Essai et avis Seat Arona
Avec son fonctionnement proche d'un TSI essence et son coût au kilomètre imbattable, l'Arona TGI au gaz naturel séduit par son efficacité et ses émissions réduites. Reste un frein de taille : un réseau de stations GNV encore embryonnaire en France.
Avec son fonctionnement proche du TSI essence et son coût à l'usage concurrentiel, l'Arona TGI répond aux besoins de mobilité et d'écologie. Reste à composer avec un réseau de pompes encore embryonnaire.
Encore peu développé, le GNV (gaz naturel véhicules) est une solution efficace, en raison de son faible coût kilométrique (1 kg équivaut à 1,3 litre de gazole), d'une moindre consommation (5 kg/100 km) et d'émissions polluantes (CO2, particules fines et NOx) réduites. Peu répandue, cette technologie se développe toutefois de plus en plus, même si elle occupe à peine 0,2 % du marché total en France. Dans tous les cas de figure, il s'agit de méthane (CH4) stocké sous forme gazeuse à une pression de 200 bars. Le seul problème, lorsque l'on souhaite faire ce choix, c'est que les véhicules compatibles demeurent encore rarissimes sur le marché français.
Si l'Arona TGI peut évoluer indifféremment à l'essence ou au GNV, elle est tout de même conçue pour rouler au gaz (350 km d'autonomie WLTP), son petit réservoir essence de 9 litres lui permettant de prolonger son autonomie d'environ 150 km. En raison de certaines contraintes inhérentes à ce mode de combustion, de nombreux éléments du moteur ont été renforcés (pistons, soupapes, chambres de combustion, segments, etc.). Ce 3 cylindres de 999 cm3, identique à celui de la Seat Ibiza TGI, affichant 90 ch et 160 Nm, est obligatoirement associé à une boîte manuelle à 6 rapports avec Start & Stop.
Plaisant à l'usage, assez onctueux et souple, ce 1.0 TSI turbocompressé sait se faire entendre dès lors que l'on cherche à le faire monter dans les tours. C'est donc pour un usage urbain que l'on réservera ce Seat Arona, qui pâtit d'un volume de coffre en baisse, situé à 282 litres, en raison des trois bonbonnes de gaz en acier occupant une place importante. Enfin, avec son châssis efficace et assez confortable, on a la confirmation que ses prestations ne s'affirment qu'à travers une conduite paisible : n'est-ce pas la vocation de cette petite auto polyvalente ?
Réservoirs bien intégrés, autonomie confortable, fonctionnement proche de l'essence : l'offre proposée par Seat avec cette Arona TGI est convaincante, mais elle s'inscrit dans un marché encore destiné en grande majorité aux flottes captives.
Parmi les points forts relevés lors de cet essai : un fonctionnement identique à l'essence, le coût d'usage, un trois cylindres onctueux, un châssis efficace et une petite réserve d'essence d'appoint. On regrettera en revanche des performances modestes, un surcoût conséquent et un volume de coffre réduit.
Sur le plan technique, cette traction avant associe une boîte manuelle à 6 rapports à un moteur 3 cylindres en ligne fonctionnant au gaz, de 999 cm3, développant 90 ch à 4 500 tr/mn pour un couple de 160 Nm à 4 500 tr/mn. La vitesse maximale atteint 176 km/h, le 0 à 100 km/h s'effectue en 13,2 secondes, pour une consommation mixte de 3,5 l/100 km et des émissions de CO2 de 94 g/km. Elle mesure 4,14 m de long, 1,78 m de large et 1,55 m de haut, pour un empattement de 2,57 m, un réservoir de 40 litres, un coffre de 282 litres et un poids de 1 300 kg. Côté tarifs, comptez 21 070 euros en finition Style et 23 520 euros en Xcellence ; le modèle essayé démarre à 21 850 euros.
Face à elle, deux rivales se distinguent. La Fiat Panda 0.9 Natural Power 80, à partir de 14 190 euros, lancée en 1980, est devenue l'une des voitures les plus populaires du marché hexagonal : avec l'arrivée d'une version au gaz naturel, qui vient gaver le tout petit bicylindre TwinAir, l'avantage n'est pas qu'écologique, ce carburant permettant de réduire les émissions de CO2 de 23 %, il est aussi économique, avec un prix au litre oscillant autour de 1,10 euro ; pour héberger ce carburant, la Panda s'appuie sur deux réservoirs de 72 litres et un troisième pour le sans-plomb de 35 litres, soit une autonomie théorique de 1 200 km, à condition de composer avec un réseau de distribution encore assez confidentiel. La Volkswagen Polo TGI 90, également à partir de 20 910 euros, animée par le nouveau moteur 1.0 litre, développe jusqu'à 90 chevaux : renouvelée l'an passé, elle est équipée d'un troisième réservoir de carburant, en plus des deux dédiés au gaz, ce qui accroît son autonomie, tout en conservant un petit réservoir à essence de 9 litres pour se tirer des mauvais pas ; en termes de performances, elle avale le 0 à 100 km/h en 8 secondes, pour une vitesse de pointe dépassant les 180 km/h, une réactivité n'ayant pas grand-chose à envier à de nombreuses citadines poussées à l'essence.