Essai et avis Suzuki S-Cross
La seconde génération du Suzuki S-Cross mise sur l'espace à bord, une transmission AllGrip maligne et un équipement riche, sans faire exploser le malus. Présentation un peu datée et châssis pas franchement dynamique restent ses limites.
Cette année 2022 marque l'arrivée de la seconde génération du Suzuki S-Cross. Elle tranche véritablement avec l'opus précédent, bien qu'elle ne change en rien ses proportions (4,30 m). Si la face avant modernise l'ensemble avec son capot rehaussé et sa grande calandre, la partie arrière, avec sa large signature lumineuse, contribue aussi à un look plus affirmé. Mais pour les familles désirant aller à l'essentiel, l'habitabilité généreuse et la possibilité de profiter d'une transmission AllGrip - ce système utilise l'électronique pour activer ou désactiver l'arbre de transmission - sont des paramètres prioritaires, occultant le fait que sa motorisation s'appuie sur une hybridation légère.
Avec sa vraie transmission 4x4 (AllGrip), non permanente pour préserver la consommation, et une polyvalence disponible toute l'année, le Suzuki S-Cross est prêt à affronter vents et marées ainsi que la neige, grâce à ses modes Snow, qui répartit de manière préventive le couple sur les deux essieux, et Lock, qui bloque le différentiel jusqu'à 60 km/h. Sur les routes enneigées du côté de Megève, théâtre de cet essai, nous avons pu tester l'efficacité du système. Précisons que le choix d'une transmission à deux ou quatre roues motrices est assez rare dans ce segment des SUV compacts familiaux, sauf à des prix plus élevés : un sacré bon point.
Ce bon point n'est nullement terni par le statu quo du constructeur en matière de motorisation, qui persévère avec le bloc 1.4 Boosterjet à hybridation légère de 48V. L'alterno-démarreur, délivrant jusqu'à 10 kW et 53 Nm de couple, peut assister le 4 cylindres essence dans certaines phases de fonctionnement, mais ne permet pas, comme un hybride complet, d'évoluer sur quelques kilomètres en mode tout électrique. Cela ne l'empêche pas d'être très agréable, souple à bas régime et dynamique au-dessus de 2 000 tr/min. Le dispositif SHVS permet en effet d'économiser quelques décilitres d'essence, ne pèse qu'environ 25 kg et donne accès à la gratuité de la carte grise dans la quasi-totalité des régions de France.
N'affichant que 1 200 kg sur la balance, le S-Cross peut se contenter des 129 ch et 235 Nm de son moteur, compatible avec une vraie boîte automatique, pour offrir des performances honorables sur route et à la pompe, avec une consommation maîtrisée aux alentours de 6,5 l/100 km. Tout ceci en attendant, pour la fin de l'année - maintenant que le Vitara est servi -, l'implantation du nouveau moteur hybride auto-rechargeable de 115 ch mêlant essence et bloc électrique. Patience.
Côté prestations routières, le SUV japonais défend ses positions avec une suspension confortable et un comportement sain, assez loin toutefois du toucher de route des reines de la catégorie. Pour le reste, plus élégant et mieux équipé en aides à la conduite que le modèle précédent, mais toujours contrarié par sa présentation intérieure (tableau de bord désuet, insonorisation perfectible), le S-Cross, aux grandes surfaces vitrées, demeure l'une des valeurs sûres du segment, en raison de son rapport prix/équipement encore flatteur.
Notre avis sur la Suzuki S-Cross
Points forts
- L'espace à bord
- Une ergonomie simple
- Un 4x4 peu pénalisé par le malus
- Un Stop & Start rapide
- Un équipement riche
Points faibles
- Une présentation datée
- Une insonorisation légère
- Le prix
- Un châssis peu dynamique
Transmission aux 4 roues, boîte automatique à 6 rapports, consommation mixte WLTP de 6,1 l/100 km et rejets de CO2 de 139 g/km. Poids à vide de 1 310 kg, réservoir de 47 litres, 0 à 100 km/h en 10,2 secondes et vitesse maximale de 195 km/h. Longueur de 4,30 m, largeur de 1,79 m, hauteur de 1,48 m, coffre de 430 à 1 269 litres. Moteur essence 4 cylindres de 1 373 cm3, 129 ch à 5 500 tr/min et 235 Nm de couple entre 2 000 et 3 000 tr/min, avec un module électrique de 13,6 ch et 53 Nm et une batterie de 0,35 kWh. Tarifs de 27 090 € à 34 190 €, pour un malus 2022 de 280 €.
La Suzuki S-Cross face à ses concurrentes
Face à lui, le Dacia Duster Extrême 4x4 115 ch Diesel (à partir de 24 400 €) n'est désormais disponible en 4x4 qu'avec le bloc diesel 1.5 dCi de 115 ch ; les relances sont suffisantes grâce à un couple approchant les 260 Nm, et le moteur se montre très avenant en raison d'un étagement de boîte ultracourt, profitable à ceux qui veulent tracter ou crapahuter, même si cela se ressent sur la consommation (7,5 l/100 km). S'il n'aime pas être trop chahuté - gare au roulis -, le Duster reste agréable en conduite coulée. Le Hyundai Kona 1.6 CRDi Hybrid 4WD (à partir de 33 850 €) est bluffant de maîtrise de consommation pour un poids de 1 500 kg ; il s'apprécie en ville comme en parcours extra-urbain. Micro-hybridé (48V) avec une boîte à double embrayage, il est conçu pour les avaleurs de bitume : outre son efficience impressionnante, l'agrément est bien présent, avec un couple qui permet souplesse et silence de fonctionnement. Si les suspensions sont assez fermes, la direction bien calibrée offre un confort de conduite étonnant.