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Essais

Essai et avis Suzuki Jimny

Increvable capital sympathie et franchisseur hors pair sans réelle concurrence, le Suzuki Jimny séduit par son style baroudeur assumé. Mais le malus prohibitif et une consommation élevée tempèrent vite l'enthousiasme.

Essai Suzuki Jimny

Le look du Suzuki Jimny est toujours aussi irrésistible. En retrouvant le style simpliste aux lignes affûtées de ses origines, le petit 4x4 japonais est assuré d'un « kolossal » capital sympathie. Et comme rien ne lui fait peur une fois sur le terrain, de préférence escarpé et ravineux, le prendre en main, c'est quasiment l'adopter sur-le-champ.

Ce franchisseur de poche, antithèse du SUV prétentieux, ne fonctionne pas comme les autres. Alors que la règle veut qu'un cycle de vie ne dure que 6 ou 7 ans, il faut remonter à 1998 pour retrouver la précédente génération. En fait, le Jimny, c'est 50 ans d'histoire, puisque Suzuki l'a fait naître en 1970, mais c'est surtout un concept aux lignes un tantinet décalées. Avec sa bouille rieuse, ses formes cubiques et ses ailes bodybuildées par de grossières extensions en plastique noir, il ne laisse personne indifférent. Entre ses dimensions réduites (3,65 m de long pour 1,65 m de large) et ses proportions parfaites, le nouveau Jimny se présente tout simplement comme l'un des véhicules les plus fascinants à regarder du moment, tout en étant le 4x4 le moins cher du marché (17 250 €).

Fidèle à sa personnalité emblématique, il hérite d'une architecture pour défier les pires situations, avec un châssis en échelle comme un gros pick-up et des ponts rigides à l'ancienne, histoire de renforcer sa rigidité torsionnelle. Du coup, il se tortille moins que l'ancien et permet à la suspension de travailler dans de meilleures conditions. Il hérite également d'une transmission intégrale non permanente, avec une boîte de transfert à gamme courte commandée par un court levier de sélection.

Un look désirable totalement en phase avec la philosophie d'aventurier, des facultés à se faufiler, à se garer et à escalader les trottoirs : que demander de plus, si ce n'est une motorisation essence à la hauteur de ses aptitudes tout-terrain ? C'est un 4 cylindres essence de 102 chevaux et 130 Nm (145 km/h en V-Max) qui vient coiffer ce cube à roulettes. Pour qu'il continue à passer partout - ou presque - tout en restant fiable, facile à réparer et pas trop cher, Suzuki n'avait pas d'autre choix.

Avec ses porte-à-faux réduits libérant de généreux angles d'attaque (37°) et de fuite (49°), et ce moteur atmosphérique assez bluffant, le 4x4 Jimny s'autorise bien des prouesses sur les chemins boueux et les routes enneigées de la Haute-Savoie, entre Samoëns, Flaine et les Carroz d'Arâches. C'est simple, il passe absolument partout, aidé en cela par une masse réduite (1 100 kg).

Par contre, une fois hors des sentiers battus, c'est-à-dire sur le macadam, ce n'est plus tout à fait la même musique. Sa tenue de caisse n'est pas un modèle du genre, d'autant que le moteur montre assez vite ses limites. Avec sa garde au sol minimale de 21 cm, son empattement court et ses formes taillées à l'équerre, tous les ingrédients sont en place pour transformer un parcours routier en corvée, malgré une boîte manuelle (cinq vitesses) agréable à utiliser. Cette dernière tirant très court (4 000 tr/min à 130 km/h), consommation, émissions de CO2 (154 g/km) et donc malus (2 940 €) escaladent eux aussi les sommets ! Les nombreux amateurs du Jimny seront néanmoins ravis de constater que la tradition est respectée avec cette dernière génération. Dernier survivant de cette espèce sur le marché français, notre contorsionniste au look débridé se distingue par une fonctionnalité et des performances rehaussées.

Notre avis sur la Suzuki Jimny

Points forts

  • Les capacités de franchissement
  • L'absence de concurrence directe
  • Un style très baroudeur
  • Le couple du 4 cylindres essence
  • Un équipement très complet
  • Un bon rapport taille/habitabilité

Points faibles

  • Un malus prohibitif
  • La consommation
  • Une boîte automatique réservée à la version haute
  • Capacités limitées sur route

Transmission 4x4, boîte de vitesses manuelle à 5 rapports, vitesse de 145 km/h, consommation de 6,8 l/100 km et émission de CO2 (NEDC) de 154 g/km. Longueur de 3,65 m, largeur de 1,65 m, hauteur de 1,72 m, angles d'attaque de 39°, empattement de 2,25 m, poids de 1 090 kg, coffre de 85 à 830 litres et réservoir de 40 litres. Moteur 4 cylindres atmosphérique de 1 462 cm3, 102 ch à 6 000 tr/min et 130 Nm de couple à 4 000 tr/min. Tarifs de 17 225 € à 21 175 €, avec un malus de 2 153 €.

Parmi les rivales du Suzuki Jimny, le Jeep Renegade 1.0 Turbo 120 ch (à partir de 19 400 €) représente plus de 70 % des immatriculations de la marque américaine ; bâti sur la même plateforme que le Fiat 500X, il fait l'objet de toutes les attentions, et l'arrivée de la nouvelle famille de moteurs, dont le 1 litre trois cylindres, permet un gain de consommation de 20 %. Grâce à un poids contenu, ce petit Renegade est attachant à conduire, d'autant que le bruit du trois cylindres reste discret. Le Dacia Duster 1.6 SCe 115 (à partir de 11 990 €) séduit lui aussi, malgré un malus et une consommation qui viennent gâcher ses prestations ; son bloc 1.6 est docile en ville mais un peu plus à la peine hors agglomération en raison d'un manque de couple. Son style très typé 4x4, aux accents de robustesse avec un zeste d'élégance, continue de séduire, d'autant qu'il se montre plutôt généreux en espace à vivre.

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