Essai et avis Opel Astra Turbodiesel 100 ch
L'Opel Astra s'aligne enfin sur la concurrence diesel avec ce 2 litres DTI de 100 ch emprunté à la Vectra. Une évolution technique discrète, sans rampe commune, mais qui comble un vrai manque de puissance au catalogue.
Déjà disponible en 3 ou 5 portes, en break et bientôt en coupé (ce sera pour le printemps prochain), la gamme Astra s'enrichit d'une nouvelle motorisation qui complète l'offre en diesel. Jusqu'à présent, l'Astra était proposée avec le 1.7 TD d'ancienne génération (68 ch, 5 CV) ou le 2 litres DI 16V à injection directe (82 ch, 5 CV), représentant à lui seul 40 % des ventes d'Astra. Aujourd'hui, Opel s'aligne sur la concurrence en adoptant un moteur plus puissant développant 100 ch (6 CV). Il n'est cependant pas nouveau, puisqu'il provient de la Vectra : c'est une évolution du 2 l DI, dont il se distingue par une pression de suralimentation plus élevée et la présence d'un échangeur air/air.
Mais bien qu'il possède 16 soupapes et qu'il soit à injection directe, ce moteur n'a pas de rampe commune. Cette caractéristique n'influe pas sur les performances, car l'Astra 2.0 DTI 16V se révèle dans ce domaine l'une des plus brillantes. Elle accélère très fort et repart bien en reprises, facilitant ainsi les dépassements. On souhaiterait simplement avoir une réponse plus immédiate à bas régime. Les qualités dynamiques de cette Astra sont donc bien réelles, mais son moteur est bruyant et, à la longue, le confort s'en ressent. On constate aussi que si sa consommation reste très voisine de celle de l'Astra 82 ch, avec 5,7 l/100 km en cycle mixte, de nombreuses rivales font mieux qu'elle.
Bien présentée et dotée d'un confort correct (malgré des sièges un peu fermes), l'Astra 2.0 DTI 16V devrait donc satisfaire les clients Opel qui trouvaient que la DI 16V manquait de punch. La puissance supplémentaire s'accorde d'ailleurs très bien à la voiture, dont la tenue de route est saine et rassurante. Question équipement, on n'est pas déçu : dès le premier niveau de finition, appelé « Comfort », on a droit à la climatisation, en plus de l'ABS, de quatre airbags et d'un autoradio. Les rétroviseurs électriques restent en option (2000 F avec les antibrouillards), avec des prix très compétitifs, à partir de 114 900 F, soit 5000 F de plus que la DI 16V, pour un agrément de conduite bien supérieur.
L'adaptation du moteur HDi de la 206 serait donc parfaite si elle n'induisait un poids élevé, avec une répartition avant/arrière de 710/360 kg. Cela peut entraîner, si le conducteur se laisse griser par les performances ou surprendre par les sinuosités de la route, des glissades du train avant ou du train arrière, ce dernier étant assez vif. Le confort pâtit aussi du supplément de poids, à cause des modifications apportées à la suspension avant. Mais en contrepartie, le freinage bénéficie de disques avant plus grands. Restent les prix, assez élevés, puisqu'ils commencent à plus de 90 000 F en finition XS, alors que la première 206 1.9 D, la XT, moins bien équipée, est à 75 900 F.
Parmi les points forts, on retient le rapport prix/équipements, les performances et la tenue de route, ainsi que la consommation. Les points faibles concernent le niveau sonore, l'habitacle un peu triste en finition Comfort et la largeur intérieure.
Côté fiche technique : traction, 3 ou 5 portes et break, 5 places. Longueur 4,11 m (break : 4,28 m), largeur 1,70 m, hauteur 1,42 m (break : 1,46 m). Coffre : 370 litres (break : 480 l). Réservoir : 52 l. Moteur 16 soupapes turbodiesel à injection directe, 1995 cm³, 6 CV, 100 ch. Boîte de vitesses à 5 rapports. Consommations en l/100 km (cycle urbain, extra-urbain, mixte) : 7,5 - 4,5 - 5,6 (3 portes), 7,6 - 4,6 - 5,7 (5 portes), 7,7 - 4,8 - 5,9 (break).
Face à elle, la Ford Focus 1800 TDdi (à partir de 16 006 €) est très bien positionnée en prix, même si elle n'a pas d'airbags latéraux de série ; la climatisation ne vaut que 3500 F en option (de série en Ghia, à partir de 111 000 F), et son moteur à injection directe de 90 ch consomme peu, mais les reprises sont laborieuses à cause de rapports trop longs. La Peugeot 306 2.0 HDi (à partir de 16 006 €), voiture diesel la plus vendue dans sa catégorie depuis le début 99, bénéficie du 2 litres à injection directe à rampe commune, moins puissant (90 ch) mais moins bruyant ; ses performances sont correctes et elle consomme un peu moins, avec la climatisation en option ou de série (XS Premium).