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Essais

Essai et avis Kia Stinger

Avec le Stinger, Kia recrute du beau monde, un ex-designer Audi et un ancien de BMW M, pour signer sa berline la plus aboutie à ce jour. Conçue d'abord pour les marchés américain et chinois, elle doit faire mûrir l'image de la marque en Europe.

Kia Stinger vue de l'intérieur

Le constructeur coréen a décidé de s'attaquer aux véhicules haut de gamme de caractère. Après avoir débauché Peter Schreyer de chez Audi pour renouveler son style, Kia a recruté l'ancien directeur du département M de BMW, Albert Biermann, pour assumer la responsabilité du développement des versions à hautes performances.

Jamais une Kia ne nous aura paru aussi aboutie. Et pourtant, ce n'est pas gagné d'avance pour cette voiture conçue pour les Américains et les Chinois, qui arrive pour faire parler de la marque et lui donner une nouvelle image. Un changement de statut qui demande des années, et pour lequel le constructeur asiatique s'est donné les moyens de ses ambitions. Cette berline pleine de caractère est aussi plaisante à conduire qu'à regarder : elle a une gueule qui ne passe pas inaperçue, avec des ouïes, des optiques et des nervures redessinées avec une touche personnelle, et un arrière en boomerang qui est une belle réussite.

Après l'impact visuel du design extérieur, vient le temps de s'installer à bord. On juge beaucoup le standing sur l'habitacle, et là, l'influence allemande se fait immédiatement ressentir. Le résultat proposé aux clients est plus qu'honorable, la qualité des matériaux sans faille, le système multimédia agréable à l'usage et sans la moindre latence. Elle dispose de tous les équipements dernier cri, ainsi qu'un mode de conduite automatique pendant une dizaine de secondes, combinant le régulateur adaptatif au maintien de voie actif. Grâce à sa dotation de série richissime, la Kia Stinger reste mieux placée que ses rivales.

Longue de 4,83 mètres, la Kia Stinger repose sur l'empattement le plus généreux de la catégorie. Le pavillon tombant dynamise sa ligne au détriment de l'accès, de la visibilité et de la garde au toit, cette faible hauteur limitant également le volume du coffre à 406 litres. Disponible avec un moteur V6 3.3 l turbo essence de 370 ch, la Kia Stinger se décline aussi en diesel, avec un quatre cylindres turbo 2.2 l de 200 ch. Ce dernier anime les roues arrière ou les quatre roues moyennant un supplément de 1 500 €. Plate-forme en propulsion, moteurs essence et boîte de vitesses automatique proviennent tous de la galaxie Hyundai. Quelle que soit la motorisation retenue, elle impose une boîte automatique classique à huit rapports, conçue en interne.

Avant de s'élancer sur les routes de l'île de Majorque, quelques tours de piste s'imposent au volant du V6 de 370 ch : hyper coupleux dès le régime ralenti et proposant une belle allonge au-delà de 6 000 tr/min, il se conduit comme un gros V8, tandis que l'endurance des freins Brembo est assez impressionnante. On a du mal à se convaincre que l'on est à bord d'une Kia, tant on n'a pas été habitué à tant de vélocité.

Passons au test grandeur nature avec la motorisation diesel, qui représente encore 78 % des commandes de ce segment. Sa particularité est d'être proposée à la fois en propulsion et en quatre roues motrices, quand la version V6 essence n'est vendue qu'en transmission intégrale. Au volant, le coupé « familial » fait oublier sa masse grâce à un châssis agile et très bien équilibré. Disposant de sa propre usine d'acier et privilégiant ce métal dont elle peut profiter à coûts réduits, la Stinger affiche 1,7 tonne en deux roues motrices diesel sur la balance. Ce n'est pas pour autant qu'elle se balance lors des enchaînements de virages serrés : au contraire, elle vire instantanément, sans jamais menacer d'élargir la trajectoire. Fermement amortie, elle tient parfaitement ses mouvements de caisse sur les routes cahoteuses, le coup de patte de l'ancien chef du développement châssis chez BMW étant omniprésent dans ce compromis entre confort et tenue de route.

Coque rigide, équilibre amusant, toucher de route rassurant : on se plaît à emmener cette Kia Stinger dans des zones interdites, tant elle affiche une sérénité qui permet de savourer la précision extrême de sa direction. Grâce à son excellent châssis, à sa ligne qui détourne les regards et à un équipement royal, la Kia Stinger se hisse au niveau des références du monde du premium, elle aussi garantie 7 ans ou 150 000 km. Mais c'est avant tout un achat coup de cœur.

Le rapport prix-performances, les designs extérieur et intérieur, le comportement routier, une direction directe, une transmission intégrale très réactive, un châssis agile et efficace, l'équipement complet et la garantie de 7 ans comptent parmi les points forts de cette Stinger. On lui reproche en revanche un poids important, un diesel bruyant et gourmand, des détails de finition parfois négligés, un volume de coffre limité, le malus et un prix d'achat conséquent.

Sur la fiche technique, cette propulsion à boîte automatique 8 rapports atteint 230 km/h, pour une consommation mixte usine de 5,6 litres et des émissions de CO2 de 147 g/km. Elle mesure 1,87 m de large et 1,40 m de haut, pour un empattement de 2,91 m, un coffre de 406 à 1 114 litres, un réservoir de 60 litres et un poids de 1 778 kg. Le moteur diesel 4 cylindres à injection directe, de 2 199 cm3, développe 200 ch à 3 800 tr/min et un couple de 440 Nm à 1 750 tr/min. Les tarifs s'échelonnent de 44 400 à 49 800 € pour le 2.2 CRDI 200 ISG BVA en 4x2 et 4x4, et à 59 900 € pour le 3.3 T-GDi 370 ISG 4x4, avec un malus de 1 050 €.

La Kia Stinger face à ses concurrentes

Face à elle, la BMW Série 4 Gran Coupé, à partir de 45 400 €, avec cette version 4 portes du coupé à hayon, touche à la fibre émotionnelle et à la sportivité ; joliment dessinée, elle ne manque pas d'allure et d'élégance, et s'appuyant sur la plate-forme du coupé avec un empattement et des trains roulants identiques, sa tenue de route se révèle exemplaire, avec une caisse qui conserve sa rigidité et une liaison au sol ferme et efficace, un centre de gravité bas et un train avant très précis qui enlève toute forme de roulis. L'Audi A5 Sportback 2.0 TDI, à partir de 44 300 €, n'exclut pas certains aspects pratiques malgré sa ligne effilée, avec ses 4 portes et son hayon ; grâce à sa nouvelle plateforme, elle a gagné en légèreté malgré des dimensions en hausse, se montrant plus généreuse pour ses occupants, et montée sur une suspension sport, elle affiche une efficacité routière et un agrément de conduite intéressants, vive, agile et équilibrée, stable dans les courbes rapides, seul son amortissement un peu trop sec venant ternir le tableau d'une excellente routière.

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