Essai du Nissan Pathfinder, le 4x4 familial
Commercialisé depuis un an, le Nissan Pathfinder a déjà été vendu à 3500 exemplaires en 2005, sur les quatre premiers mois de 2006. Le score de 1363 immatriculations (+ 146,5 %) lui permet même de talonner l'indécrochable nᵒ 1 français, le Land Cruiser Toyota. Cette percée fulgurante s'explique par la personnalité du Pathfinder, aussi confortable qu'une berline haut de gamme mais qui, à l'inverse des nouveaux gros SUV de la catégorie, n'a pas renoncé à être un 4x4 performant en tout terrain.
Cette double casquette n'a pas échappé aux mordus, le Pathfinder vient d'être élu « 4x4 de l'année » par un jury de spécialistes mais après une première sélection par le grand public. Ce succès initial a vite conduit Nissan à proposer une version Plaza « super haut de gamme » pour concurrencer les SUV de luxe (BMW, Mercedes, Lexus) et une seconde à 7 places au lieu de 5. Héritier des monospaces, le nouveau Pathfinder Sport 7 places dispose d'une modularité arrière parfaite, avec vaste plancher plat et sièges escamotables. Pour le reste, il dispose toujours du diesel 2,5 de 174 ch, plein de punch mais souple et silencieux, avec boîte 6 ou auto 5 rapports.
Sur route on roule en 4x2, les prises de roulis restent contenues, direction, freinage, confort et finition égalent les berlines. Mais le Pathfinder surprend vraiment lorsqu'il s'attaque avec succès à des sentiers d'habitude fréquentés par les chèvres ! Une fois en 4x4, redevenu pur et dur grâce aux vitesses courtes, il grimpe partout. Reste que le volume du très polyvalent Pathfinder, encore un peu carré, peut faire peur car on le voit mal se faufiler en ville. Voilà encore une erreur à combattre : à 4,74 m, il dépasse la Mondeo de seulement 1 cm et est plus court de 2,5 cm qu'une Passat, tout en offrant 7 places comme le Grand Espace de 4,86 m !
L’avis de zoomcar.fr sur le Nissan Pathfinder
Le Pathfinder n’a jamais vraiment joué la carte du consensus. Trop typé pour l’Europe, pas assez premium pour rivaliser frontalement avec certains SUV allemands, mais terriblement attachant dans sa philosophie.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à mélanger les genres sans totalement se renier. Sur route, il adopte un comportement proche d’une berline, avec un confort et une douceur de conduite très appréciables. Mais dès que le terrain se dégrade, il rappelle qu’il n’est pas qu’un SUV d’apparence.
Il conserve ainsi une forme d’authenticité devenue rare. Un véhicule qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais qui assume ses choix.
Qu’attendre de cette nouvelle version ?
Avec cette nouvelle génération, le Pathfinder s’inscrit clairement dans une logique familiale. Il ne s’agit plus seulement d’un 4x4 robuste, mais d’un grand SUV capable de transporter jusqu’à huit passagers dans un confort optimal.
L’évolution est nette, mais cohérente. Le design devient plus affirmé, l’habitacle gagne en qualité perçue, et la technologie s’invite à bord sans complexifier l’usage. Dans le même temps, Nissan conserve une certaine polyvalence, avec une transmission intégrale toujours capable de s’aventurer hors des sentiers battus.
On est donc face à un modèle qui cherche à concilier modernité et héritage, sans rupture brutale.
Design et allure
Dès le premier regard, le Nissan Pathfinder impose le respect. Ce constat, déjà valable à ses débuts avec une silhouette encore assez carrée, se confirme aujourd’hui avec un design nettement plus musclé.
La face avant adopte une calandre massive en V, encadrée par des optiques LED acérées. Le capot nervuré et les passages de roues marqués renforcent cette impression de robustesse. On retrouve ici une inspiration très américaine, presque proche de l’univers des pick-up.
Sa silhouette reste volontairement imposante. Hier avec ses 4,74 mètres, à peine plus qu’une berline familiale comme une Passat, aujourd’hui avec près de 5 mètres, le Pathfinder assume pleinement son gabarit. Une prestance naturelle qui le distingue immédiatement des SUV plus urbains.
Conduite
Sur route, le Pathfinder continue de surprendre par sa facilité. Historiquement, il roulait en 4x2 dans des conditions normales, avec des prises de roulis contenues et un niveau de confort comparable à celui d’une berline. Une philosophie que l’on retrouve encore aujourd’hui.
La direction est bien calibrée, le freinage rassurant, et la suspension privilégie clairement le confort sans tomber dans l’excès de souplesse. Le véhicule enchaîne les kilomètres avec une vraie sérénité.
Sous le capot, le contraste est intéressant. L’ancien diesel 2,5 de 174 ch se montrait plein de ressources, souple et relativement discret. La nouvelle génération mise désormais sur un V6 3,5 litres de 284 ch, plus puissant mais aussi plus gourmand.
