Essai et avis Ford Ranger
Grâce à une homologation ancienne en utilitaire, le Ford Ranger échappe au malus malgré des émissions supérieures aux seuils actuels. De quoi expliquer l'engouement pour ce pick-up, décliné en séries spéciales haut de gamme comme le Wolftrack.
Histoire de continuer à embêter le Toyota Hilux, dominateur sur le marché des pick-up, l'actuelle génération de Ford Ranger, majoritairement prisée par les professionnels, s'est fendue de plusieurs séries spéciales limitées haut de gamme, disponibles tant en super-cabine qu'en double cabine.
Pour mieux comprendre l'engouement pour ces véhicules dans l'hexagone, il faut savoir que les Ford Ranger ne sont pas assujettis à des malus, même avec des émissions au-dessus des seuils fixés par le gouvernement. La raison en est que ces modèles bénéficient d'une homologation ancienne en camion plateau, qui les fait passer pour des véhicules utilitaires, pour lesquels la TVS et le malus écologique appliqués aux modèles double cabine ne s'appliquent pas. Retour sur les mises en situation du côté du Castellet, qui mettent en exergue les qualités de ce quatuor.
Le Ford Ranger Wolftrack, le plus abordable de la gamme, est principalement destiné aux professionnels ayant besoin d'un espace de chargement important, 1 145 kg de charge utile dans la benne, tout en souhaitant retrouver le confort d'un SUV. Il soigne davantage son apparence et son niveau de confort que l'aspect utilitaire. Entraîné par le diesel EcoBlue 2.0 litre de 170 ch et 420 Nm de couple, il bénéficie en série du blocage de différentiel arrière, complétant ainsi la possibilité de passer de 2 à 4 roues motrices jusqu'à 130 km/h, en boîte longue ou courte, mécanique à 6 rapports ou automatique à 10 rapports, la même que la Ford Mustang. Autant de possibilités qui lui confèrent de bonnes aptitudes en tout-terrain malgré son grand gabarit, 5,35 m de longueur et 1,92 m de largeur. Sur un terrain dédié au franchissement, croisements de ponts, impressionnants dévers et descentes ou montées à 45 %, il n'a fait qu'une bouchée des obstacles. Il est disponible en super-cabine comme en double cabine, tout en étant financièrement le plus abordable des modèles.
Basé sur la finition haut de gamme Wildtrack, le Ford Ranger Stormtrack est la version la plus cossue du pick-up à l'ovale, sans se départir du côté utilitaire. Sellerie en cuir grainé, plaques de seuil de porte rétro-éclairées, convertisseur électrique 230V/150W, caméra de recul, livrée exclusive rouge Lucid, rideau de benne mécanisé, sans oublier la charge utile d'une tonne et le poids maximal de remorquage de 3 500 kg : le Stormtrack est la synthèse parfaite entre un véritable pick-up et un véhicule plus adapté à l'usage routier. Sous le capot, on retrouve la version la plus puissante du 4 cylindres diesel 2.0, 213 chevaux et 500 Nm de couple, associée à une boîte automatique à 10 rapports fluide et véloce. Ses capacités tout-terrain bénéficient des mêmes équipements que le Wolftrack, blocage de différentiel arrière inclus. Assisté par une batterie d'aides à la conduite, il repousse au maximum les lois de la physique ; seul son encombrement, avec un empattement de 3,2 m, peut poser quelques problèmes sur pistes étroites.
Le Ford Ranger MS-RT est le plus exclusif de la gamme. Développé en partenariat avec le préparateur MS-RT, qui s'occupe de la préparation des Ford WRC, il se veut plus sportif que le reste de la gamme. Avec ses superbes jantes OZ Racing de 20 pouces, il ne cache pas ses envies d'asphalte. Les modifications stylistiques viennent affirmer ce caractère, et c'est bien évidemment le mieux équipé des Ford Ranger. Sur route, il conserve les défauts d'un véritable 4x4 utilitaire, avec un châssis prenant du roulis dans les virages et ayant tendance à plonger légèrement au freinage. Emmené par le diesel EcoBlue de 213 ch, on ne parvient pas vraiment à se lâcher sur les petites routes aux abords du circuit du Castellet. Alors que les trains roulants ont été modifiés, le toucher de route reste délicat : en raison de son poids de 2 500 kg, la vivacité n'est pas du tout au rendez-vous. Bien que ce MS-RT soit typé sport, il n'en est pas sportif pour autant.
