Essai et avis Opel Signum
Ni vraiment break, ni vraiment berline, l'Opel Signum brouille les genres avec son système FlexSpace : sièges arrière réglables sur 13 cm, dossiers inclinables et accoudoir central transformable en siège de secours étroit et dur.
Comment définir le Signum ? De profil, empattement rallongé de 13 cm et arrière carré plaident en faveur du break. De trois quarts, on doute : la grande vitre arrière revenant sur les côtés en fait une berline bicorps. Enfin, sa ligne en coin l'apparente aux coupés sportifs, et sa fonctionnalité au monospace. Pour les Américains, le Signum est un crossover, un croisement, un hybride qui marie plusieurs véhicules pour en réunir les qualités.
C'est bien ça pour le Signum, berline avec système FlexSpace, 2 sièges arrière réglables sur 13 cm, avec dossiers inclinables à 30°, et accoudoir central acrobate : après un saut périlleux, il se transforme en siège de secours ! Tant pis pour celui qui en hérite, il est étroit et dur ; le Signum est vraiment un coupé 4 places plus 1 de secours, mais il offre plus d'espace qu'une super berline. Opel pousse le concept au bout, puisque tous les fauteuils arrière s'escamotent dans un plancher plat, l'accoudoir pouvant devenir, en option, un véritable bureau pliant.
Pour le reste, c'est une Vectra pur fruit, avec 3 finitions « à la carte », 8 airbags et un maxi équipement, mais aussi une plateforme très rigide, tenant bien la route et freinant fort. Elle serait parfaite si elle ne trépidait tant sur mauvais revêtement, et si ses V6 (essence comme diesel) ne calaient si facilement. Tout devrait rentrer dans l'ordre d'ici peu pour cette gamme forte de 7 motorisations et d'une nouvelle boîte méca 6 rapports tout à fait dans le coup. Dernier avantage, ses prix tirés la mettent à mi-chemin des VelSatis et Laguna, tout en offrant des prestations de haut niveau.
Finalement, à qui s'adresse-t-elle ? À des familles éprises de changement, séduites par un excellent rapport prestations-prix et rassurées par la sécurité de la base Vectra. À l'inverse des introuvables « bobos » de la VelSatis, cette clientèle existe, et le Signum la séduira par son style innovant et sympathique.
Parmi les points forts, on retient un style novateur, sans hauteur superflue, un équipement hyper complet dès la finition Élégance, un bon rapport prix-prestations, une habitabilité pour 4 personnes, des performances grâce aux nouveaux moteurs et à la boîte 6, un comportement rigoureux et un bon freinage. Les points faibles concernent un confort dégradé sur mauvais revêtements, un surcoût de 2000 € par rapport aux Vectra correspondantes, seulement 4 places (plus une de dépannage), et une transmission automatique 5 rapports gourmande et à la traîne.
Côté fiche technique : berline, traction, 5 portes, 4+1 places. Longueur 4,636 m, largeur 1,798 m, hauteur 1,466 m. Coffre de 455 à 550 litres, 1400 litres en configuration 2 places. Réservoir 60 litres.
Face à lui, l'Alfa Romeo 156 Sportwagon (à partir de 22 100 €) est à la fois le plus proche du Signum, car il a été le premier à briser le tabou du break pour en faire un coupé sportif, et le plus éloigné, car il est peu logeable (places arrière et malle riquiqui) et plutôt élitiste, s'adressant aux amoureux de la conduite ; il a pour lui un look superbe, des performances brillantes et des prix vraiment intéressants. La Renault VelSatis (à partir de 22 100 €), conçue sur le même principe que le Signum, empattement long et 2 volumes favorisant les places arrière, s'en distingue par une ligne audacieuse qui ne plaît guère ! À motorisation 2.0 turbo équivalente, elle coûte 2000 € de plus, jouit d'une finition supérieure mais offre le même équipement sans le si pratique système FlexSpace.