Essai et avis Jaguar XJ Carrosserie aluminium
En optant pour une carrosserie 100 % aluminium assemblée comme un Airbus, la nouvelle Jaguar XJ devient 60 % plus rigide et 200 kg plus légère, tout en gagnant 100 litres de coffre supplémentaires.
À la cour de Napoléon III, les élégantes se paraient de bijoux en aluminium ! Démocratisé, devenu hyper costaud sans perdre en légèreté, il règne sur la construction aéronautique. Jaguar l'a choisi pour sa nouvelle XJ, 100 % en tôle d'alu, assemblée par 3 180 rivets et des mètres de cordons de colle époxy (façon Airbus).
Bilan de rêve, la voilà 60 % plus rigide et 200 kg plus légère bien qu'elle soit plus longue de 7 cm et haute de 13 cm. Avec 100 litres de coffre en plus, Jaguar estime avoir enfin satisfait ses clients pour l'habitabilité. Pour le reste il marque à la culotte ses rivaux allemands, abandonnant ses moteurs 6 en ligne et V12 pour des V6 et V8 modernes. V6 3 litres vif et agréable, V8 3.5 onctueux, V8 4.2 au souffle inépuisable, c'est aussi le sans-faute pour le feutré et le silence. Seuls les 406 purs sang du 4.2 à compresseur se signalent par un puissant sifflement.
La boîte auto ZF 6 rapports est parfaite, la tenue de route surprenante de réactivité, confort et qualité (même à la limite) grâce aux suspensions pneumatiques et au faible poids. L'Audi A8 « tout alu » mise à part, la XJ domine sans appel ses lourdes rivales, BMW Série 7, Mercedes Classe S et VW Phaeton en comportement, mais reste encore à la traîne pour la finition.
Certes elle a bien progressé, reste « so british » avec son habitacle façon salon, des bois et cuir de qualité, mais leur ajustage reste imprécis. La XJ se rachète avec des sièges aux réglages encore plus fins (12 !), un pédalier ajustable électriquement et une électronique multimédia à commande vocale.
Bref, la nouvelle XJ est excellente même si elle conserve quelques menus défauts, freinage mou, siège conducteur trop bas, coffre petit et plat, ceux-là mêmes qui plaisent aux fans de Jaguar. Aussi sûre et moins chère que ses rivales germaniques, la XJ va les obliger à passer à l'alu. Et la bataille redoublera dans 2 ans, dès que Jaguar lui offrira un diesel !
Points forts : confort, silence, filtration, comportement, motorisations, boîte auto ZF 6 rapports, performances, rapport prix/prestations, équipement, garantie de 3 ans, km illimité.
Points faibles : position de conduite trop basse, pédale de frein efficace mais molle en début de course, habitabilité en hausse mais encore juste à l'arrière, pas de diesel.
Berline, propulsion, 4 portes, 5 places. Longueur 5,09 m, largeur 2,108 m (avec rétroviseurs), hauteur 1,448 m. Poids entre 1 545 et 1 665 kg. Coffre 470 litres. Réservoir 85 litres. Tous moteurs essence : V6 3.0, 24V, 2 967 cm3, 243 ch ; V8 3.5, 32V, 3 555 cm3, 265 ch ; V8 4.2, 32V, 4 196 cm3, 304 ch ; V8 4.2, 32V, compresseur, 406 ch. Boîte automatique ZF à 6 rapports. Consommations normalisées, en litres aux 100 km, urbaine, extra-urbaine, mixte : 3.0 V6, 15,3, 7,7, 10,5 ; 3.5 V8, 15,9, 7,7, 10,7 ; 4.2 V8, 16, 8,1, 10,9 ; 4.2 V8 K, 18,6, 9, 12,3.
La Jaguar XJ face à ses concurrentes
Audi A8 à partir de 76 300 €. Grâce à son châssis « space frame » en aluminium, la légère Audi A8 est la seule des grosses (proches des 5 mètres) à offrir un agrément de conduite égal à la XJ. À égalité en tenue de route, équipement et motorisations, l'A8 prend l'avantage au chapitre finition mais elle est plus chère et offre une BVA à seulement 5 rapports.
BMW Série 7 à partir de 76 300 €. Les versions essence de la Série 7 prennent « un coup de vieux » avec l'arrivée de la brillante XJ, plus vive, moins sévère de finition et dotée d'une électronique bien plus facile à manipuler. En revanche, en démarrant à 66 000 €, la gamme diesel apporte un plus que la XJ n'a pas encore, des moteurs économiques et très souples.