Essai et avis Alfa Romeo Giulia
Avec sa transmission intégrale Q4 et jusqu'à 280 ch en essence, la Giulia Veloce livre une Alfa capable de rivaliser en dynamisme avec les meilleures berlines allemandes. Mais amortissement ferme et matériaux perfectibles trahissent des compromis.
Uniquement proposée avec la transmission à quatre roues motrices Q4 et une boîte automatique à 8 rapports, la Giulia Veloce s'affiche avec un quatre cylindres de 210 ch pour la version diesel, et 70 de plus pour la version essence. Ainsi « bâtie », l'Alfa Romeo Giulia ne peut que ravir les amateurs de conduite dynamique, tout en profitant d'une cavalerie moins sulfureuse.
Avec cette « Veloce », nous avons enfin une berline capable de lutter à armes égales avec les meilleures allemandes, au-delà de son seul charme latin. On appréciera les feux arrière, qui ne sont pas sans évoquer les dernières productions Maserati. Disposant d'une robe sportive, elle se distingue de ses petites sœurs par des boucliers enveloppants aux prises d'air généreusement ajourées, des jantes de 19 pouces, des disques de freins avec étriers signés, et un diffuseur arrière surplombant une double sortie d'échappement, façon Ferrari.
La qualité de présentation extérieure de la Giulia est vraiment à la hauteur de ses prétentions premium, l'habitacle se parant d'un volant sport, d'inserts en aluminium et de sièges en cuir noir, tabac ou rouge. Côté habitabilité, on louera l'espace dévolu aux passagers avant, alors que les invités aux places arrière seront gênés par la faible garde au toit.
Pour animer cette berline aux relents sportifs, le constructeur au Biscione laisse le choix entre deux mécaniques à 4 cylindres : un bloc diesel 2.2 en aluminium développant 210 ch pour un couple de 470 Nm disponible dès 1 750 tr/min, et un inédit essence 2 litres de 280 ch, avec 400 Nm à 2 250 tr/min. Tous deux s'accordent exclusivement à une boîte auto ZF 8 rapports à commande séquentielle - la meilleure du moment - et à une transmission intégrale Q4. Avec ses deux versions, la Giulia hérite enfin des mécaniques adéquates pour aller chasser sur les terres des BMW, Audi ou Mercedes.
La déclinaison de 280 chevaux, essayée sur les routes sinueuses de l'arrière-pays niçois, repose sur la même base technique. Disons-le, elle nous a enthousiasmés, même si vocalement elle est loin d'annoncer qu'autant de chevaux sommeillent sous son capot. Les accélérations sont franches et linéaires, on ne ressent pas de temps mort dans les montées en régime et la souplesse d'utilisation se montre exemplaire. Offrant une direction au rapport de démultiplication digne d'une voiture de sport, l'Italienne régale son conducteur.
La direction, légère mais très directe, permet de virevolter d'un virage à l'autre, la suspension pilotée - de série, elle permet de rouler en mode Dynamic tout en choisissant l'amortissement le plus souple - contenant efficacement le roulis. Elle est remarquablement secondée par une transmission intégrale qui envoie 100 % du couple sur le train arrière en condition normale d'utilisation, et jusqu'à une répartition de 60/40 selon les conditions de conduite. Une véritable ode au plaisir de conduire.
Performante, jolie, efficace, l'Alfa Romeo Giulia Veloce est la référence absolue de la catégorie. Reste son prix - 55 000 € malus compris - un peu élevé pour une nouvelle venue sur le marché.
Notre avis sur l'Alfa Romeo Giulia
Points forts
- Le toucher de route
- Les qualités dynamiques
- Le comportement de propulsion
- Une direction précise
- L'insonorisation
- L'agrément moteur/boîte
Points faibles
- Un amortissement ferme
- Matériaux intérieurs perfectibles
- Un surcoût par rapport au diesel
- La sonorité du moteur
- Nombreuses options
Côté fiche technique, ce 4x4 non permanent est associé à une boîte automatique à 8 rapports pour une vitesse de pointe de 240 km/h, une consommation mixte de 6,4 l/100 km et des émissions de CO2 de 148 g/km. La berline mesure 4,64 m de long, 1,86 m de large et 1,44 m de haut, pour un empattement de 2,82 m, un coffre de 480 litres, un réservoir de 58 litres et un poids de 1 530 kg. Le 4 cylindres turbo essence de 1 995 cm3 développe 280 ch à 5 250 tr/min et 400 Nm de couple à 2 250 tr/min. Côté tarifs, il faut compter 50 990 € pour la version diesel 2.2 Turbo de 210 ch et 53 790 € pour l'essence 2.0 Turbo de 280 ch.
L'Alfa Romeo Giulia face à ses concurrentes
Face à elle, le BMW X3 xDrive 28i de 245 ch, à partir de 50 200 €, bénéficie de progrès substantiels pour cette troisième génération : construit sur la même plateforme que la dernière Série 5, son Cx est abaissé et sa masse légèrement réduite (50 kg). Les dimensions se sont un peu accrues (+5 cm), mais le X3 offre plus de dynamisme à son conducteur et d'espace pour les occupants ; quelle que soit la motorisation, son rapport consommation/prestations reste remarquable pour un SUV de cette taille. L'Audi A4 Quattro 2.0 TFSI de 252 ch, à partir de 47 890 €, séduit par un dessin plus harmonieux et un style plus élégant - son meilleur atout est bien son design. À l'intérieur, la marque aux anneaux continue de sortir le grand jeu avec un concentré de technologie. Sous le capot, les 252 chevaux sont bien là et les reprises sont convaincantes, mais on attend davantage d'une telle cavalerie, le modèle accusant 1 600 kg sur la bascule : elle ne génère pas tout à fait les émotions attendues, ce qui est d'autant plus frustrant que le système quattro n'attend qu'une sollicitation pour montrer son efficacité.