Essai et avis Jeep Cherokee Plateforme Fiat
Développé sur une base Fiat et affublé d'une robe bien plus séduisante que baroudeuse, le nouveau Jeep Cherokee part à l'assaut des Audi Q5, BMW X3 et Volvo XC60 avec les diesels italiens Multijet de 140 et 170 ch.
Pas facile de conserver l'esprit Jeep, tout en répondant aux impératifs industriels d'un marché résolument tourné vers les SUV premium plus que les 4x4 purs et durs. Bien que le Cherokee soit développé sur une plate-forme Fiat (premier modèle de cette alliance), la mythique marque américaine n'a pas complètement vendu son âme au diable. Certes, la robe séduisante et fluide n'est plus en adéquation avec la tenue de camouflage enfilée pour aller crapahuter. De toute façon, pour aller taquiner la concurrence (Audi Q5, BMW X3 ou Volvo XC60), Fiat n'avait pas trop le choix des armes pour son Cherokee.
Le 2.0 Multijet italien : oublié l'antique châssis du Dodge Nitro. Désormais, le pionnier des SUV (30 ans d'histoire tout de même) se conjugue avec la plateforme « compact wide » dérivée de la Giulietta et des diesels italiens (2.0 Multijet 140 et 170 ch). En lui offrant une base de berline compacte, avec des liaisons au sol devant préserver un certain moelleux, n'était-ce pas le priver de sa référence : les aptitudes tout-terrain ? Le Cherokee ne craint personne dans la catégorie.
Aux côtés de ses versions d'attaque avec deux roues avant motrices, il propose sa nouvelle transmission intégrale (quatre roues motrices) déclinée en trois versions : Active Drive I (répartition automatique entre les roues avant et arrière selon l'adhérence), Active Drive II (ajoute une gamme de rapports courts) et Active Drive Lock avec différentiel arrière autobloquant, réservé au Trailhawk, toutes équipées du système Selec-Terrain.
Garde son ADN : synergies de groupe obligent, les motorisations diesel, qui feront l'essentiel des ventes en Europe, sont évidemment transalpines. Il s'agit du 2 litres Multijet II, décliné en 140 ch et 170 ch, ce dernier étant proposé (en série) en 4x4, accouplé à la récente boîte ZF 9 rapports. Dans l'optique d'un usage utilitaire, c'est toutefois le sage 140 ch exclusivement accolé à une boîte manuelle, mais pouvant être choisi en traction (34 990 €) ou quatre roues motrices (37 100 €), qui sera plébiscité. Malgré sa masse excessive (1 753 kg) pénalisant l'efficacité en courbes, il offre une agilité étonnante alors que ses accélérations et relances sont correctes mais sans plus. Du coup, on s'adapte, en anticipant les dépassements et autres reprises.
Bref, si ce Cherokee tutoie maintenant le monde des SUV, il est toujours capable de grimper aux arbres ou de patauger dans la gadoue. Et oui, l'ADN de Jeep est toujours bel et bien là, à l'image de sa calandre à sept fentes !
Points forts : confort de suspension, aptitude tout-terrain en 4x4, modularité intéressante, finition en progrès.
Points faibles : prix trop élevé, châssis pataud, diesel creux et rugueux, volume du coffre.
Vitesse maxi : 189 km/h. Accélération 0-100 km/h : 13,3 s.
Consommation mixte (données constructeur) : 10 l/100 km.
Longueur : 4,62 m. Largeur : 1,86 m. Hauteur : 1,67 m. Poids : 1 945 kg. Réservoir : 60 litres. Coffre : 260 à 960 litres. Émissions CO2 : 147 g/km, malus 900 €.
Moteur : 4 cylindres turbodiesel. Cylindrée : 1 956 cm3. Puissance : 140 ch à 3 750 tr/min. Couple : 350 Nm à 1 500 tr/min. Transmission : intégrale. Boîte : mécanique 6 vitesses.