Essai et avis Ford S-Max
Né du divorce avec Volkswagen, le Ford S-Max reprend la plateforme de la future Mondeo pour offrir 7 places et la modularité d'un monospace, sans l'image camionnette. Plus court et plus bas que le Galaxy 2, il vise un pilotage agréable, voire sportif.
Les grands monospaces n'ont jamais été légion. Pour les produire à des prix acceptables, il faut donc ruser. Ainsi, alors que Renault construit sur la même base Laguna, VelSatis et Espace, Ford faisait chaîne commune avec VW pour les Galaxy, Sharan et Alhambra. Après le divorce, VW a gardé l'usine (au Portugal) et Ford a conçu son Galaxy 2 à partir de la plateforme de la future Mondeo.
Hélas, on était encore loin du compte, aussi Ford a-t-il pris le risque d'en créer un second, le S-Max, proche du premier mais « avec tout ce qui manque d'habitude au monospace classique » pour séduire d'autres clients. On a conservé les 7 places et la modularité, mais banni l'arrière « camionnette », allégé le style extérieur et rendu le pilotage agréable, voire sportif avec les moteurs puissants. In fine, bien au-delà des moteurs et boîtes, 70 à 80 % des pièces sont communes.
Plus court de 5 cm, plus bas de 8 cm, plus élégant, visiblement sportif, le S-Max sera lancé en premier. Essayé en version essence 220 ch, son 5 cylindres d'origine Volvo fait merveille, la boîte 6 et la tenue de route également. Un peu lourd du nez, il enroule pourtant les virages comme une sportive, avec un roulis bien contenu, en tous cas aussi bien que les grands breaks ou SUV que ce monospace nouvelle manière vient titiller. C'est une bonne surprise, d'autant que le confort, le silence et les atouts du monospace familial sont idéalement conservés, avec 5 sièges arrière s'escamotant dans un plancher plat.
Cette configuration sonne le glas de la roue de secours, remplacée par un kit de réparation ou des pneus runflat pouvant rouler 80 km une fois crevés. Avec finition et équipement au top, ainsi que des prix raisonnables, le S-Max redonne du sang neuf à une catégorie qui s'endormait sur ses lauriers et n'innovait plus.
Parmi les points forts : un style innovant et dynamique, le comportement routier, un moteur excellent à la reprise (essence 220 ch), une boîte 6 bien étagée et maniable, un habitacle modulaire bien conçu et une bonne ergonomie. Côté points faibles : le poids, le sautillement des roues sur mauvais revêtement, des remontées de bruit à l'arrière (avec l'option plateau sur rails) et des rangements pas forcément bien situés.
Monospace, traction, 5 portes, 7 places. Longueur 4,77 m, largeur 1,88 m, hauteur 1,61 m. Coffre de 285 litres (7 places) à 755 litres (5 places), réservoir de 70 litres. Moteurs essence : 2.0 Duratec (1 999 cm3, 145 ch), 2.5 Duratec 5 cylindres turbo (2 522 cm3, 220 ch) ; diesels : 1.8 TDCi (1 753 cm3, 125 ch), 2.0 TDCi (1 998 cm3, 140 ch). Boîtes manuelles à 5 rapports (2.0 essence) ou 6 rapports pour les autres moteurs. Consommations normalisées mixtes (l/100 km) : 2.0 essence, 8,1 ; 2.5 essence, 9,4 ; 1.8 TDCi, 6,2 ; 2.0 TDCi, 6,4.
Parmi les rivales du Ford S-Max, le break Peugeot 407 SW HDi 136 ch (à partir de 26 600 €) offre un comparatif serré avec le S-Max : plus court de 9 cm, son poids lui donne un avantage en vitesse maximale (12 km/h) peu exploitable, et 0,4 seconde au 0-100 km/h, avec 5,9 litres en moyenne contre 6,4 pour un S-Max tout aussi réussi en style, offrant 5 places (7 en option) pour un prix de 29 350 €, contre 26 600 € pour la Peugeot. Autre rivale, le Grand Scénic (7 places) dCi 150 ch, au même prix : il faut rajouter 830 € à la facture du Ford pour obtenir 7 places. Plus rapide (+8 km/h et -0,4 seconde au 0-100) et plus sobre (0,4 litre en moyenne), le Scénic n'est battu que pour le coffre. Plus court (4,49 m), il est aussi logeable et confortable, mais son style et sa finition commencent à dater.