Essai et avis Honda Insight
Plutôt que de miser sur le diesel, Honda a choisi la voie hybride avec l'Insight, qui combine moteur essence et moteur électrique, récupère l'énergie du freinage et coupe le moteur thermique à l'arrêt en ville.
Consommer moins pour diminuer les émissions de CO2 et l'effet de serre, voilà l'objectif prioritaire de tous les constructeurs. L'Europe est sur la bonne voie avec des diesels extraordinaires, les meilleures petites voitures passant déjà sous les 4 litres aux 100 km. N'aimant pas le diesel, les Japonais ont développé l'injection directe essence. Raté : les moteurs GDI de Mitsubishi, même devenus HPi chez PSA, sont loin d'offrir les mêmes avantages que les diesels à injection directe. Toyota et Honda ont donc franchi une nouvelle étape avec des voitures hybrides.
À leur moteur essence, elles ajoutent un second moteur, électrique. Il puise son énergie dans des batteries rechargées par un gros alternateur bobiné sur le volant du moteur thermique. Seconde astuce, on récupère l'énergie du freinage pour regonfler les accus. Troisième atout, l'alternateur sert aussi de démarreur : en ville, on peut couper le moteur à chaque arrêt et redémarrer aisément sans polluer.
Hybride très sophistiquée, la Honda Insight est un petit coupé à traction avant, très bien profilé et ultra léger, 820 kilos, parce qu'entièrement réalisé en aluminium. Son petit trois cylindres de 995 cm3 fournit 68 ch, et son moteur électrique 8 ch, soit 76 ch au total. De quoi pointer à 180 km/h et passer de 0 à 100 km/h en 12 secondes, des chiffres très honorables au regard d'une consommation ECE réduite à 3,4 litres aux 100 km.
À titre expérimental, Honda fait rouler deux Insight en France, identiques à celles commercialisées au Japon. Sur plus de 2 000 km, nous avons pu consommer environ 4 litres aux 100, avec un minimum de 3,2 litres en France sur route à 90 km/h, et un maximum de 5,2 litres en Allemagne, à 120 km/h de moyenne, entre autoroute et ville. Ces résultats ont été obtenus sans chercher l'économie à tout prix, ce qui en fait toute la valeur.
Lorsqu'on « appuie sur le champignon », le moteur électrique vient épauler le thermique et les accélérations deviennent franches. Au tableau de bord, on voit les batteries se vider un peu, puis se regonfler au premier coup de frein ou lorsque la demande de puissance est faible. En ville, on recharge encore mieux et l'on s'habitue à voir le moteur s'éteindre à chaque feu rouge. On repasse la première et il repart, en douceur, pour ne pas brûler l'essence qu'il vient d'économiser à l'arrêt. Le système est très au point et efficace.
Cette hybridation Honda est à coup sûr une très bonne technologie, économique et agréable. L'Insight n'a qu'un défaut : à cause de ses deux moteurs et de sa puissante électronique, elle vaudrait pas loin de 170 000 francs si elle était vendue en France. Pour deux places et sans coffre, c'est cher, mais il fallait bien commencer un jour par une petite série pour prouver que l'hybride, c'est formidable, en essence comme, demain, en diesel.