Mais c’est en dehors du bitume que le Pathfinder surprend vraiment. Une fois en mode 4x4, avec ses capacités de franchissement et ses réglages adaptés, il retrouve une vraie légitimité. Là où beaucoup de SUV s’arrêtent, lui continue.
Technologies et équipements
Le Pathfinder a clairement évolué sur ce terrain. Là où les premières versions misaient avant tout sur la robustesse et la simplicité, les dernières générations intègrent un ensemble technologique complet et cohérent.
L’écran central, bien intégré, permet d’accéder facilement aux fonctions principales, avec une compatibilité Apple CarPlay et Android Auto. L’ergonomie reste intuitive, avec une présence bienvenue de commandes physiques pour les fonctions essentielles.
Les aides à la conduite sont nombreuses, avec un ensemble incluant le freinage automatique d’urgence, la détection des angles morts ou encore le régulateur adaptatif. L’ensemble s’inscrit dans une logique de sécurité globale, sans tomber dans la surenchère technologique.
On retrouve aussi des équipements plus orientés confort, comme le système audio Bose ou les caméras 360°, particulièrement utiles compte tenu du gabarit.
Confort
C’est sans doute l’un des points forts historiques du Pathfinder, et cela n’a pas changé. Dès ses débuts, il se distinguait par un niveau de confort proche de celui d’une berline haut de gamme, un argument qui reste d’actualité.
L’habitacle offre un espace généreux, avec une configuration pouvant accueillir jusqu’à sept ou huit passagers selon les versions. La modularité, déjà saluée sur les premières versions avec ses sièges escamotables et son plancher plat, reste un atout majeur.
Le volume de coffre varie fortement selon la configuration, mais il permet de répondre à des usages très variés, du quotidien aux longs trajets en famille. L’espace aux jambes, y compris au troisième rang, reste correct pour la catégorie.
L’insonorisation et le confort de suspension contribuent à créer une ambiance apaisante à bord, idéale pour les longs parcours.
Quel budget pour le Nissan Pathfinder ?
Le Pathfinder a toujours joué une carte intéressante en matière de positionnement tarifaire. À ses débuts, il venait concurrencer des modèles comme le Jeep Grand Cherokee ou le Volvo XC90, tout en proposant un rapport prestations/prix souvent plus accessible.
Aujourd’hui, sur le marché américain, les tarifs débutent autour de 36 000 dollars pour les versions d’entrée de gamme, et peuvent dépasser les 50 000 dollars pour les finitions les plus complètes.
Côté consommation, il faut composer avec des valeurs en adéquation avec le gabarit et la motorisation. Le diesel d’origine se montrait relativement raisonnable pour la catégorie, tandis que le V6 essence actuel affiche des consommations plus élevées, généralement comprises entre 10 et 11 litres aux 100 kilomètres.
Points forts
- Performances sur route et tout terrain
- Transmission performante et simple à gérer
- Diesel plein de ressources
- Finition
- Équipement
- 7 vraies places
Points faibles
- Accès au 3ᵉ rang de sièges
- Coffre en configuration 7 places
- Consommation du V6
Le Nissan Pathfinder face à ses concurrents
Sur le segment des grands SUV, le Pathfinder évolue dans un univers où les approches sont très différentes. Face au Jeep Grand Cherokee, il partage une certaine capacité à sortir des sentiers battus, même si l’Américain conserve une image plus statutaire.
Face au Volvo XC90, le contraste est encore plus marqué. Le modèle suédois mise avant tout sur le luxe, la technologie et l’efficience, notamment grâce à ses motorisations électrifiées. Le Pathfinder, lui, reste fidèle à une approche plus traditionnelle, centrée sur la robustesse et la simplicité.
On pourrait également évoquer des modèles plus modernes et électrifiés comme le Nissan X-Trail, qui répondent davantage aux attentes européennes actuelles. Mais aucun ne propose ce mélange aussi affirmé entre SUV familial et véritable 4x4.
C’est précisément ce positionnement atypique qui fait la singularité du Pathfinder.
Pour conclure cet essai du Nissan Pathfinder
Le Nissan Pathfinder reste un véhicule à part dans le paysage automobile actuel. À mi-chemin entre le 4x4 traditionnel et le SUV familial moderne, il conserve une identité forte, construite sur la polyvalence et le confort.
Il n’est pas exempt de défauts, notamment en matière de consommation ou de gabarit, mais il compense par une vraie cohérence d’ensemble. Capable d’emmener une famille nombreuse dans un confort remarquable tout en conservant des aptitudes hors route crédibles, il répond à des besoins bien précis.
Dans un marché dominé par les SUV compacts et électrifiés, le Pathfinder fait figure d’exception. Mais une exception assumée, et finalement assez rafraîchissante.
Un SUV à l’ancienne, remis au goût du jour, qui continue de tracer sa route sans vraiment se soucier des tendances.