Essai et avis Volkswagen Polo 2005
Avec une face avant redessinée et une gamme élargie à huit motorisations, le restylage 2005 de la Polo redonne du tonus à une silhouette jugée trop sage. De quoi reconquérir un public séduit par des rivales plus audacieuses.
Le style sérieux ne fait plus recette : les Européens préfèrent aujourd'hui des voitures plus séduisantes. Après des 205 et Clio I plutôt sages, on l'a vérifié positivement avec les 206 et Clio II, et plus négativement chez VW avec ses Passat et Polo. Le public les boudait ; en 2005, les voilà de retour, avec des faces avant bien plus travaillées, une calandre en V et de larges optiques trapézoïdales, des feux arrière transparents plus modernes, la Polo s'offrant en plus une vitre de hayon à découpe en V, réputée apporter plus de dynamisme à la ligne.
A priori, voilà un lifting réussi, capable de redonner du tonus à cette version 2001 (la cinquième depuis 1975) d'une Polo juste rallongée de 1,9 cm. Sur le plan mécanique, rien ne change, si ce n'est une gamme de moteurs élargie à 4 diesels et 4 essence. C'est énorme, mais il fallait bien cela, avec le renfort de carrosseries 5 portes, pour distinguer la Polo de sa rivale venue du Brésil, la VW Fox 3 portes et ses 3 moteurs (essence 55 ch, 75 ch et TDI 70 ch).
En face, la Polo reprend les 3 cylindres essence de 55 et 65 ch, avec les 75 et 100 ch en 4 cylindres. En TDI, le moteur atmosphérique disparaît : on ne conserve plus que des diesels turbo, 3 cylindres de 70 et 80 ch, 4 cylindres de 100 et 130 ch. Cette dernière version récupère une excellente boîte 6 rapports et devient un joli porte-drapeau avec 206 km/h pour 4,3 litres de gazole aux 100 km.
Tout est dit : la Polo s'installe un cran au-dessus pour le comportement et la finition, vraiment remarquable, mais conserve ses défauts, suspension un peu sèche, absence de sensations et bruit des diesels. L'équipement progresse suivant la même courbe ascendante, avec des options haut de gamme, mais, bonne nouvelle, des prix qui restent au niveau précédent. La Polo redevient attrayante, sauf face à la Fox qui, toutes choses égales par ailleurs, coûte environ 2 500 € de moins !
Parmi ses points forts, on retient un restylage réussi, une présentation et une finition soignées, une gamme de moteurs élargie, de bonnes performances et consommations, ainsi qu'une direction et un freinage en progrès. On regrettera en revanche le bruit des diesels, un poids élevé, un équipement de base Trend trop dépouillé, un confort moyen, un prix encore élevé et une banquette arrière non coulissante.
Sur le plan technique, il s'agit d'une berline 3 ou 5 portes, 5 places, longue de 3,916 m, large de 1,650 m et haute de 1,465 m, avec un coffre de 270 à 1 030 litres et un réservoir de 45 litres. La gamme essence comprend un 1.2i 55 (3 cylindres, 1 198 cm3, 6 soupapes, 4 CV, 55 ch), un 1.2i 65 (3 cylindres, 1 198 cm3, 12 soupapes, 5 CV, 65 ch), un 1.4i 75 (1 390 cm3, 16 soupapes, 5 CV ou 6 CV avec boîte auto, 75 ch) et un 1.4i 100 (1 390 cm3, 16 soupapes, 6 CV, 100 ch). La gamme diesel comprend un 1.4 TDI 70 (3 cylindres, 1 422 cm3, 6 soupapes turbo, 4 CV, 70 ch), un 1.4 TDI 80 (3 cylindres, 1 422 cm3, 6 soupapes turbo, 5 CV, 80 ch), un 1.9 TDI 100 (4 cylindres, 1 896 cm3, 8 soupapes turbo, 6 CV, 100 ch) et un 1.9 TDI 130 (4 cylindres, 1 896 cm3, 8 soupapes turbo, 130 ch). Les boîtes sont manuelles à 5 rapports, sauf 6 rapports sur le TDI 130 ; une boîte automatique à 4 rapports est possible avec le moteur essence de 75 ch.
La Volkswagen Polo face à ses concurrentes
Face à elle, la Volkswagen Fox (à partir de 8 990 €), construite au Brésil avec des éléments de Polo, offre un intérieur moins luxueux et seulement 3 moteurs, mais des prestations équivalentes pour 2 500 € de moins : voilà pourquoi elle n'existe pas en 5 portes, et pourquoi on estime que 10 à 15 % des acheteurs de Polo finiront par choisir une Fox. La Suzuki Swift, au même tarif, renforce elle aussi l'opposition à la Polo en attendant l'arrivée des Clio 3 et Punto 3 : construite en Hongrie, peu chère, disponible en 5 portes et bien motorisée (diesel 70 ch, essence 93 et 102 ch), elle affiche une ligne sympathique. Sa finition progresse, sa mécanique aussi, mais la vraie surprise vient de son confort.