Essai et avis Renault Zoe
Contrairement aux Kangoo et Fluence électriques, la Zoe n'adapte pas un modèle thermique mais a été pensée dès l'origine autour de sa motorisation, fruit de 60 brevets. Résultat : un silence de marche inédit, malgré près de 300 kg de batteries.
Le silence de fonctionnement et l'environnement construit autour marquent un véritable virage pour la marque. Contrairement à ses aînées électriques que sont Kangoo et Fluence, Zoe n'est pas une adaptation d'un modèle thermique, mais bien une voiture entièrement conçue et développée à partir d'une motorisation électrique, un point fondamental, source de 60 brevets.
Même si elle embarque près de 300 kg de batteries lithium-ion, avec au passage l'avantage de faire baisser le centre de gravité et d'améliorer la tenue de route, Zoe n'affiche guère plus de 1 400 kg sur la bascule. La maîtrise du poids était l'un des défis des ingénieurs, afin de limiter au maximum la consommation électrique et donc de favoriser l'autonomie.
De ce point de vue, un changement important : alors que la voiture est homologuée pour 210 km, Renault n'annonce pas plus de 150 km. Mais grâce à la jauge du « réservoir batteries », qui annonce les 60 km restants, on peut rouler en confiance. Il faut dire que les ingénieurs ont tout passé à la loupe pour contenir la demande énergétique : le système de chauffage et de climatisation fonctionne grâce à une mini pompe à chaleur, et un nouveau système de récupération de l'énergie au freinage a été mis au point. Michelin a par ailleurs développé des pneumatiques spécifiques pour l'occasion.
En matière d'électronique, la voiture incite le conducteur à être raisonnable. Si le pied devient trop lourd, le compteur kilométrique passe du vert au violet, et pour ceux qui ne veulent pas faire d'effort, une touche « eco » assure une partie du travail, sans oublier le système R-Link, qui indique les marges de progrès en matière d'éco-conduite.
Quelques petits bémols tout de même : un temps de charge long, et une location des batteries à partir de 79 euros par mois. Toutefois, l'équilibre financier global par rapport à un véhicule diesel du même gabarit s'établit autour de 12 000 km par an, au tarif actuel du gasoil, et en tenant compte d'un prix d'achat de Zoe à 13 700 euros, bonus de 7 000 euros déduit. Alors, pour une deuxième voiture, pourquoi ne pas franchir le pas ?
Parmi les points forts relevés lors de cet essai : le silence de fonctionnement, les qualités routières, le couple moteur, un intérieur reposant avec filtrage de l'air et parfum d'ambiance sur la version Zen, le système R-Link et l'agrément de la direction. On regrettera en revanche que, dans des conditions extrêmes, les pneumatiques aient tendance à perdre de l'adhérence, un phénomène largement compensé par l'ESP, ainsi que la nécessité d'installer une wall box à domicile pour recharger la voiture, pour un coût prévisible d'un peu moins de 1 000 euros.
Sur le plan technique, cette traction avant atteint 135 km/h sur circuit et réalise le 0 à 100 km/h en 13,5 secondes. La consommation normalisée s'établit à 146 Wh/km, pour une autonomie de 210 km et des émissions de CO2 nulles. Le temps de charge varie de 6 à 9 heures sur une prise standard 3 kW, atteint 80 % en 1 heure sur une borne 22 kW, et 80 % en 30 minutes sur une borne rapide 43 kW. La voiture mesure 4,08 m de long, 1,73 m de large et 1,56 m de haut, pour un volume de coffre de 338 litres et un poids de 1 468 kg. Le moteur électrique développe 88 ch pour un couple de 220 Nm.
Face à elle, deux rivales se distinguent. La Peugeot Ion, comme la Citroën C-Zéro, à partir de 2 250 euros, résulte d'une collaboration avec le japonais Mitsubishi : contrairement à Renault, qui a intégralement développé sa Zoe, PSA a fait le pari de la coopération, en proposant deux véhicules identiques basés sur la i-MiEV, équipés d'un moteur électrique de 64 ch et offrant environ 150 km d'autonomie. La Nissan Leaf, à partir de 2 250 euros également, est la première voiture électrique de Nissan et est commercialisée en France depuis septembre 2011 ; relativement haute, elle conserve un centre de gravité plutôt bas grâce à ses batteries situées sous le plancher. Son prix démarre à 25 990 euros bonus écologique de 7 000 euros déduit, pour une autonomie annoncée de 220 km, même si, à condition de ne pas trop insister sur l'accélérateur ou sur les parcours autoroutiers, 150 km semblent davantage correspondre à la réalité quotidienne.