Essai et avis Peugeot 807
Dix ans après avoir lancé le 806 dans l'ombre de l'Espace, Peugeot corrige le tir avec le 807, allongé de 29 cm pour offrir 12 cm d'habitabilité supplémentaire et des sièges arrière individuels enfin à la hauteur de ses ambitions haut de gamme.
C'était en 1994. Peugeot lançait le 806, dix ans après la naissance de l'Espace. Aujourd'hui, la marque au Lion renouvelle son monospace après avoir tiré les leçons du passé. Car malgré des qualités évidentes (comportement, portes coulissantes, etc.), le 806 est resté dans l'ombre de l'Espace.
À cause d'une ligne trop proche de celle d'un utilitaire sans doute, mais aussi d'un manque de reconnaissance haut de gamme de la part d'une clientèle aisée, qui n'a rien contre le fait de s'afficher dans un grand véhicule, bien équipé, bien motorisé et aussi attirant à l'intérieur qu'à l'extérieur. En reprenant la structure et le soubassement du 806, Peugeot a donc donné 29 cm de plus au 807, en partie pour respecter les nouvelles normes de sécurité, ce qui lui offre tout de même 12 cm de longueur habitable en plus. Les occupants en profitent d'autant mieux que les nouveaux sièges arrière individuels peuvent coulisser sur 15 cm. Autre nouveauté : grâce à un ancrage instantané, ces derniers se fixent aisément à l'endroit voulu, dans des glissières installées dans le plancher (système breveté Quickfix). La contenance du coffre reste tout à fait satisfaisante, et deux sièges supplémentaires peuvent toujours être installés en troisième rangée. À l'avant, les designers ont dessiné une partie supérieure de planche de bord aux allures futuristes, en conservant le levier de vitesses en partie inférieure. Tourné vers le bien-être à bord et la famille, le 807 offre une position de conduite améliorée, de multiples rangements et des aérateurs aux places arrière. Bien vu : dès le deuxième niveau d'équipement, les portes arrière s'ouvrent et se ferment électriquement, d'une simple pression sur un bouton. Sur la route, le 807 se montre très équilibré et confortable, malgré de petites trépidations sur mauvais revêtement. Mais il est lourd et manque de punch avec le 2.2 l de 160 ch. Le 2.2 l HDI représente le meilleur choix, pour un prix de base frôlant les 30 000 €, climatisation comprise.
Parmi ses points forts : une voiture bien en phase avec le segment des grands monospaces, un design au goût du jour, des sièges individuels coulissants et amovibles, l'habitabilité et des équipements haut de gamme. Côté points faibles : un manque de vigueur en version essence, la consommation, de petites trépidations du train arrière, un hayon dépourvu de personnalité et trop de matériaux différents dans la planche de bord.
Il s'agit d'une traction, monospace 5 à 8 places, longue de 4,72 m, large de 1,85 m et haute de 1,75 m, avec un coffre de 324 à 2 948 dm3 et un réservoir de 80 litres. La gamme essence comprend les 2,0 l (138 ch) et 2,2 l (160 ch) ; la gamme turbodiesel les 2.0 HDI (109 ch) et 2.2 HDI (130 ch), tous associés à une boîte manuelle à 5 rapports. Les consommations mixtes vont de 7,2 l/100 km pour le 2.0 HDI à 9,7 l/100 km pour le 2.2 essence.
Face à lui, le Renault Espace, à partir de 26 100 €, proposé en deux longueurs (4,52 m et 4,79 m), reste tout à fait dans le coup en design comme en modularité ; il n'est plus motorisé que par un 2 l de 140 ch ou des diesels dCi de 115 ou 130 ch, son successeur étant attendu à la rentrée avec un comportement et une finition améliorés. Le Volkswagen Sharan, également à partir de 26 100 €, plus petit que le 807, n'en offre pas moins un bel espace intérieur ; monospace très classique, il peut surtout compter sur la sobriété de son TDI de 115 ch, un équipement récemment enrichi et des prix revus à la baisse, la série spéciale Family incluant un sixième siège et deux réhausseurs intégrés.