espagnole prend l'avantage grâce à son habitabilité et son coffre avec hayon.