Essai et avis Mercedes-Benz Classe C Finition Avantgarde
La Classe C se décline en deux personnalités bien tranchées : l'Avantgarde sportive à la grosse étoile, pour chasser sur les terres de BMW Série 3, et les finitions Classic/Elegance plus bourgeoises, pour séduire la clientèle Audi A4.
« Votre étoile, vous la voulez comment ? » Grosse et placée sur la calandre, façon CLK ou CLS, elle orne la version sportive Avantgarde. Moins agressives, les finitions Classic et Elegance conservent leur petite étoile de capot et la calandre à fines barrettes des berlines traditionnelles. Voilà ce que les vendeurs vont expliquer à leurs clients, en leur présentant, sur une même base, deux Classe C typées aux antipodes l'une de l'autre, pour contrer à la fois les sportives BMW Série 3 et les bourgeoises Audi A4.
Spécifiques, les faces avant accentuent les différences, tandis que la forme générale et l'arrière, communs aux deux versions, rappellent joliment la Classe S. Un peu plus longue (+5,5 cm) et plus large (+4 cm), la Classe C n'offre guère plus d'espace aux passagers, mais le coffre gagne 20 litres et la ligne gagne en dynamisme. Plus rigides de 16 % et plus légères, ses suspensions en aluminium améliorent la tenue de route, l'agrément et le confort — des gains amplifiés par l'Agility Control, un amortissement variable futé. L'option Advanced Agility Control va plus loin en offrant encore plus d'efficacité via deux programmes, Sport et Confort, qui agissent aussi sur l'accélérateur et le passage des rapports.
Le freinage est repris de la Classe S. Les 4 moteurs V6, les 3 et 4 cylindres essence sont plus puissants, les diesels plus souples et plus sobres, la boîte compte 6 ou 7 rapports, le système audio se fait hyper raffiné : la sophistication gagne tous les recoins de la Classe C, sans jamais désorienter l'utilisateur. Toujours aussi sévère et rigoureuse, la finition revient au niveau de qualité de ses rivales, le silence aussi. Enfin raisonnable sur les prix, qui n'augmentent pas ou baissent légèrement, Mercedes n'a jamais offert une Classe C aussi intéressante à tous points de vue. Reste un péché mignon dont Stuttgart ne parvient pas à se défaire : les options — la banquette arrière rabattable 2/3-1/3, par exemple, devrait être fournie en série, et certainement pas facturée 500 € !
La Classe C séduit par des prix maintenus, voire en légère baisse, pour des prestations en hausse, par son ergonomie, sa filtration des bruits et vibrations, ainsi que par sa tenue de route et sa sécurité. Elle pèche par un retour à des lignes plus carrées et massives, des options trop nombreuses, parfois obligatoires et chères, et une conduite agréable mais avare en sensations.
Techniquement, c'est une berline à propulsion, 4 portes, 5 places, longue de 4,581 m, large de 1,774 m et haute de 1,44 m, pour un coffre de 475 litres et un réservoir de 66 litres. Les moteurs essence vont du 4 cylindres de 1 796 cm³ à compresseur (156 ou 184 ch) aux V6 de 2 496, 2 996 et 3 498 cm³ (204, 231 et 272 ch) ; les turbodiesels, de 2 148 à 2 987 cm³, développent de 136 à 224 ch. La boîte est manuelle à 6 rapports, ou automatique à 7 rapports sur la C 350, pour des consommations mixtes normalisées de 6,1 à 9,6 l/100 km.
Sur ce segment, la Classe C affronte l'Audi A4, dont on sait peu qu'elle se vend en France, depuis 2005, davantage que la BMW Série 3 ou la Mercedes Classe C : par sa qualité, ses prix, ses nombreux moteurs et ses performances routières, cette traction a réussi à s'imposer face aux propulsions — une nouvelle génération est attendue en 2008. Elle croise aussi la BMW Série 3, qui depuis des années court après la Classe C et l'a rejointe sur de nombreux points, techniques comme commerciaux, même si sa finition semble plafonner ; s'adressant à une clientèle plus jeune, elle joue la carte de la technologie sans oublier une pointe de sportivité et de plaisir de conduire.