Essai et avis Mercedes-Benz Classe E
Berline la plus vendue au monde dans sa catégorie, la Classe E garde sa recette pour sa 5e génération : propulsion classique et ligne sage, à peine plus élégante. Elle ne gagne guère d'espace à bord malgré une longueur en légère hausse.
Berline la plus diffusée au monde dans sa catégorie, la Mercedes Classe E est aussi celle qui se vend le mieux en France, derrière la Peugeot 607, devançant la BMW Série 5. Elle arrive aujourd'hui dans sa cinquième génération, sans changer de recette. Pas de révolution donc, à la façon d'une Renault Vel Satis : elle est et reste une grande 4 portes à propulsion, de conception classique. Sa ligne demeure sage, mais gagne globalement en élégance, notamment au niveau de la face avant, plus inclinée, et toujours dotée de 4 phares.
Plus séduisante visuellement, la nouvelle Classe E ne se montre cependant pas plus spacieuse à l'intérieur, malgré une longueur légèrement augmentée entre les trains avant et arrière. D'ailleurs, ses dimensions extérieures n'évoluent pratiquement pas, et seule la contenance du coffre progresse très légèrement. L'habitacle paraît en revanche plus accueillant grâce aux formes douces de la nouvelle planche de bord, décorée de bois (eucalyptus, ronce de noyer ou érable noir selon les finitions).
Confortablement installés à bord, les occupants apprécieront tous les ingrédients qui font l'attrait des grandes berlines : la bonne insonorisation, la filtration remarquable des bruits de roulement et le confort de la suspension, dont l'option Airmatic (un système pneumatique facturé 2 000 €) permet l'adaptation, manuelle ou automatique, des ressorts et des amortisseurs aux conditions de route. La technologie est d'ailleurs bien présente dans la nouvelle Classe E, équipée de série d'un freinage électrohydraulique, et qui affiche des performances en hausse et des consommations en baisse malgré des poids plus importants. Parmi les cinq moteurs proposés au lancement, le turbodiesel de la E 220 CDI est celui qui a le plus progressé : silencieux et suffisamment performant, il devrait beaucoup plaire, malgré un prix d'attaque déjà élevé en finition de base, mais avec un équipement fourni. Les plus exigeants trouveront dans la large gamme et la liste des options de quoi les combler.
La Classe E séduit par son aménagement intérieur et son confort, sa sécurité et ses équipements, un design « allégé », des moteurs performants et des consommations maîtrisées. Elle pèche par une habitabilité stagnante, une commande de boîte manuelle imparfaite, un comportement dynamique en retrait sur la C 270 CDI, l'absence de frein de parking automatique et de filtre à particules en diesel.
Techniquement, c'est une berline 4 portes, 5 places, longue de 4,81 m, large de 1,82 m et haute de 1,45 m, pour un coffre de 540 litres et un réservoir de 65 litres (80 litres sur E 320 et E 500). Les moteurs essence V6 de 2 597 et 3 199 cm³ développent 177 et 224 ch, le V8 de 4 966 cm³ 306 ch ; les turbodiesels de 2 148 et 2 685 cm³ développent 150 et 177 ch. La boîte est manuelle à 6 rapports, ou automatique à 5 rapports de série sur E 320 et E 500, pour des consommations moyennes de 6,3 à 11,5 l/100 km.
Sur ce segment, la Classe E affronte la Peugeot 607, plus abordable financièrement : élégante et classique, cette 4 portes offre une bonne habitabilité, se montre confortable et bien équipée, sans pouvoir rivaliser avec tout ce qu'offre Mercedes ; son 2.2 HDi, un peu juste en performances avec 136 ch, reçoit un filtre à particules, et un V6 de 210 ch complète le haut de gamme. Elle croise aussi la Renault Vel Satis, étonnante par son design, qui joue la différence à tous les niveaux : une 5 portes spacieuse, dans laquelle on est assis en hauteur, au bon agrément de conduite, avec quatre puissants moteurs au choix dont deux V6 essence et diesel — le 2.2 dCi de 150 ch démarre à 32 200 €, pour trois niveaux de finition.