Essai et avis Renault Avantime
L'avenir de Matra repose en grande partie sur ce « coupéspace » inclassable qu'est le Renault Avantime. Pénalisé par une commercialisation sans cesse repoussée, il a depuis gommé une bonne part de ses défauts de jeunesse.
« Ça ne marchera jamais », tel était le slogan publicitaire de Renault ironisant sur les réflexions des défaitistes ayant voué à l'échec les audaces de conception d'un certain nombre de modèles, de la R16 à l'Espace en passant par la Twingo ou le Scénic. Mais aujourd'hui, l'heure n'est plus à la forfanterie. Il faut absolument que ça marche pour l'Avantime. Il y va de la crédibilité de Renault et de l'avenir de Matra, qui perdra l'Espace à la fin de l'année et doit construire l'Avantime jusqu'à fin 2005. Mal perçu à cause de sa commercialisation sans cesse repoussée, elle devait commencer au milieu de l'année 2000, et de l'arrivée de la non moins surprenante Vel Satis, le « coupéspace » a aussi souffert de défauts de jeunesse.
Une nouvelle prise en main vient de montrer que tout avait été fait pour redresser la barre. Même si certains petits détails trahissent encore une qualité de fabrication imparfaite, la finition a bien progressé, et l'aspect comme le toucher des matériaux donnent toute satisfaction, tout au moins sur les versions haut de gamme essayées. Le claquement à la fermeture des portes n'a plus rien de dévalorisant, les sièges se déplacent plus aisément pour passer à l'arrière, et les bruits d'air, encore présents, ont diminué.
Les nouvelles motorisations, également montées sur la Vel Satis, aideront aussi l'Avantime à trouver son rythme de croisière. En plus du V6, désormais proposé avec l'agréable boîte automatique à 5 rapports à commande séquentielle (+ 0,2 l/100 km), apparaît le 2 litres turbo essence de 165 ch. Moins lourd que le V6 et suffisamment puissant pour donner du plaisir au volant, il procure un meilleur équilibre à l'Avantime, qui bénéficie ainsi d'une meilleure précision de conduite.
Ce moteur fait commencer la gamme à moins de 30 000 € en finition Expression, avec un équipement déjà complet. Beaucoup de grands rouleurs préféreront sans doute attendre le mois de juin afin de rouler en turbodiesel 2.2 dCi de 150 ch, pour 2 300 € de plus, mais seulement 7,3 l/100 km.
Parmi ses points forts : une ambiance intérieure réussie, la luminosité et la visibilité, un design original, une correction sensible des défauts de jeunesse, une gamme élargie (trois moteurs, trois niveaux de finition), les équipements, le comportement et le confort. Côté points faibles : un profil arrière particulier, une habitabilité moyenne à l'arrière, un comportement moins précis avec le V6 en boîte automatique, une visibilité réduite dans le rétroviseur, un volant qui ne se règle qu'en profondeur, et un seuil de coffre trop haut.
Il s'agit d'une traction, 3 portes, 5 places, longue de 4,64 m, large de 1,82 m et haute de 1,62 m, avec un coffre de 530 à 900 dm3 et un réservoir de 80 litres. La gamme essence comprend un 2,0 l 16V de 165 ch et un V6 3.0 24V de 210 ch ; le turbodiesel est un 2.2 dCi de 150 ch. La boîte de vitesses est manuelle à 6 rapports, ou automatique à 5 rapports sur le V6. Les consommations moyennes vont de 7,3 l/100 km pour le 2.2 dCi à 11,5 l/100 km pour le V6 en boîte automatique.
Face à elle, le Peugeot 406 Coupé, à partir de 28 200 €, dessiné par Pininfarina, continue de séduire par l'élégance de sa ligne, même si son intérieur a vieilli ; il se vend actuellement surtout en diesel, mais reste aussi disponible avec le même V6 que celui de l'Avantime, son 2 litres essence de 138 ch venant d'être remplacé par un 2.2 l de 160 ch. Le Mercedes CLK, également à partir de 28 200 €, remplaçant du très classique coupé CLK, arrivera en mai : affiné esthétiquement, plus habitable, il offre un bon confort et sera d'abord disponible avec trois moteurs essence (deux V6 et un V8), en attendant un 4 cylindres à compresseur en septembre et un diesel 270 CDI de 170 ch l'année prochaine.