Essai et avis Ford Ranger Raptor
Testé dans les dunes côtières marocaines, le Ford Ranger Raptor pousse le concept du pick-up à l'extrême avec un gabarit en hausse et une garde au sol de 28,3 cm. De quoi ne plus avoir grand-chose à envier à un vrai tout-terrain.
Véritable outil multifonction, le nouveau Raptor ne semble avoir aucune limite. Pour se montrer sous son meilleur jour sur le remarquable terrain de jeu que représentent les dunes côtières de l'ouest marocain, le Ford Ranger a bénéficié d'une véritable cure de muscles. Son lien de parenté avec le Ranger classique ne tient d'ailleurs plus qu'à son nom.
Avec son look de grosse bête, Raptor étant le diminutif de vélociraptor, le dinosaure popularisé par les films Jurassic Park, tout droit échappé de la Baja californienne, il ne passe pas inaperçu. Son gabarit hors norme atteint 5,34 m de long, soit 4,4 cm de plus que le Ranger classique, pour 2,18 m de large et 1,87 m de haut, soit 5,2 cm de plus. Cette prise de volume s'explique assez simplement : avec une élévation du centre de gravité de 50 mm, qui porte la garde au sol à 28,3 cm, la seule solution pour éviter le risque de retournement consistait à élargir le véhicule de 167 mm. Son dessin musculeux n'a donc rien d'une esbroufe.
Pragmatique, le Ranger Raptor est avant tout conçu pour s'adapter aux conditions les plus inhospitalières. Sa polyvalence indiscutable lui permet de troquer son casque d'utilitaire pour sa casquette de véhicule de loisir ou de voiture familiale. Il se distingue de ses frères par sa calandre barrée d'un énorme logo Ford, par ses élargisseurs d'ailes en matériau composite et par ses pare-chocs inédits. Son plateau de chargement, long de 1,58 m et large de 1,56 m, lui permet de transporter des matériaux, du mobilier ou un quad.
Conçu en acier haute résistance à basse teneur en alliage, le châssis séparé du Raptor offre une robustesse inédite dans la gamme Ranger, l'architecture arrière accompagnant parfaitement le guidage de l'essieu. Avec ses grands débattements de suspension, sa garde au sol généreuse, ses pneus profondément sculptés et ses boucliers modifiés pour offrir des angles d'attaque et de fuite encore plus importants, le Raptor est presque en situation de grimper aux arbres.
Sous le capot, pas de gros V8 glouton mais un raisonnable 2 litres diesel à 4 cylindres, associé à la boîte automatique à 10 rapports qui équipe déjà la Mustang. Intelligente, cette transmission peut sauter des rapports sans causer le moindre désagrément. Ce bloc développe 213 ch mais surtout un couple impressionnant de 500 Nm, les deux turbos de tailles différentes gommant pratiquement tout temps de réponse. Le quatre cylindres peut atteindre une vitesse maximale de 170 km/h. En bon tout-terrain, une molette près du levier de vitesses permet de passer de deux à quatre roues motrices, avec des rapports longs ou courts.
Avec son moteur diesel puissant, un châssis renforcé, un système d'amortissement et de suspensions prêt à encaisser tous les chocs, et six modes de conduite adaptés à toutes les situations, le Ford Raptor se révèle particulièrement efficace et amusant. Reste que si son prix de 56 550 euros semble justifié au regard de ses prestations, le malus de 10 500 euros risque d'en refroidir plus d'un.
Lors de l'essai, la robustesse, l'équipement complet, le comportement routier, la polyvalence en tout-terrain et un confort surprenant pour la catégorie, ainsi que son look ludique, ont constitué les principaux points forts. Le malus écologique, l'absence de rangement dans la cabine et un prix assez élevé ont en revanche été relevés comme points faibles.
Sur la fiche technique, le modèle essayé associe une transmission aux quatre roues et une boîte automatique à 10 vitesses à un quatre cylindres diesel EcoBlue bi-turbo de 1 996 cm3, développant 213 ch à 3 750 tr/min et 500 Nm de couple dès 1 750 tr/min, pour un 0 à 100 km/h en 10,5 secondes et une vitesse maximale de 170 km/h. Les émissions de CO2 s'élèvent à 233 g/km, synonymes d'un malus de 10 500 euros. Le véhicule mesure 5,36 m de long, 2,03 m de large et 1,87 m de haut, pour un empattement de 3,22 m et un poids de 2 510 kg.
Sur ce segment, le Raptor doit composer avec le Mercedes Classe X 350d, à partir de 51 708 euros hors malus, qui a emprunté la base technique du Nissan Navara tout en la modifiant, avec une ligne propre, des voies élargies, un intérieur redessiné et des freins à disque à l'arrière, désormais disponible avec un V6 de 258 ch et doté d'une transmission intégrale permanente et d'un blocage de différentiel arrière qui le rendent redoutable sur terrain accidenté. Il affronte aussi le Volkswagen Amarok 3.0 V6 TDI, à partir de 52 680 euros hors malus, restylé et doté de finitions toujours plus cossues, avec un moteur V6 proposé en 163, 204 ou 258 ch, dont l'un des atouts reste le tarif intéressant mais aussi le confort, l'arrière ne rebondissant pas sur les bosses en charge malgré des ressorts à lames.