Essai et avis Honda Accord 8e génération
Plus grande et plus lourde de 100 kg, la nouvelle Honda Accord gagne en habitabilité, en sécurité aux crash-tests et en finition sans faire grimper ses consommations, à l'exception du break Tourer dont le coffre rétrécit.
Quelques jours après les Mazda 6, voici les berline et break Accord de 8e génération. La même démarche chez les deux nippons ramène une Honda fort proche de celle de 2003, mais plus fluide et élégante de style, qui masque à merveille une prise de poids (100 kg) et des dimensions plus généreuses. À 4,72 m, l'Accord 2008 gagne 5 cm en longueur, 8 en largeur et 0,5 cm en hauteur, ce qui pénalise son aérodynamique. Plus habitables, à l'exception du coffre du break Tourer qui rétrécit, les Accord reviennent encore plus sûres aux crash-tests, plus luxueuses et mieux finies.
Égalant les meilleures européennes en qualité et en design, elles ne suivent pas la mode actuelle en conservant une multitude de boutons au tableau de bord. Également mieux insonorisées, elles devraient payer ces progrès par des consommations en hausse. Erreur : elles diminuent toutes, car Honda a sorti de son chapeau de meilleurs moteurs, un 2.0 de 156 ch, un 2.4 revu à 201 ch et un diesel 2.2 de 150 ch, superbement dépollué et qui, à 148 g de CO2, échappe au malus, mais au bonus aussi. Bien servi par une excellente boîte 6, le diesel enchante par son punch ; le 2.4 essence déçoit, et sa boîte automatique 5 rapports commence à dater.
Souveraine, la tenue de route progresse encore, mais au prix d'un durcissement des suspensions qui rend le confort moins évident. L'évolution technique n'est donc pas énorme, les points les plus revendiqués par Honda tenant à sa gestion électronique. Ainsi, une nouvelle assistance électrique de direction permet de renforcer les aides à la conduite.
En résumé, les Accord vous rappellent d'abord à l'ordre, puis réagissent avant vous, amorçant même freinage ou braquage pour vous indiquer la marche à suivre. C'est assez déroutant au départ, peut-être utile après apprentissage, mais à coup sûr déresponsabilisant pour le conducteur. Est-ce bien utile ? La question reste posée.
Lors de l'essai, le style séduisant, les performances et la tenue de route, la consommation réduite du diesel, la qualité de l'intérieur et le rapport prix/équipement ont constitué les principaux points forts. Des suspensions fermes, un confort de sièges un peu « allemand », le niveau sonore du i-DTEC, le volume de coffre du break Tourer et une boîte automatique 5 rapports dépassée ont en revanche été relevés comme points faibles.
Sur la fiche technique, l'Accord se décline en traction, en berline ou en break, avec 4 ou 5 portes et 5 places. Elle mesure 4,726 m de long (4,74 m pour le break Tourer), 1,84 m de large et 1,44 m de haut (1,47 m pour le Tourer), pour un coffre de 476 litres (406 litres pour le Tourer) et un réservoir de 70 litres. La gamme essence comprend un 2.0 i-VTEC de 1 997 cm3 (9 CV, 156 ch) et un 2.4 i-VTEC de 2 354 cm3 (13 CV, 201 ch), complétée par un diesel 2.2 i-DTEC de 2 199 cm3 (8 CV, 150 ch), équipé d'un FAP et dépollué selon la norme Euro 5, en avance sur la réglementation. Les moteurs de 156 et 150 ch reçoivent une boîte manuelle à 6 rapports, tandis que les 156 et 201 ch peuvent recevoir une boîte automatique à 5 rapports. En cycle mixte normalisé, la berline consomme 7,2 l/100 km (170 g de CO2) en 2.0 BVM6, 8,8 l (209 g) en 2.4, et 5,6 l (148 g) en diesel 2.2 ; en BVA5, 7,5 l (178 g) en 2.0 et 8,6 l (204 g) en 2.4. Le break Tourer consomme 7,3 l (173 g) en 2.0 BVM6, 9,0 l (215 g) en 2.4, et 5,9 l (155 g) en diesel ; en BVA5, 7,7 l (183 g) en 2.0 et 8,9 l (211 g) en 2.4.
Sur ce segment, l'Accord doit composer avec la Ford Mondeo, à partir de 21 850 euros, qui par son style, son équipement et sa finition parvient à égaler nombre de grosses berlines et vient d'hériter d'une version HDi à FAP de 175 ch, très haut de gamme, qui fait mieux que la nouvelle Accord tout en ne coûtant que 30 850 euros, même si elle ne dispose pas des systèmes électroniques de l'Accord. Elle affronte aussi la Mazda 6, à partir de 21 850 euros, séduisante par sa jolie ligne et son intérieur modulable Karakuri, incontestablement plus pratique que celui de ses rivales, mais aux motorisations moins brillantes, bien que plus nombreuses et mieux adaptées à la recherche de basses consommations, avec des suspensions un peu plus douces que celles de l'Accord.