Essai et avis MINI Cooper SE
La Cooper SE électrise la citadine préférée des amateurs de conduite sans rien sacrifier au comportement karting qui fait sa réputation. Même coffre et habitacle que la thermique : seuls la calandre fermée et le logo jaune trahissent l'électrique.
Jusqu'à présent, seul le Countryman disposait d'une motorisation hybride rechargeable, représentant plus de 30 % du volume de ventes en France. Avec cette Cooper SE, MINI dispose maintenant de la meilleure version pour la ville, tout en revendiquant un comportement routier de karting digne de son illustre sœur thermique.
Citadine par excellence, les deux versions de cette MINI Cooper, construites sur la même plateforme, sont du pareil au même : seules quelques différences stylistiques, dont la calandre fermée, les jantes profilées et le petit logo jaune évoquant une prise électrique, permettent de les différencier. Même l'espace de vie à bord ne change pas, tout comme le volume du coffre (211 litres seulement), nullement impacté par le pack de batteries (32,6 kWh, dont 28,9 utiles) en forme de T, installé dans le tunnel de l'échappement et sous la banquette arrière, en lieu et place du réservoir d'essence. Cette batterie permet d'accéder à des bornes de charge rapide et de profiter d'une recharge complète en 1h24 seulement (36 minutes pour 80 %), particulièrement adaptée à une utilisation périurbaine quotidienne.
Plus lourde de 145 kg qu'une Cooper S à boîte automatique (soit 1 440 kg, conducteur compris), et dotée d'une garde au sol légèrement surélevée (+1,8 cm) pour loger les batteries, cette MINI électrique procure pourtant un plaisir de conduite à l'avenant, grâce à un centre de gravité plus bas de 3 cm et une meilleure répartition des masses. Animée par un bloc électrique de 184 ch déjà vu sur la BMW i3s, mais tourné à 90° dans un berceau avant spécifique, la Cooper SE développe jusqu'à 270 Nm de couple. Au volant, hormis l'absence d'aboiement de l'échappement, elle offre des sensations proches de sa sœur thermique de 192 ch, avec toutefois une reprise instantanée dès que l'on enfonce la pédale sans ménagement. Avec le 0 à 100 km/h abattu en 7,3 s, sa réaction s'inscrit en conformité avec la réputation d'un modèle comparé à un kart rivé au bitume, bridé à 150 km/h.
Menée à bon rythme dans l'arrière-pays marseillais, la Cooper SE affiche une belle motricité et contient parfaitement son roulis en virages, grâce à ce centre de gravité bas et à des suspensions fermes. Attention toutefois à bien gérer son « effort », car annoncée pour environ 230 km selon le cycle WLTP, un trop-plein d'enthousiasme avec l'accélérateur fait rapidement plonger son autonomie. Mais la MINI Cooper SE est d'abord destinée aux trajets courts, avec quatre modes de conduite programmables, du plus tonique au plus économique, la récupération d'énergie à la décélération pouvant s'ajuster sur une plage assez large.
Elle séduit par ses performances, sa consommation, son aisance en ville, ses équipements de série et son plaisir de conduite. Elle pèche par son autonomie, son confort ferme et la répartition de son poids.
Techniquement, c'est une traction, dont la vitesse maximale est de 150 km/h pour un 0 à 100 km/h en 7,3 s. La consommation moyenne constructeur est de 16,8 kWh/100 km, pour une autonomie de 225 km selon le cycle WLTP. Elle mesure 3,85 m de long, 1,75 m de large et 1,45 m de haut, pour un empattement de 2,50 m, un coffre de 221 à 731 litres et un poids à vide de 1 365 kg. Son moteur électrique synchrone, alimenté par une batterie de 32,6 kWh, développe 184 ch et 270 Nm de couple. Les tarifs vont de 32 900 à 40 800 €, avec un bonus écologique de 6 000 €.
Sur ce segment, la Cooper SE affronte la Peugeot e-208 qui, dans le look comme dans la présentation intérieure, ne se distingue pas de sa sœur thermique ; avec ses 136 ch pour un couple de 260 Nm, elle est particulièrement dynamique et agréable à conduire, notamment en courbe, où sa direction rapide et précise lui permet quelques petits mouvements de caisse bien amortis, grâce à un centre de gravité assez bas — annoncée pour une autonomie de 340 km en mode éco, elle se situe dans l'honnête moyenne des petites routières. Elle croise aussi la Honda e, mignonne et spectaculaire, qui fait envie et se montre performante et très agréable à conduire une fois à son volant ; à la pointe de la modernité, elle n'a pas oublié de soigner sa présentation avec des habillages chaleureux, mais n'est faite que pour la ville, une orientation assumée avec une batterie lithium-ion de 35,5 kWh développant 154 ch et 315 Nm de couple, pour une autonomie de 220 km.