Essai et avis Jeep Compass 2.2
La Jeep Compass troque son bruyant diesel Volkswagen contre un 2.2 litres de 163 ch d'origine Mercedes, embarqué grâce au rapprochement avec Fiat. De quoi faire oublier un look qui n'avait jusqu'ici jamais vraiment convaincu en Europe.
Modèle d'accès au sein de la gamme Jeep, la Compass vient de recevoir, comme sa sœur d'arme la Patriot, une nouvelle motorisation 2.2 litres de 163 ch d'origine Mercedes, en attendant quelques retouches esthétiques.
Commercialisé en 2006 puis restylé en 2009, ce tout-terrain de poche « yankee » n'est jamais parvenu à convaincre en Europe, la faute à un look peu avenant mais surtout aux vocalises du TDI Volkswagen 2 litres de 140 ch. Ce dernier point n'est plus qu'un mauvais souvenir grâce aux Italiens, désireux de capitaliser sur ce label Jeep qui symbolise à merveille l'univers du 4x4.
Entraîné par les déboires de Chrysler, Jeep, qui était l'un des meilleurs satellites du groupe, se retrouve maintenant dans le giron du constructeur Fiat, favorable à la reconstruction progressive de la gamme en s'appuyant sur l'expérience de l'ancien partenariat avec Daimler. C'est ainsi que la Patriot a repris le nouvel habillage plus cossu de la Compass, qui n'est autre que son clone, pourvu d'une carrosserie aux lignes douces et de l'un des moteurs les plus modernes du marché.
Avec 163 ch et un couple de 320 Nm, ce bloc apporte souplesse et surtout silence de fonctionnement. Il est accouplé à une boîte mécanique à 6 rapports ; il n'est pas encore possible d'opter pour une boîte automatique. Il permet néanmoins à la Patriot d'être à l'aise sur route et autoroute, avec des relances tout à fait satisfaisantes et des démarrages énergiques sur les premiers rapports.
La petite déception vient d'une consommation mal maîtrisée, du fait d'une aérodynamique laissant à désirer. Ce baroudeur polyvalent conserve la possibilité de sortir des sentiers asphaltés grâce à sa gestion intelligente du couple sur les 4 roues ; à l'extrême, il est même possible de bloquer le différentiel pour obtenir une répartition 50/50, comme un véritable 4x4. Dans l'immédiat, la Compass n'est diffusée qu'en version Overland, désormais au même prix que la Patriot, soit 29 900 €.
Parmi les points forts de cet essai figurent un moteur performant, une richesse d'équipements et un prix attractif. En revanche, la présentation intérieure, les nombreux bruits d'air, la sonorité du diesel et l'absence de boîte automatique constituent les principales réserves.
Côté chiffres, la Compass a atteint 201 km/h sur circuit lors de l'essai, pour une consommation mixte annoncée de 4,6 l/100 km (7,9 l en cycle urbain, 5,9 l en extra-urbain). Elle mesure 4,40 m de long, 1,81 m de large et 1,65 m de haut, pour un poids de 1 680 kg, un réservoir de 51 litres et un coffre de 515 litres ; ses émissions de CO2 s'établissent à 172 g/km. Le moteur 4 cylindres de 2 143 cm3 délivre un couple de 320 Nm entre 1 400 et 3 600 tr/min.
La Jeep Compass face à ses concurrentes
Face à elle, le Nissan Qashqaï +2 dCi 150, à partir de 30 000 €, profite d'un empattement rallongé de 13 cm et d'une longueur supérieure de 21 cm pour proposer une troisième rangée de deux sièges bien conçue ; son 2.0 diesel d'origine Renault, qui développe 150 ch et délivre son couple de 320 Nm dès 2 000 tr/min, est idéal pour les longs trajets. Le Toyota RAV4 150 D4-D 4x4, également à partir de 30 000 €, profite d'un restylage pour se montrer plus convaincant que jamais ; son 2,2 litres diesel D4-D, qui délivre désormais 150 ch pour un couple de 340 Nm, permet de s'évader en sous-bois tout en souplesse, avec des émissions maîtrisées à 159 g/km.