Essai et avis Land Rover Defender
Près de soixante ans après sa naissance dans la pénurie de l'après-guerre, le Land Rover Defender reste fidèle à lui-même : un 4x4 authentique, rustique, qui fait toujours aussi peu de concessions au confort et à l'électronique.
Alors que le Freelander 2, le dernier-né de la marque, vient d'être élu « 4x4 de l'Année » par le journal 4x4 Magazine, le vénérable Land Rover Defender continue à faire parler de lui. À l'origine, pourtant, ce véhicule rustique né dans les contraintes de l'après-guerre ne semblait pas promis à un avenir hors du commun. C'était d'abord un outil, doté d'un style indéfinissable, et d'une carrosserie en aluminium, tout simplement parce que l'acier manquait !
Presque soixante ans après, celui qui ne prit l'appellation de Defender qu'en 1990 étonne toujours par ses performances en tout-terrain. Il est devenu un véhicule mythique, adoré par de nombreux fans, et même s'il a parfois montré la voie, il a été diéselisé dès 1957, et a été modernisé (les vitres électriques sont, par exemple, apparues en 2002 !), il est resté un 4x4 authentique faisant peu de place au confort et à l'électronique : les airbags figurent aux abonnés absents et l'antipatinage n'est proposé qu'en option avec l'ABS.
Qu'importe, ce qu'offre ce Defender proche d'un utilitaire, c'est un style de vie et de conduite. Bonne nouvelle, Land Rover vient de le faire évoluer dans le bon sens en le dotant d'un nouveau moteur, un diesel de 2.4 l à rampe commune dérivé de celui du Ford Transit.
Les émissions de CO2 baissent, la vitesse maxi grimpe à 140 km/h et l'agrément progresse grâce à un couple supérieur. Mais aucune boîte automatique n'est annoncée à côté de la boîte manuelle à six rapports.
À l'intérieur, une nouvelle planche de bord permet de diminuer bruits et vibrations, le système de climatisation progresse, les sièges aussi, et surtout, les petites banquettes longitudinales arrière sont remplacées par deux sièges installés face à la route et se repliant sur les côtés. Malgré des suspensions revues, l'inconfort subsiste sur asphalte à la moindre bosse, mais dans les pires conditions d'essai sur le terrain de jeu des essayeurs maison, le sourire revient tant les capacités du Defender épatent. Quelle santé !
Points forts : dinosaure vivant !, agilité en tout-terrain, nouveau moteur plus alerte, aménagement intérieur amélioré, nombreuses variantes de carrosserie.
Points faibles : confort, niveau de sécurité, insonorisation, commandes fermes, équipement, pas de boîte automatique.
4x4 permanent, 3 ou 5 portes, 2 à 7 places. Longueur : 3,64 à 5,17 m. Largeur : 1,79 m. Hauteur : 1,96 à 2,02 m. Réservoir : 60 l (type 90), 75 l (types 110 et 130). Moteur diesel 2.4 l, 8 ou 10 CV, 122 ch. Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Consommation normalisée en cycle mixte (l/100 km). Rejets de CO2 : 10 à 11,1 – 266 à 295.
La Land Rover Defender face à ses concurrentes
Jeep Wrangler à partir de 24 500 €. Rival direct du Defender, le Wrangler vient d'évoluer dans tous les domaines. Il est maintenant proposé en version courte, ou longue à 5 portes baptisée Unlimited, également découvrable. Il existe en essence (V6 199 ch) et surtout en diesel 2.8 l CRD 177 ch, avec BVM ou BVA (à partir de 26 400 €). ESP de série.
Nissan Patrol à partir de 24 500 €. 4x4 traditionnel, robuste, très efficace en tout-terrain, le Patrol réussit à rester dans le coup, avec un habitacle qui a bien évolué. Il est plus confortable que le Defender mais il est lourd et dépasse les 5 mètres en version cinq portes. Son unique moteur diesel de 3 l (160 ch) a vieilli. Il est disponible en BVM ou BVA, et en 7 places.