Essai et avis Lancia Musa
Après des années de déclin, le salut de Lancia s'appelle Ypsilon, et la marque double la mise avec la Musa, un mini-monospace dérivé de la Fiat Idea greffé des faces avant et arrière de l'Ypsilon. Résultat : une élégance certaine.
Si vous pensez que le sport automobile ne sert à rien, alors méditez sur le triste sort de Lancia. La descente aux enfers de la marque de luxe du groupe Fiat a débuté avec la retraite de sa Delta Integrale. Elle gagnait tout mais on l'a vite oubliée, Lancia n'est jamais revenue en rallye. Devenue pâle et floue son image ne survit qu'en Italie. Droguée de technique et de luxe made in Germany, l'Europe récuse les autres solutions, Renault VelSatis et Lancia Thesis viennent d'en faire les frais. La chance de Lancia se nomme Ypsilon, petite voiture urbaine adorable et très féminine, une valeur sûre sans concurrence.
Depuis un an, la nouvelle Ypsilon se vend bien, Lancia double la mise avec le mini-monospace Musa. Fiat Idea sur lequel on aurait greffé les faces avant et arrière de l'Ypsilon, le résultat ne manque pas d'élégance, les roues alliage bicolores donnent une classe certaine à l'ensemble. L'intérieur sent la haute couture italienne, les couleurs sont jolies, gaies, bien assorties, élégantes, Musa tranche vraiment sur le style automobile habituel. Le silence est aussi son point fort. Pour le reste c'est un Idea, vaste, habitable, ergonomique, facile d'accès, compact et pas vraiment modulaire, tout de même capable de longs parcours.
Les trois motorisations sont bien choisies et suffisamment puissantes, la tenue de route honnête, la direction électrique parfaite, seule la boîte robotisée DFS, paresseuse, reste en deçà de l'attente d'un conducteur sportif. L'équipement est très complet pour une voiture de cette catégorie, les options nombreuses et la finition très soignée. Avec le Musa, Lancia a gagné son pari, offrir une vraie voiture de luxe dans moins de 4 mètres, idéale pour la ville mais assez polyvalente pour bien se comporter sur route.
Après essai du Musa, lorsqu'on remonte dans une citadine ordinaire on la trouve d'une tristesse infinie. Même un peu plus cher, le Musa est un vrai rayon de soleil dans la tristesse ambiante.
Points forts : style réussi et sympathique, couleurs et ambiance italienne, finition soignée, ergonomie du poste de pilotage, habitabilité et accès, rapport prix-équipement.
Points faibles : poids élevé, roulis, coffre, modularité de la partie arrière, lenteur de la boîte DFS.
Traction, monospace, 5 portes, 5 places. Longueur 3,987 m, largeur 1,698 m, hauteur 1,688 m (avec barres de toit). Coffre 320 à 1 440 litres. Réservoir 47 litres. Moteur essence : 1.4 16V, 6 CV, 1 368 cm3, 95 ch. Diesels : 1.3 Multijet 16V, 4 CV, 1 248 cm3, 70 ch ; 1.9 Multijet, 6 CV, 1 910 cm3, 100 ch. Boîtes de vitesses : manuelle 5 rapports ou DFS séquentielle robotisée 5 rapports avec les versions essence 90 ch ou diesel 70 ch. Consommations normalisées en litres aux 100 km, urbain, extra-urbain, mixte (avec boîte DFS) : 1.4 16V, 8,5, 5,5, 6,6 (8,3, 5,4, 6,4) ; 1.3 Multijet 16V, 6,2, 4,5, 5,0 (6,0, 4,4, 5,0) ; 1.9 Multijet 7,0, 4,7, 5,5.
La Lancia Musa face à ses concurrentes
Fiat Idea à partir de 13 515 €. Il existe bien une version 1.2 à 12 815 € mais à motorisation égale l'Idea coûte environ 1 300 € de moins que la Musa. Sur le plan fonctionnel rien, sauf le niveau sonore très inférieur du Musa, ne justifie cette différence puisqu'ils ont la même mécanique, mais dès qu'on découvre le design, les couleurs et les matériaux Lancia, le doute est permis.
Honda Jazz à partir de 13 515 €. Le très faible écart de prix entre les Musa 1.4 95 ch et Jazz 1.4 83 ch souligne la parenté de ces voitures, de moins de 4 mètres, qui jouent de leur séduction et leur finition haut de gamme pour attirer à elles une clientèle raffinée. Meilleure pour sa boîte CVT et sa tenue de route, la Jazz n'a pas de diesel et reste trop classique dans ses choix de couleurs et matières.