Essai et avis Jaguar X-Type Break
En lançant un break diesel, la Jaguar X-Type élargit sa cible potentielle de 5 à 86 % des acheteurs du segment. Son 2 litres Ford de 130 ch accuse toutefois un léger déficit face aux 136 ch du même bloc chez le Volvo V50.
Le luxe n'est plus ce qu'il était ! Les goûts ayant évolué, avec ses berlines essence Jaguar ne touchait plus que 5 % des acheteurs potentiels. Comment vivre dans ces conditions ? En adoptant le diesel en octobre 2003 et en lançant un break X-Type début 2004, la cible s'élargit à 86 % : sous la pression du marché Jaguar a renié sans remords ses affirmations passées.
Et vu les scores de Mercedes, BMW et Audi il faut offrir des diesels en haut de gamme. Celui qu'a choisi Jaguar est moderne, mais ce Ford 2 litres plafonne à 130 ch alors que le nouveau Ford-PSA en offre 136 au Volvo V50 (pourtant du même groupe). Un écart pas trop pénalisant grâce au common rail et au fameux overboost, qui peut donner un surcroît temporaire de puissance à l'accélération.
Avec le break, plus long de 4 cm et plus lourd de 60 kilos, les performances sont quasiment inchangées, tout comme la finition. Toujours exemplaire, elle essaie de s'évader du sempiternel « cuir-bois » mais les tentatives vers le carbone ou d'autres matériaux sont moins convaincantes. Reste la ligne, très réussie de profil mais qui manque de personnalité à l'arrière. C'est dommage car le hayon est double, sa vitre s'ouvre séparément et c'est bien pratique.
Pour le reste, on ne sera pas surpris avec du Jaguar pur fruit. Habitabilité quelconque, coffre ne dépassant pas 445 litres, pas de banquette arrière rabattable, pédale de frein spongieuse, suspensions molles et pneus durs, bref, comme d'habitude Jaguar peaufine confort, raffinement et esthétique plutôt que le pratique. La bonne surprise c'est le prix, très raisonnable, qui fait de cette X-Type Estate une vraie voiture d'accès à la marque. Et pour les derniers allergiques au diesel, l'Estate existe aussi en 3 versions essence V6, 2 litres, 2,5 et 3 litres, ces deux dernières en 4 roues motrices.
Points forts : style Jaguar, élégance des lignes, ambiance intérieure, double ouverture du hayon, V6 de 2.5 et 3.0 litres, transmission intégrale.
Points faibles : habitabilité modeste, ouverture des portières arrière, pas de boîte auto avec le 2.0 D, pédale de frein peu précise à l'attaque.
Break, 5 portes, 5 places. Longueur 4,716 m, largeur 1,789 m, hauteur 1,483 m. Coffre 445 litres/1 415 litres. Réservoir 61,5 litres. Moteurs essence : 2.0 V6, 2 099 cm3, 156 ch ; 2.5 V6, 2 495 cm3, 194 ch ; 3.0 V6, 2 967 cm3, 231 ch. Diesel 2.0 D, 1 998 cm3, 130 ch. Boîtes manuelles à 5 rapports sur toutes les versions, auto 5 rapports sauf 2.0 D. Versions 2.0 V6 et Diesel 2.0 D traction avant, 2.5 V6 et 3.0 V6 à transmission intégrale (4x4). Consommations normalisées, en litres aux 100 km, urbain, extra-urbain, mixte (avec BVA) : moteurs essence ; 2.0, 12,9, 7,2, 9,3 (14,5, 7,5, 10,1) ; 2.5, 13,8, 7,3, 9,7 (15,2, 7,7, 10,4) ; 3.0, 14,9, 7,8, 10,4 (15,2, 7,9, 10,6) ; diesel 2.0 D, 7,7, 4,7, 5,8.
La Jaguar X-Type face à ses concurrentes
Rover 75 Tourer à partir de 24 900 €. Vu ses dimensions (4,75 m) son style « so british », sa finition remarquable, son habitabilité, sa conception et son diesel BMW 131 ch, la 75 Tourer n'a rien à envier à la X-Type Estate si ce n'est sa marque, plus prestigieuse. La gamme est limitée à un V6 2.5 mais les diesels (CDT 115 ch et CDTi 131 ch) sont moins chers et peuvent avoir une boîte auto.
Volvo V50 à partir de 24 900 €. Plus court de 20 cm, aussi habitable, le V50 ne rend que 28 litres de coffre à l'Estate et, banquette rabattue, offre un plancher plat. Son diesel 136 ch à boîte 6 est meilleur et plus silencieux, en finition maxi Summum le V50 Diesel est moins cher de 3 500 € que l'Estate Classique. Style scandinave ou britannique ? Ford vous offre les deux !