Essai et avis Mitsubishi Outlander 2.2
Produit aux Pays-Bas plutôt qu'au Japon, contrairement à ses clones français Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser, l'Outlander affiche un prix plus bas et un an de garantie en plus. Mécanique et habitacle sont un copier-coller des cousins PSA.
Mitsubishi va mieux. Partout dans le monde, le constructeur japonais remonte fort — États-Unis +17 %, Europe +18 % — sauf au Japon, où le marché global régresse. Signe du gros succès de son SUV Outlander, sa production va être en partie transférée aux Pays-Bas, dans l'usine Nedcar : Mitsubishi pourra ainsi produire 180 000 SUV par an, contre 113 000 initialement prévus. Paradoxe amusant : si les Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser continueront à être produits au Japon, l'Outlander, lui, le sera en Europe !
Dans ces conditions, un écart logique de prix en sa faveur (avec, en prime, un an de garantie supplémentaire) donne aussitôt un avantage de poids à l'Outlander sur ses clones français. Pour le reste, intérieur, planche de bord, mécanique, c'est « tout pareil », encore plus avec l'arrivée du HDi 2.2 de 156 ch à filtre à particules signé PSA, jusque-là exclusif aux 4007 et C-Crosser. Associé à une excellente boîte à 6 vitesses, il offre un confort sonore et des performances routières de haut niveau, bien supérieures à celles du premier équipement d'origine, un diesel 2.0 Volkswagen de 140 ch. Très sobre, mais aussi bruyant et rugueux, ce dernier n'en reste pas moins au catalogue, pour garantir des prix d'attaque intéressants, à partir de seulement 29 000 €.
En 2.2, ce SUV vaste, confortable, bien fini et équipé, très à l'aise hors bitume grâce à une transmission 4x2-4x4 super-évoluée et pratique, affichant 180 ou 194 g de CO2, ne mérite que des éloges — évidemment, ce sont ceux déjà largement distribués aux 4007 et C-Crosser ! Prix mis à part, la grosse différence tient au style des faces avant et des feux arrière, puisque tout le reste est commun. Sans dénigrer les efforts de Peugeot et Citroën pour donner à leurs SUV un style maison, on doit reconnaître que l'original offre des lignes plus pures, moins chargées et plus séduisantes que celles des dérivés PSA. Pour ceux qui cherchent avant tout la sécurité, cet Outlander, finalement assez sobre (6 l sur route), bon tracteur (2 000 kg freinés) et doté d'un bon rapport prix-prestations, est une affaire à ne pas négliger.
Il séduit par son style extérieur élégant et équilibré, ses qualités routières, son moteur, sa sobriété, sa transmission 4x4 à régulation électronique, ses performances tout-chemin et son rapport prix. Il pèche par l'aspect et la dureté des plastiques de la planche de bord, l'accès au troisième rang de sièges, le confort des sièges escamotables 6 et 7, et une commande de boîte un peu ferme.
Techniquement, c'est un SUV à 4 roues motrices non permanentes, 5 portes, 5 ou 7 places, long de 4,64 m, large de 1,80 m et haut de 1,68 m, pour un coffre de 771 à 1 691 litres (184 litres en configuration 7 places) et un réservoir de 60 litres. Les moteurs diesel sont un 2.2 DI-D de 2 179 cm³ (156 ch, FAP, Euro 4) et un 2.0 DI-D de 1 968 cm³ (140 ch), associés à une boîte manuelle à 6 rapports et à une transmission 4 roues motrices non permanente, avec blocage possible du différentiel. Les consommations normalisées vont de 6,7 à 7,3 l/100 km en mixte selon la motorisation, pour des émissions de 177 à 194 g/km de CO2.
Sur ce segment, l'Outlander affronte le Peugeot 4007 HDi 2.2 dont l'avant, plus massif, semble déformé et boursouflé par rapport au SUV de base, le très élégant Outlander ; à mécanique et performances identiques, les prix catalogue Peugeot sont supérieurs de 900 € au tarif Mitsubishi, avec un an de garantie en moins, un écart qui ne peut être justifié que par un réseau plus dense. Il croise aussi le Hyundai Santa Fe 4x4 CRDi 2.2 qui, avec 4,67 m et 155 ch, en est un rival direct : son premier prix en 4x4 se situe à peine 20 € en dessous de celui du Mitsubishi, et ses deux versions 7 places, à 34 880 et 37 480 €, restent elles aussi au plus près des prix, équipements et prestations de l'Outlander 2.2.