On garde le meilleur pour la fin avec le Ford Ranger Raptor. Avec son look de compétition, reconnaissable de l'extérieur par des bandes noires et rouges sur le capot, ses capacités de franchissement à haute vitesse fortement améliorées grâce à des suspensions à long débattement et des amortisseurs aux quatre coins, et ses six modes de conduite dédiés à la performance, il est vraiment le modèle à privilégier pour s'amuser, disponible uniquement en double cabine. Si les trains roulants ont été généreusement modifiés, au point de pouvoir franchir une bosse à haute vitesse pour le faire décoller avant qu'il n'atterrisse en douceur, le moteur du Raptor reste inchangé, avec le diesel EcoBlue toujours calibré à 213 ch et 500 Nm de couple, associé à la boîte automatique à 10 rapports. Cela le rend un peu poussif, 2 500 kg sur la balance, au regard de ce qu'on espère en l'approchant, un choix de motorisation d'autant plus dommageable qu'il n'est pas soumis au malus écologique.
Avec ces quatre versions spéciales, l'actuel Ranger nous offre un très beau baroud d'honneur.
Parmi les points forts : un look musclé, un confort général réussi, une grande facilité d'utilisation, de bonnes capacités tout-terrain et un comportement routier convaincant. Côté points faibles : la consommation et le prix de certaines versions.
Côté fiche technique, le Ford Ranger propose une transmission 4 roues motrices sélectionnable et une boîte automatique à 10 rapports, pour un 0 à 100 km/h en 9 secondes et une vitesse maximale de 180 km/h. Son réservoir affiche 80 litres, pour une consommation mixte WLTP de 9,7 l/100 km et des émissions de 242 g de CO2/km selon la norme WLTP. Il mesure 5,35 m de long, 1,97 m de large et 1,84 m de haut, pour un empattement de 3,22 m, une charge utile de 1 024 kg et un poids à vide de 2 246 kg. Son moteur, un 4 cylindres 16 soupapes de 2 000 cm3, développe 213 ch et un couple de 500 Nm. Côté tarifs, le Wolftrack est proposé de 31 355 à 48 666 euros, le Stormtrack à 41 855 euros en super cabine et 52 746 euros en double cabine, le MS-RT à 54 755 euros en super cabine et 68 706 euros en double cabine, et le Raptor à 60 150 euros en double cabine.
La Ford Ranger face à ses concurrentes
Face à lui, deux rivales se distinguent. Le Toyota Hilux Xtra Cabine 2.8 l 204 D-4D, à partir de 47 322 euros, légendaire depuis plus de cinquante ans (1968), continue de séduire dans le monde entier ; à l'occasion de sa dernière sortie, il a été affublé d'une motorisation diesel 2.8 l de 204 ch. Cette nouvelle mouture est réservée à la version cabine à deux strapontins, en raison de sa faible fiscalité : considéré comme un véhicule utilitaire, il n'est pas assujetti au malus. Doté de suspensions à grand débattement, il garantit des performances de tout premier choix en tout-terrain. Le Nissan NP300 Double Cab Tekna+ dCi 190 ch, à partir de 46 252 euros, affiche des capacités de franchissement d'un bon niveau, mais son point fort est sans conteste sa suspension arrière multibras, inédite pour un pick-up doté d'une capacité de chargement d'une tonne ; même si cette suspension reste ferme, elle améliore tout de même le confort dès lors que l'on se retrouve sur la route. À bord, il n'a vraiment rien à envier à un SUV en matière de finition et d'équipements technologiques.
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