Essai et avis MINI Cooper S Première génération
Seule rescapée du naufrage de Rover chez BMW, la Mini renaît en version Cooper S avec un style canaille et sportif, tout en restant redoutablement compacte, 3,65 m, soit moins qu'une Clio.
Quand BMW a dû revendre Rover pour avoir été trop ambitieux et manqué de réalisme, la marque allemande a tout de même conservé une petite part du groupe britannique : Mini. Outre ce nom mythique, il était en effet important pour BMW d'ajouter à son portefeuille une petite voiture de caractère, n'entrant pas en concurrence avec ses propres produits. Ainsi est née la Mini des temps modernes, une Mini « germanique », construite toutefois en territoire britannique, à Oxford.
Déjà craquante dans ses deux premières versions, One et Cooper, elle prend une nouvelle dimension en Cooper S, sans pour autant abandonner son encombrement réduit. Avec 3,65 m de long (3 cm de plus), elle reste très compacte comparée à une Clio, par exemple (3,81 m). Esthétiquement, ses nouveaux attributs sautent aux yeux, lui donnant à la fois un petit air canaille et sportif qui ravira une clientèle aimant se montrer. Comment ne pas craquer devant sa face avant rehaussée de 40 mm pour accueillir un échangeur de température, trahi par une prise d'air barrant la partie centrale du capot, devant ses nouvelles jantes alliage chaussées de pneus de 16 pouces (17 en option), son aileron arrière, ses deux embouts d'échappement chromés placés en position centrale, ou le « S » si évocateur intégré aux ouïes latérales chromées ?
À l'intérieur, le charme de cette MINI moderne séduit toujours, malgré l'aspect décevant de l'aluminium brossé du tableau de bord. Le bruit quelconque du moteur au démarrage surprend aussi, mais il devient très sympathique dans les montées en régime. On prendra d'ailleurs beaucoup de plaisir à solliciter les 163 ch du 1,6 l dopé par un compresseur, même si les accélérations linéaires manquent de piment à bas régime. Pour vraiment s'amuser au volant, on débranchera le contrôle dynamique de stabilité, monté en option, qui coupe l'herbe sous le pied des sportifs ; et en conduite de tous les jours, on regrettera la fermeté de la boîte à 6 rapports !
Elle séduit par son style accrocheur, son comportement et sa sécurité, ses performances, sa direction directe, son plaisir de conduire, son habitacle sympathique, sa position de conduite, et son caractère de voiture originale et attachante. Elle pèche par un confort de sportive, une fermeté de la commande des vitesses, une direction un peu ferme en manœuvre, un tempérament moteur un peu mou à bas régime, une contenance de coffre limitée, un basculement de sièges perfectible et un prix élevé.
Techniquement, c'est une traction, berline 3 portes, 4 places, longue de 3,65 m, large de 1,68 m et haute de 1,41 m, pour un coffre de 150 litres et un réservoir de 50 litres. Le moteur de 1 598 cm³ développe 163 ch, associé à une boîte manuelle à 6 rapports, pour des consommations de 11,4 l/100 km en cycle urbain, 6,8 l en extra-urbain et 8,4 l en mixte.
Sur ce segment, la Cooper S affronte la Clio Renault Sport 2.0 16V qui, avec son moteur 2 litres de 172 ch, ses trains roulants efficaces et son châssis performant, est une vraie sportive, très agréable à conduire — extérieurement une Clio 3 portes bien présentée mais plus discrète qu'une Cooper S, et intérieurement plus sage, avec 5 places et un coffre décent. Elle croise aussi la Volkswagen New Beetle 1.8 T et V5 qui, jouant elle aussi sur la nostalgie, se remarque par son design très typé ; privilégiant le look au côté pratique, elle peut recevoir deux puissants moteurs, le 1,8 l turbo de 150 ch, plus sportif, et le V5 de 170 ch, plus onctueux, à 26 130 € — ça commence à faire cher.