Essai et avis Kia e-Niro
Avec 455 km d'autonomie homologués WLTP, le Kia e-Niro veut en finir avec le stress de la jauge électrique et la peur de la panne loin d'une prise. Une avancée qui rend enfin la voiture électrique crédible pour un usage quotidien.
Avant d'en arriver là, la marque coréenne profite de la sortie de ce modèle pour démontrer que plusieurs barrières peuvent être levées, particulièrement en ce qui concerne l'autonomie. Sauf à mettre le prix, chez Tesla par exemple, jusqu'ici la voiture électrique était très loin de répondre aux attentes de la majorité des automobilistes. Avec le Kia e-Niro, la marque coréenne démontre l'inverse en faisant tomber plusieurs barrières. La première d'entre elles, c'est l'autonomie : fini le stress de la jauge électrique, fini celui de tomber en panne en rase campagne loin d'une précieuse prise, et terminée l'impossibilité de prendre la voiture pour un parcours dépassant 200 kilomètres.
En effet, la nouvelle Kia e-Niro offre une autonomie de 455 kilomètres, calculée par un organisme indépendant selon la norme WLTP, beaucoup plus réaliste que la norme NEDC largement utilisée lors du lancement des premiers véhicules électriques. En clair, ces 455 kilomètres correspondent à un usage mixte classique. Si vous roulez à 130 km/h sur autoroute, l'autonomie se limitera à un peu plus de 300 kilomètres, alors qu'en parcours urbain on pourra dépasser les 600 kilomètres.
Cette autonomie n'est cependant pas le seul point fort de la voiture : il y a aussi la question du prix, contenu au regard des prestations proposées. 36 500 euros, bonus déduit, est le montant demandé pour la première version dotée du pack batterie permettant les 455 kilomètres. À ce prix, le e-Niro offre les avantages d'un SUV de taille moyenne avec un équipement de base permettant de satisfaire un grand nombre d'automobilistes, incluant le régulateur adaptatif, le chargeur de téléphone par induction et bien d'autres éléments encore. Et surtout, il y a cette garantie de 7 ans, y compris sur les batteries, qui n'est pas sans apporter une certaine sérénité.
Enfin, un troisième élément n'est pas à oublier : le style et les performances routières. Ce SUV aux lignes actuelles est doté d'un intérieur confortable ; seuls des plastiques un peu trop rigides à notre goût l'empêchent d'accéder au tout premier rang, mais ce n'est pas vraiment le but recherché. En termes de conduite, le premier constat est la vivacité de la voiture : les 200 chevaux sont au rendez-vous et le couple imposant permet de belles accélérations. En usage normal, le mode sport ne s'impose absolument pas ; même en mode éco, la voiture reste agréable à conduire tout en permettant de grappiller sur l'autonomie. Sur quelques kilomètres, nous avons même poussé la voiture dans ses derniers retranchements avec le mode éco+, et là encore, pas de déception. Côté comportement, les ingénieurs ont travaillé pour abaisser le centre de gravité au maximum, ce qui permet au passage de préserver un volume de coffre intact et surtout de limiter le roulis.
À noter que la voiture est équipée de palettes au volant qui permettent de gérer le niveau de récupération d'énergie dans les phases de décélération, et dans le même temps l'intensité du freinage moteur. L'ergonomie autour de ces palettes est telle que l'utilisateur régulier devrait rapidement apprendre à s'en servir. Il s'agit là d'une nouvelle façon de conduire, à l'image de l'utilisation du régulateur, qui permettra à l'automobiliste « malin » de gagner encore quelques kilomètres, même si, de toute façon, les ingénieurs ont travaillé pour que les phases de freinage classiques régénèrent également les batteries.
L'autonomie, la dotation technologique, la vivacité, le silence de fonctionnement et le coffre comptent parmi les points forts de ce e-Niro. Seule réserve notable : un plancher un peu haut aux places arrière.
Sur la fiche technique, cette traction à mono-rapport à réducteur abat le 0 à 100 km/h en 7,8 secondes pour une vitesse de pointe de 167 km/h, avec une consommation de 159 Wh/km et aucune émission de CO2. Elle mesure 4,37 m de long, 1,80 m de large et 1,56 m de haut, pour un empattement de 2,70 m, un coffre de 451 à 1 405 litres et un poids de 1 791 kg. Le moteur électrique développe 204 ch et un couple de 395 Nm, pour une autonomie de 455 km en cycle mixte WLTP, jusqu'à 615 km en cycle urbain. Les tarifs s'échelonnent de 38 500 € pour la version e-active 136 ch à 46 500 € pour la finition e-premium essayée, avec un bonus de 6 000 €.
La Kia e-Niro face à ses concurrentes
Face à lui, la Tesla Model S 75D, à partir de 90 800 €, impressionne dès l'habitacle avec son écran géant de 17 pouces faisant office de véritable ordinateur de bord, une vision qui place d'entrée dans l'ambiance d'une rupture technologique ; même sur cette première version, les performances sont époustouflantes, avec 4,4 secondes pour atteindre les 100 km/h, mais il faut se méfier de l'autonomie, annoncée à 490 km selon la norme NEDC, donc moins dans la majorité des cas, les modèles supérieurs étant nécessaires pour gagner en rayon d'action. La Jaguar i-Pace, à partir de 78 770 € hors bonus écologique, séduit par ses performances et son prix, plus bas qu'une Tesla Model S 75D ; de quoi en faire une rivale sérieuse, même si le manque de superchargeurs et l'absence de dispositif comparable à l'Autopilot donnent encore de sérieux avantages à la marque californienne. La marque britannique rassure toutefois ses clients avec une assistance « panne électrique » offerte les trois premières années, et une autonomie de 470 kilomètres selon la norme WLTP.