Essai et avis Kia Sorento 2e génération
Le Kia Sorento abandonne son châssis en échelle pour une coque monocoque, perdant au passage 210 kg et son réducteur, l'âme du vrai tout-terrain. Il troque ainsi son statut de baroudeur contre celui d'un SUV aux vraies aptitudes routières.
Lancé en 2002, l'ambassadeur de la marque avait été restylé courant 2006. Cette fois, le Kia Sorento fait peau neuve : il ne reste rien de la première génération. On le connaissait pour son robuste châssis en échelle, qui permettait quelques exploits en tout-terrain. Il revient modernisé, avec une coque autoportante constituée à plus de 70 % d'acier haute résistance, contre 40 % auparavant, et des suspensions apparentées à celles de l'actuel Hyundai Santa Fe.
Le moteur en profite pour pivoter et quitter sa position longitudinale. Cette implantation transversale a imposé de nouvelles boîtes de vitesses à six rapports, et la transmission a également été revue. D'authentique 4x4, le Kia Sorento est devenu un SUV avec de réelles aptitudes routières. Fort de cette structure monocoque, il perd 210 kg, mais aussi son réducteur de couple, qui faisait l'essence d'un vrai tout-terrain ; de ce fait, la version à boîte manuelle ne peut plus tracter que 2,5 tonnes en remorque freinée. Difficile de gagner sur tous les tableaux pour coller aux aspirations des automobilistes. L'apparition de deux places supplémentaires, disposées dans le plancher du coffre, reste tout de même une bonne nouvelle.
Avec près de 10 cm de plus en longueur (4,70 m) et 3 cm en largeur, l'imposant coréen a pris de l'embonpoint. Cela n'empêche pas Kia d'affirmer le caractère bien trempé de son nouveau Sorento par des lignes agressives, et la qualité perçue fait un véritable bond en avant. Sous le capot, on trouve un nouveau moteur common rail diesel 2.2 litres, un quatre cylindres « made in Kia », souple à bas régime et plutôt bien insonorisé, qui se montre relativement sobre pour un véhicule approchant les 2 tonnes. Il développe 197 ch pour 436 Nm de couple lorsqu'il est associé à une boîte automatique, contre 421 Nm avec la boîte mécanique.
Avec ce produit plus convivial et nettement moins rustique, Kia souhaite assurément changer de cible. Un équipement haut de gamme, un moteur diesel sobre, le volume de coffre, les 7 places et un look plus tendance comptent parmi les points forts de ce Sorento. On lui reproche en revanche d'être peu dynamique, de comporter beaucoup de plastiques durs, un diesel sonore et une boîte de vitesses mécanique lente.
Sur la fiche technique, la version à boîte mécanique à 6 rapports atteint 190 km/h et abat le 0 à 100 km/h en 9,6 secondes, pour une consommation mixte de 6,7 l/100 km (8,8 l en cycle urbain) et des émissions de CO2 de 177 g/km. Elle mesure 4,685 m de long, 1,885 m de large et 1,755 m de haut, avec un réservoir de 70 litres et un coffre de 111 à 1 565 litres. Le moteur 4 cylindres en ligne, à common rail et filtre à particules, développe 197 ch à 3 800 tr/min.
La Kia Sorento face à ses concurrentes
Face à lui, l'Audi A6 Allroad quattro, à partir de 52 000 €, décline de façon plus exclusive l'A6 break : ainsi retravaillée, elle peut s'élancer dans les chemins caillouteux sans la moindre retenue, et son V6 TDI de 2,7 litres, associé à une boîte tiptronic à six rapports, représente sans nul doute l'offre la plus homogène de la gamme, une simple pression sur l'accélérateur suffisant à le mouvoir. Le Volvo XC60 D5, à partir de 38 500 €, premier SUV compact de la marque suédoise, n'a pas mis longtemps à séduire avec sa ligne fluide et dynamique ; bien que pesant près de 2 tonnes, ni sa motricité ni son châssis ne peuvent être pris en défaut, et son bloc D5, un 5 cylindres en ligne diesel 20 soupapes, développe 205 ch à 4 000 tr/min, parfaitement associé à la transmission Geartronic.