Essai et avis Dacia Spring
Avec son look de SUV et son prix défiant toute concurrence, la Dacia Spring assume des performances limitées mais séduit par l'absence de vibrations et son agilité en ville. Son autonomie de 230 km WLTP suffit à l'usage auquel elle est destinée.
Depuis son lancement il y a une quinzaine d'années, la petite marque roumaine ne cesse de casser les codes. Cette fois, Dacia arrive avec une citadine au look de SUV, dotée d'une motorisation 100 % électrique, le tout à un prix défiant toute concurrence. Certes, elle dispose de performances limitées, mais si on l'utilise pour ce qu'elle est, on sera forcément convaincu du bien-fondé de cet achat.
Comme la majorité des véhicules électriques, la Dacia Spring séduit dès les premiers tours de roue par l'absence de vibrations et la bonne disponibilité du moteur de 33 kW (soit 44 ch), alimenté par une batterie de 26,8 kWh. Son autonomie est annoncée pour 230 km sur le cycle WLTP, et jusqu'à 300 km sur le cycle urbain WLTP City, alors que la recharge est annoncée pour moins de 5 heures sur une wallbox de 7,4 kW et près de 14 heures sur une prise domestique de 2,3 kW.
En ville, son agilité et son dynamisme sont particulièrement agréables. Grâce aux 125 Nm de couple délivrés de façon instantanée, la Spring se montre suffisamment nerveuse pour une utilisation urbaine (0 à 50 km/h en 5''8). Jusqu'à 70 km/h, elle propose une conduite confortable grâce à une masse contenue (970 kg) et à de petites roues de 14 pouces. En revanche, avec un 0 à 100 km/h en 19''1, on éprouve de réelles difficultés à s'intégrer au trafic, notamment sur autoroute, où sa vitesse de pointe de 125 km/h semble un peu juste. En raison d'une insonorisation perfectible dès lors que l'on emprunte une voie rapide, le confort général baisse d'un ton. Précisons que la Spring dispose d'un mode « éco » fort utile, puisqu'il bride la puissance moteur à 31 ch (au lieu de 44 ch) au profit de l'autonomie (+10 % environ).
Conduite
Sur la route, ce petit SUV miniature s'avère très agréable à conduire, en raison d'une position légèrement surélevée peu habituelle pour les petites citadines, d'un petit gabarit (3,73 m de long, 1,58 m de large et 1,52 m de haut) et d'un angle de braquage très élevé qui en fait une voiture particulièrement facile à manœuvrer. Elle se montre aussi remarquablement pratique pour les trajets quotidiens grâce à son habitabilité et son étonnant volume de coffre (300 litres).
Développée sur la plateforme CMF-A de l'Alliance, tout comme les Renault Kwid et City K-ZE, la Dacia Spring adopte les attributs visuels des SUV : garde au sol élevée, protections de carrosserie et barres de toit, alors que la calandre pleine abrite la trappe de recharge en son centre. À l'intérieur, l'ambiance est d'une rare sobriété, avec un poste de pilotage basique et des plastiques assez durs.
Les précommandes pour cette première Dacia 100 % électrique sont ouvertes depuis le 20 mars 2021. Inutile toutefois de vous ruer dans les concessions : cette version est dans un premier temps dédiée à l'autopartage et aux livraisons du dernier kilomètre. Compte tenu de son faible tarif, l'intégralité du bonus écologique ne pouvant s'appliquer, c'est le barème de 27 % du prix du véhicule qui est pris en compte.
Confortable, correctement équipée et agréable à conduire en centre urbain, la Spring au look de SUV est une très bonne voiture 100 % électrique. En ce sens, Dacia a réussi son pari : proposer un modèle agréable et efficace à un prix nettement inférieur au reste du marché.
Parmi les points forts : un look sympathique, un prix attractif, l'agilité et la maniabilité, l'habitabilité rapportée à l'encombrement, ainsi que l'autonomie. Côté points faibles : une direction insuffisamment centrée, les performances, la finition, les équipements et l'insonorisation.
Boîte à réducteur à rapport fixe, vitesse maximale de 125 km/h, 0 à 100 km/h en 19''1. Capacité de batterie : 27,4 kWh. Autonomie officielle sur cycle mixte/ville WLTP : 230/305 km. Temps de recharge : 13h32 sur prise domestique de 10A, 4h51 sur wallbox 7,4 kW. Émissions de CO2 : 0 g. Longueur 3,73 m, largeur 1,58 m, hauteur 1,52 m, poids à vide de 970 kg, coffre de 290 à 620 litres. Moteur électrique synchrone à aimants permanents, puissance de 44 ch (33 kW) de 3 000 à 8 200 tr/min, couple de 125 Nm de 500 à 2 500 tr/min, transmission aux roues avant. Prix à partir de 16 990 €, soit 12 409 € une fois déduit le bonus de 4 587 € (plafonné à 27 % du prix total).
Parmi les rivales de la Dacia Spring, la Renault Twingo ZE (à partir de 21 350 € hors bonus), conçue dès le départ pour l'électrification, reprend à l'identique ses sœurs thermiques à l'exception de quelques détails esthétiques. Elle s'apprécie surtout pour son agilité et sa quasi-absence de bruit, un peu moins pour son amortissement ferme pour une citadine ; son mode B à trois positions permet de moduler la décélération. Le moteur R80 dérivé de la Zoé offre des performances idéales en ville, alors que la batterie de 22 kWh ne revendique que 160 km en parcours urbain. Autre rivale, la Volkswagen e-Up (à partir de 23 740 € hors bonus), avec sa batterie de 32,3 kWh utiles, peut atteindre 240 km en ville et 170 km sur route. Avec seulement 83 ch, elle tient parfaitement son allure et accélère avec entrain grâce à la disponibilité immédiate du couple. Moelleuse en ville grâce à une suspension souple, elle souffre davantage sur chaussée dégradée, où l'amortissement peine à retenir les mouvements de caisse.