Essai et avis Kia Sportage 4e génération
Meilleure vente de son segment en France pendant neuf années consécutives, le nouveau Kia Sportage monte en gamme, avec une hausse de tarifs de 4 000 € et une première mondiale : une version hybride de 230 ch pensée pour l'Europe.
Plus moderne, équipé avec les dernières nouveautés du moment et logeable à souhait grâce à la toute nouvelle plate-forme, le modèle incontournable de chez Kia a pris une certaine liberté avec les tarifs, en hausse de 4 000 €. Apparu en 1994, le Kia Sportage s'est vendu à plus de 6 millions d'exemplaires dans le monde, dont 105 000 en France, territoire où il a représenté la meilleure vente pendant neuf ans consécutifs, de 2010 à 2019. Un bel exploit sur ce segment, l'un des plus importants en France avec 19 % des ventes. Dans un contexte plus que délicat pour l'industrie automobile, marqué par la pénurie de semi-conducteurs, l'aspect stratégique de ce lancement n'échappe à personne.
En route avec la version hybride de 230 ch, pour la première fois « croquée » dans une version spécifique au marché européen. Basé sur la même plateforme que le Hyundai Tucson, les dimensions du Kia Sportage évoluent peu, avec 3 cm de plus en longueur et 1 cm en largeur et en hauteur. En revanche, il en est tout autrement de son style, qui passe par une identité assez forte, se montrant même particulièrement musclée en version GT-Line. Ce changement de look se traduit par une face expressive composée d'une énorme calandre occupant toute la largeur, encadrée par une signature lumineuse en boomerang à l'avant, ou encore un hayon concave à l'arrière, dans la droite ligne du nouveau coup de crayon de la marque inauguré sur la berline électrique Kia EV6. Cela lui réussit plutôt bien.
L'intérieur n'est évidemment pas en reste, avec une planche de bord composée d'une double dalle numérique à deux écrans de 12,3 pouces sur les finitions hautes Design et GT-Line, légèrement orientés vers le conducteur. Cet ensemble moderne rompt radicalement avec les productions précédentes de la marque. Quant aux aspects pratiques, ils restent dans la droite ligne de la génération précédente, avec une habitabilité arrière intéressante et un volume de chargement généreux de 587 litres.
La nouvelle plateforme N3 permet au Kia Sportage de proposer des versions micro-hybrides (mHEV), hybride (HEV) et hybride rechargeable (PHEV). En micro-hybride, on a le choix entre une version essence de 150 ch et un moteur diesel de 136 ch, en 2 ou 4 roues motrices, pour les gros rouleurs, tandis que la version hybride (HEV) développe une puissance cumulée de 230 ch, associant un bloc essence 1.6 T-GDi de 180 ch à un moteur électrique de 60 ch alimenté par une batterie de 13,8 kWh logée sous la banquette arrière. L'ensemble transmet sa puissance aux quatre roues, ou aux deux roues avant pour la variante 2WD, via une boîte automatique classique à six rapports. La version hybride rechargeable, en 4x4, reprend le même bloc 1.6 T-GDi de 180 ch mais avec un moteur électrique de 91 ch, pour une autonomie électrique en cycle mixte devant atteindre 56 km. Des puissances élevées, nullement disproportionnées pour déplacer un engin d'au moins 1,7 tonne.
Place au ressenti au volant de la motorisation Full Hybrid de 230 ch, celle qui devrait attirer la grande majorité des clients. En théorie, la puissance élevée du moteur électrique devrait permettre de démarrer depuis l'arrêt en 100 % électrique et d'atteindre sans souci les 70 km/h. En réalité, on démarre en électrique jusqu'à 15 km/h, avant que le 4 cylindres ne prenne la relève pour accélérer, puis se coupe à allure stabilisée, où l'électrique travaille alors seul sur deux ou trois kilomètres. Un fonctionnement agréable, doux et transparent, qui permet d'abaisser sensiblement les consommations dans cet usage. Pourtant, au terme d'un parcours bavarois en Allemagne, l'ordinateur de bord flirtait avec les 8 l/100 km, un score assez élevé imputable aux rares occasions de recharger la batterie lors des phases de décélération et de freinage. Ce modèle hybride ne propose que deux modes de conduite, Eco par défaut et Sport, assez hyperactif.
Grâce à ses 230 ch et 350 Nm combinés, le Kia Sportage offre de bonnes performances et des reprises consistantes sur la route pour dépasser. Rigoureux et sécurisant, il dispense un confort agréable à ses occupants, même si on le sent un peu moins à l'aise lors des inscriptions en virage et dans les phases de freinage dès que le rythme augmente. Il faut l'accepter pour ce pour quoi il a été conçu : un modèle hybride familial mariant confort et dynamisme. Avec la cinquième génération de Sportage, riche de son offre moteurs multiples et de sa garantie 7 ans unique en France, sans oublier un style audacieux qui se démarque de la concurrence, le constructeur coréen ne manque pas d'atouts pour venir chahuter la concurrence.
Une belle habitabilité, la douceur d'utilisation, une face avant expressive, un équipement complet et la garantie de 7 ans ou 150 000 km comptent parmi les points forts de ce Sportage. On lui reproche en revanche un agrément mécanique en retrait, un comportement un peu lourd, des tarifs élevés et une consommation perfectible.
Sur la fiche technique, cette version hybride à transmission avant et boîte automatique à 6 rapports abat le 0 à 100 km/h en 8 secondes pour une vitesse maximale de 193 km/h. Elle dispose d'un réservoir de 52 litres, pour une consommation mixte WLTP de 8,5 l/100 km et des émissions de CO2 de 126 g/km selon la norme WLTP. Elle mesure 4,51 m de long, 1,86 m de large et 1,64 m de haut, pour un empattement de 2,68 m, un poids à vide de 1 649 kg et un coffre de 587 litres. Le moteur 4 cylindres 16 soupapes, associé au moteur électrique de 60 ch, affiche une cylindrée de 1 598 cm3 pour une puissance combinée de 230 ch à 5 500 tr/min et un couple de 350 Nm, avec une batterie de 1,4 kWh. Les tarifs s'échelonnent de 33 790 à 45 790 € pour le CRDI 136 MHEV, de 29 990 à 41 690 € pour le T-GDI 150 MHEV, et à partir de 37 490 € pour le T-GDI 230.
La Kia Sportage face à ses concurrentes
Face à lui, le Hyundai Tucson Hybride 230 ch, à partir de 34 650 €, affirme enfin son propre style à l'occasion de sa 5e génération ; il bénéficie, comme son cousin le Sportage, d'un bloc 1.6 T-GDi de 180 ch associé à un moteur électrique de 60 ch, avec une batterie de 1,49 kWh permettant d'évoluer en tout électrique sur 2 km. Son comportement est très neutre, sa masse de 1 650 kg n'étant pas étrangère au manque d'enthousiasme procuré, mais il reste très bien positionné sur le plan tarifaire. Le Peugeot 3008 Hybrid 225 ch, à partir de 45 100 €, ne se distingue des thermiques que par des logos spécifiques ; animé par le 1.6 l PureTech de 180 ch épaulé par un moteur électrique de 110 ch intégré à une boîte automatique 8 rapports et alimenté par une batterie de 13,2 kWh, il offre une autonomie électrique pouvant atteindre 55 km, le bloc électrique intervenant jusqu'à 80 km/h ; s'il a perdu un peu d'agilité en raison du poids des batteries, ses qualités routières demeurent inchangées, un peu moins amusant à conduire que les autres versions mais toujours très agréable.